Neige : « L’État n’était pas prêt »
La neige tombée depuis hier matin a paralysé une bonne partie du nord de la France, perturbant notamment le fonctionnement des transports publics franciliens et ferroviaires. Certains axes routiers étaient totalement bloqués.

Neige : « L’État n’était pas prêt »

La neige tombée depuis hier matin a paralysé une bonne partie du nord de la France, perturbant notamment le fonctionnement des transports publics franciliens et ferroviaires. Certains axes routiers étaient totalement bloqués.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« La situation reste difficile », a reconnu à la mi-journée la ministre des Transports Élisabeth Borne.

Axes routiers paralysés, transports scolaires suspendus, circulation des transports publics perturbée, voies ferrées enneigées… L’épais manteau blanc qui recouvre une partie du nord de la France depuis hier a bousculé le quotidien des Franciliens. L’alerte avait pourtant été donnée la veille, plaçant ainsi de nombreux départements en vigilance orange, dont Paris. Dans la nuit de lundi à mardi, les saleuses ont donc commencé leur travail de prévention. Mais « quand il tombe 3cm de neige par heure, cela ne suffit pas : la neige tient malgré le salage préventif », justifie la ministre.

Cette nuit, les « naufragés routiers » se comptaient par centaines. La N118, qui relie Sèvres aux Ulis, en région parisienne, a été complètement paralysée. « Un point noir » demeure toujours aujourd’hui sur cette route nationale, avertit Élisabeth Borne avant d’ajouter que « la libération des voies et l’évacuation des personnes sont encore en cours. Une centaine d’agents est mobilisée pour permettre aux personnes hébergées dans les gymnases de regagner leur voiture. » L’A86, qui encercle la capitale, a, elle, été « libérée ».

« Le problème vient de nous »

Hier soir, comme de nombreux Franciliens, Martin Lévrier avait pris sa voiture pour rentrer chez lui, à Versailles. Une « idiotie », reconnaît a posteriori le sénateur LREM des Yvelines, l’un des départements les plus touchés par les chutes de neige de ce début de semaine. Il a mis quatre heures pour rejoindre son domicile mais certifie avoir « (s)a part de responsabilité. » « Le problème vient de nous : on n’a pas les voitures équipées pour la neige et on les prend quand même. Du coup les saleuses ne peuvent pas passer », explique-t-il avant d’énumérer « plein d’initiatives qui ont été prises » : du salage préventif des routes aux dépanneuses pour les voitures victimes de tête-à-queue, en passant par le déploiement de nombreux agents municipaux, dont certains l’ont même « aidé à se garer » hier soir. « Tout le monde a fait des efforts extraordinaires », conclut-il.

« Le trafic du métro est quasi normal »

Ce matin, Martin Lévrier est donc venu en train et « ça allait très bien ». Il n’a attendu « qu’un quart d’heure » à Montparnasse, informé  « très régulièrement » de l’état du trafic ferroviaire. Un comportement que la ministre des Transports a recommandé ce midi pour les heures à venir, incitant les usagers à « se reporter sur les transports en commun ». Problème : ce matin plus aucun bus ne circulait dans la capitale et ses environs et le trafic des métros et RER était ralenti. L’ex-patronne de la RATP s’est toutefois voulue rassurante : « Le trafic du métro est quasi normal et celui des RER A et B vient d’être rétabli sur la partie nord. La situation concernant le tramway est contrastée et le trafic s’améliore progressivement sur le réseau transilien. »

«  Les messages de vigilance ont été passés »

L’allocution d’Élisabeth Borne permettra-t-elle d’apaiser la colère de Valérie Pécresse ? Ce matin, la présidente de la région Ile-de-France, qui n’avait visiblement pas été aussi chanceuse que  Martin Lévrier, pestait sur Twitter :

La ministre des Transports s’est défendue en insistant sur l’information qui avait été délivrée « en amont » : «  Les messages de vigilance ont été passés. » Et d’ajouter, pour justifier une information voyageurs parfois insuffisante : «  Le trafic des transports en commun n’était pas forcément prévisible et moins d’agents étaient dans les stations pour les mêmes raisons. »

« L’État n’était pas prêt »

Pour Sophie Primas, sénatrice LR des Yvelines, les mesures de prévention étaient insuffisantes : « L’État n’était pas prêt  alors qu’on a des plans de prévention pour tout et n’importe quoi. » Bien qu’elle ne « mésestime pas la difficulté » de faire face à ces aléas climatiques, elle considère que des « mesures de régulation du trafic routier » auraient pu être prises en amont afin d’éviter les centaines de « naufragés routiers ». Et l’exécutif avait beau avoir bloqué les camions en dehors d’Ile-de-France, cela n’a pas empêché l’un d’entre eux de se retrouver en travers de l’A12, remarque la sénatrice.

En tant qu’ancienne maire, Sophie Primas reçoit encore les alertes des préfectures. Cette fois-ci, elle ne l’a reçu que « dans l’après-midi d’hier » : « C’est super tard alors qu’aujourd’hui on peut avoir des prévisions météorologiques à 48h » fustige-t-elle. Son collègue LREM Martien Lévrier préfère, lui, voir le verre à moitié plein : « On savait qu’il allait neiger, on avait été prévenus par l’alerte orange. » Les discordances ne sont pas terminées car, comme l’a souligné Élisabeth Borne, c’est désormais au verglas auquel il faut s’attendre dans les heures qui viennent.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le