Municipales à Paris: les députés LREM « atterrés » par la division Griveaux/Villani
"Désabusés" ou "atterrés", nombre de députés LREM fustigent la division entre Benjamin Griveaux et le dissident Cédric Villani...

Municipales à Paris: les députés LREM « atterrés » par la division Griveaux/Villani

"Désabusés" ou "atterrés", nombre de députés LREM fustigent la division entre Benjamin Griveaux et le dissident Cédric Villani...
Public Sénat

Par Adrien DE CALAN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Désabusés" ou "atterrés", nombre de députés LREM fustigent la division entre Benjamin Griveaux et le dissident Cédric Villani aux municipales à Paris, "machine à perdre" et "boulevard" pour Anne Hidalgo. Mais si certains sont "tiraillés", la plupart restent "légitimistes".

"Je ne comprends pas qu'on en arrive là. Cette situation est baroque", déplore auprès de l'AFP le député Lionel Causse (Landes) qui soutient "le candidat investi par LREM", Benjamin Griveaux.

"Nous faisons tout ce qu'il faut pour perdre", se désespère un autre. "Les responsables du mouvement sont incapables d'impulser une envie commune".

Combien de divisions ont-ils à l'Assemblée ? Le "ventre mou" du groupe macroniste est "légitimiste", mais une "vingtaine de députés sont embarqués derrière Cédric Villani", notamment à l'aile gauche, selon une source parlementaire.

Et plusieurs marcheurs confessent leur "indécision", car le mathématicien conserve un vrai capital sympathie au Palais Bourbon.

- "Le coeur et la raison" -

Villani et Griveaux, "c'est le coeur et la raison", résume une députée. "On est nombreux dans ce cas. Mais on est aussi nombreux à avoir été marqués par la fronde sous François Hollande. Donc on a très envie de respecter les règles du mouvement, même quand elles sont difficiles à avaler".

Chacun a sa garde rapprochée. Pour Benjamin Griveaux, c'est le noyau historique de la macronie et des "marcheurs" parisiens: Stanislas Guerini, numéro un de LREM, Pacôme Rupin, tête de liste dans le centre de Paris, le porte-parole Sylvain Maillard ou Olivia Grégoire, chargée de la communication du candidat. Et le rallié Mounir Mahjoubi.

Autour de Cédric Villani, des figures moins centrales: la députée des Français d'Amérique latine Paula Forteza - tête de liste dans le XIXe - , l'ex-socialiste Anne-Christine Lang, l'ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue ou le proche de Nicolas Hulot et ex-LREM Matthieu Orphelin. Ainsi que le renfort du vice-président de l'Assemblée et ex-prétendant à l'investiture LREM à Paris Hugues Renson.

Entre les deux camps, l'ambiance se tend, même si la villaniste Anne-Christine Lang assure que seuls "quelques irréductibles sectaires ne lui adressent plus la parole".

Les crispations restent limitées "au petit cercle" des députés de Paris, selon un parlementaire, qui souligne que le patron du groupe LREM Gilles Le Gendre, élu parisien lui aussi, "fait attention à ne pas aviver la tension entre les deux" rivaux.

Et aucune des personnes interrogées ne se dit favorable à une "exclusion" des villanistes, car "on a toujours été un mouvement de bienveillance", dit Stéphane Trompille (Ain).

Plusieurs indécis gardent en travers de la gorge les propos insultants de Benjamin Griveaux au sujet de ses concurrents, révélés l'été dernier: Villani, qui "va se faire désosser" ou Renson, le "fils de p...".

"Il ne dit pas bonjour, n'a pas ce côté chiraquien de celui qui serre la paluche en campagne", grince une source parlementaire, qui décrit un "apparatchik, lisse".

- "Ca a été trop loin" -

A l'inverse, les "légitimistes" sont déroutés par le cavalier seul de Cédric Villani. "Sans doute est-ce lié à son entourage, des gens qui lui disent +vous êtes le meilleur+. Il y a un petit phénomène de +melonisation+", considère Bruno Questel (Eure).

"Il donne la ville à Hidalgo. C'est de l'irresponsabilité politique", tacle une autre.

Plus grand monde ne croit à un rassemblement avant le premier tour le 15 mars. "Ca a été trop loin", déplore Jean-Louis Touraine (Rhône), qui compare Paris à la métropole de Lyon, où Gérard Collomb, investi par LREM, fait face au dissident David Kimelfeld, le président sortant.

Et le sondage du week-end inquiète les marcheurs. Anne Hidalgo, la sortante socialiste, obtiendrait 25% des voix devant la LR Rachida Dati (19%), laissant derrière Benjamin Griveaux (15%) et Cédric Villani (13%), à la lutte avec l'écologiste David Belliard (14%).

La campagne de Benjamin Griveaux a "du mal à prendre sur le terrain, il y a un problème d'empathie", juge une députée, qui redoute que l'issue du scrutin ait un "impact" sur le groupe parlementaire et s'inquiète d'éventuels "départs" pour former un nouveau groupe politique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales à Paris: les députés LREM « atterrés » par la division Griveaux/Villani
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Municipales à Paris: les députés LREM « atterrés » par la division Griveaux/Villani
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
6min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le