Municipales: droite et extrême droite attaquent la circulaire limitant le « nuançage »
La droite et l'extrême droite ont attaqué mardi devant le Conseil d'Etat la très contestée circulaire prévoyant de ne plus...

Municipales: droite et extrême droite attaquent la circulaire limitant le « nuançage »

La droite et l'extrême droite ont attaqué mardi devant le Conseil d'Etat la très contestée circulaire prévoyant de ne plus...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La droite et l'extrême droite ont attaqué mardi devant le Conseil d'Etat la très contestée circulaire prévoyant de ne plus attribuer de "nuance" politique aux candidats aux municipales dans les communes de moins de 9.000 habitants.

Dans une procédure d'urgence, le parti Les Républicains a saisi le Conseil d'Etat pour lui demander de suspendre en référé la circulaire de l'Intérieur qui "est susceptible de porter atteinte à la sincérité du suffrage", selon le texte que l'AFP a pu consulter.

"On est face à une manipulation comme rarement de la part du ministère de l'Intérieur", a assuré lors de ses voeux le président de LR Christian Jacob.

Deux conseillers municipaux LR de l'Ain avaient déjà déposé un recours semblable la semaine dernière. L'audience aura lieu le 29 janvier, a assuré sur Twitter le patron des députés LR Damien Abad, qui a dénoncé une "supercherie électorale".

Mardi, LR a aussi attaqué sur le fond avec une requête pour "excès de pouvoir" demandant l'"annulation" de cette circulaire qui "a un caractère impératif et réglementaire". "Une circulaire ne peut modifier un décret", a précisé M. Jacob.

L'absence de publication "apparaît comme illégale" et justifie son annulation, selon le texte.

Les Républicains contestent aussi le seuil de 9.000 habitants "totalement arbitraire" et qui "n'a qu'un intérêt politicien pour le parti au pouvoir", selon M. Jacob.

C'est "une tambouille politicienne qui vise à modifier les règles du jeu à quelques jours du scrutin" municipal, les 15 et 22 mars, a assuré M. Abad.

Le "nuançage" consiste à attribuer une couleur politique aux candidats ayant déposé une liste "sans étiquette", par exemple "divers droite", "divers gauche"...

Les Républicains sont enfin vent debout contre l'instauration d'une nuance "divers centre" qui, estime la requête, "n'est pas définie suivant la même règle" que pour les autres attributions.

Cela "constitue (...) une violation du principe d'égalité", avec des "règles discriminatoires au profit de la République en marche", affirme le recours, qui pointe un "détournement de pouvoir".

"Nous ne nous laisserons pas dérober le résultat de ce scrutin" a tempêté la présidente du Conseil national de LR, Annie Genevard.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a plaidé devant l'Assemblée que "c'est à 9.000 habitants que se déclenche le principe du remboursement électoral par l'Etat".

Le Rassemblement national a également déposé mardi un recours devant le Conseil d'Etat pour demander "l'annulation" de la circulaire, considérant qu'elle "manque de base légale" et rompt "l'égalité entre les candidats".

"Certains se voient accorder une nuance politique dont les autres, fussent-ils adhérents au même parti politique ou se revendiquant de la même sensibilité politique, sont par hypothèse jugés indignes", estime le RN dans son recours vu par l'AFP.

Le ministre "plonge 96% des communes françaises et 54% du corps électoral dans l'anonymat politique", dénonce le parti d'extrême droite.

Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a indiqué dans les couloirs de l'Assemblée avoir lui aussi déposé un recours contre ce qu'il qualifie d'"infâmie".

Le député et président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a, lui, dit voir le "calcul" du gouvernement visant à "récupérer en apparence au profit de la majorité des voix municipales".

cg-adc-grd-are/bap/nm

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le