Une paix durable sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes semble encore lointaine malgré une avancée vendredi dans le processus de régularisation du...
NDDL: une première avancée mais pas encore de paix durable
Une paix durable sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes semble encore lointaine malgré une avancée vendredi dans le processus de régularisation du...
Par Anne-Sophie LASSERRE
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Publié le
Une paix durable sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes semble encore lointaine malgré une avancée vendredi dans le processus de régularisation du territoire, première manche remportée par le gouvernement qui n'écarte pas la menace de nouvelles expulsions.
Dans le bras de fer opposant l'Etat et les zadistes depuis l'abandon du projet d'aéroport, le 17 janvier, ce sont ces derniers, acculés, qui ont fini par céder.
Trois jours avant l'expiration d'un ultimatum les sommant de se régulariser sous peine d'être évacués, ils ont présenté vendredi quarante dossiers, agricoles ou artisanaux, identifiant nommément des porteurs de projets.
Ce "pas en avant", décidé après d'intenses réunions à huis clos du très hétérogène mouvement anti-aéroport qui voulait imposer la gestion collective des terres, ne signifie pas l'éloignement d'une nouvelle opération d'expulsions: après le démantèlement de 29 squats la semaine dernière, il reste une soixantaine d'habitats précaires sur les 97 recensés. Les autorités restent déterminées à "mettre un terme à l'occupation illégale" sur le site de 1.650 hectares. Le gouvernement le fera "avec une immense détermination tranquille", a assuré jeudi le Premier ministre Edouard Philippe.
Heurts entre gendarmes et zadistes à Notre-Dame-des-Landes le 15 avril 2018
AFP/Archives
Alors que la tension semble s'atténuer, après des heurts longs et intenses, la destruction d'autres squats fait peser le risque d'une escalade de la violence. Un écueil que souhaitent éviter autorités et opposants, quatre ans après la mort du militant écologiste Rémi Fraisse sur le site du projet contesté de barrage à Sivens (Tarn).
Depuis le 9 avril et le lancement des opérations de gendarmerie à Notre-Dame-des-Landes, les violents affrontements ont fait 75 blessés chez les forces de l'ordre et plus de 270 du côté des opposants, qui ont saisi le Défenseur des droits.
Les heurts avaient gagné en intensité à mesure de l'avancée des démolitions de squats. A chaque coup de pelleteuse, les opposants et leurs soutiens, dont des "black blocs" venus de toute la France et d'Europe, ont répondu par des barricades et le creusement de tranchées.
Les forces de l'ordre ont essuyé cocktails Molotov, pierres ou bouteilles en verre, répliquant par le jet de 11.000 grenades, dont 10.000 lacrymogènes, en dix jours, selon une source proche du dossier.
- Deux routes non circulantes -
Carte du site du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
AFP
Centralisées d'abord autour de la départementale 281, fameuse ex-"route des chicanes", les opérations de gendarmerie - qui mobilisent environ 2.500 militaires - se sont déplacées vers le second axe traversant la ZAD, la D81, à son tour fermée à la circulation.
Son principal carrefour n'est plus que champ de ruines, après la mise à feu de barricades et le passage de véhicules blindés, certains allant jusqu'à s'embourber dans les chemins gorgés d'eau.
Premier signe d'un précaire retour au calme avant un hypothétique "retour à l'état de droit", ces deux routes toujours interdites à la circulation étaient dégagées jeudi et vendredi, les opposants ne remontant pas les barricades détruites par les gendarmes. La routine des pneus, bouts d'arbres et épaves de voitures enlevés dans un nuage de lacrymogènes puis immédiatement reposés sur les routes, avait fini par lasser les riverains et même certains zadistes qui jugeaient la méthode "contre-productive" au moment de se remettre à la table des discussions.
Le ministre Nicolas Hulot et la préfete Nicole Klein à l'issue d'une rencontre avec des Zadiste le 18 avril 2018 à Nantes
AFP/Archives
"Ne rentrons pas dans une spirale de posture, de confrontation, de violence. Ne confondons pas écologie et anarchie", avait exhorté mercredi le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, dépêché par le gouvernement pour présider une rencontre entre la préfète des Pays de la Loire et une délégation d'occupants.
Dans le sillage du ministre, opposant de longue date au projet d'aéroport, des associations ou collectifs anti-NDDL avaient pressé les zadistes à "saisir la main tendue".
Les projets déposés par les occupants couvrent environ 270 hectares de terres, mais rien ne leur garantit d'obtenir des conventions d'occupation précaire (COP). "On va voir assez rapidement si ça tient la route", a estimé la préfète Nicole Klein, pour qui "quelques-uns" des 28 projets purement agricoles présentés paraissent "poser problème".
Les occupants, qui espèrent "sauver un minimum" la dimension collective des activités sur la ZAD, demandent à l'Etat de "faire aussi un pas en avant", en n'effectuant pas un tri entre ces projets "reliés les uns aux autres".
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