Nicolas Dupont-Aignan : « Le Parlement est court-circuité depuis un an, c’est le paillasson de l’exécutif »
Invité de la matinale de Public Sénat, Nicolas Dupont-Aignan comprend le boycott du vote sur les nouvelles mesures sanitaires par les oppositions hier au Sénat. Le président de Debout la France qui a, quant à lui, voté hier contre le nouveau dispositif gouvernemental à l’Assemblée nationale regrette que le Parlement soit devenu « le paillasson » de l’exécutif.

Nicolas Dupont-Aignan : « Le Parlement est court-circuité depuis un an, c’est le paillasson de l’exécutif »

Invité de la matinale de Public Sénat, Nicolas Dupont-Aignan comprend le boycott du vote sur les nouvelles mesures sanitaires par les oppositions hier au Sénat. Le président de Debout la France qui a, quant à lui, voté hier contre le nouveau dispositif gouvernemental à l’Assemblée nationale regrette que le Parlement soit devenu « le paillasson » de l’exécutif.
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Je comprends que les oppositions aient décidé de ne pas prendre part au vote hier car le Parlement est un paillasson. Depuis plus d’un an, nous sommes en état d’urgence sanitaire et nous ne votons sur rien Pour autant, j’estime que de ne pas participer au vote, c’est un peu politicien. Je peux comprendre, car j’aurai pu le faire, mais il nous a été possible de voter, j’ai préféré voter et voter contre ».

A la veille du boycott du vote sur les nouvelles mesures sanitaires du gouvernement par les oppositions au Sénat, pour le patron de Debout la France, « nous sommes l’une des seules démocraties où depuis plus d’un an le Parlement est court-circuité et a donné les pleins pouvoirs en matière sanitaire à l’exécutif. Cela va durer jusqu’au 1er juin et même peut-être jusqu’au 31 décembre. Cela veut dire que presque pendant deux ans, le Parlement aura été suspendu, on n’a jamais vu ça ».

« Il y a un dysfonctionnement très profond des institutions »

Le député de l’Essonne ne décolère pas. Pour lui, « la situation est très grave démocratiquement, les représentants du peuple n’ont plus leur mot à dire sur les privations de liberté et de circulation, c’est terrible ce qu’il se passe. Il y a vraiment un dysfonctionnement très profond des institutions ».

Sur la nature des nouvelles mesures de freinage de l’épidémie annoncées mercredi soir par Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan est également très critique.

« Je demande un contrôle sévère des frontières. On rentre comme dans un moulin en France, il faut mettre en place un double test, ce qui aurait permis d’éviter l’entrée des variants en France », a-t-il expliqué, en réclamant également « plus sévérité dans les quartiers où aucune mesure barrière n’est respectée ».

« Je demande la réouverture de l’hôpital du Val de Grâce »

Concernant la saturation des hôpitaux, notamment en Ile-de-France, celui qui est également candidat à l’élection présidentielle de 2022, demande « l’augmentation des lits pérennes de réanimation avec la réouverture du Val de Grâce ». « On a la chance d’avoir un hôpital en parfait état qui peut être ouvert en deux mois, et à propos du personnel manquant, j’aurais augmenté le concours des internes en réanimation et j’aurai beaucoup plus utilisé la réserve sanitaire et j’aurais donné une prime très forte pour les infirmières qui viennent de partir en retraite », a assuré Nicolas Dupont-Aignan.

« Nous sommes en train de tuer un pays, parce qu’on n’est pas capables de prendre les bonnes mesures. Pourquoi notre pays est paralysé ? », a-t-il lancé, en demandant également « une protection ciblée des Français », grâce aux masques FFP2 « comme cela a été fait en Allemagne pour 27 millions d’Allemands », mais aussi en déployant en France « l’auto-test ou encore le spray nasal comme on le voit dans d’autres pays ».

Maintenir les régionales en juin

Toujours concernant la crise sanitaire qui menace une nouvelle fois de décaler les élections régionales et départementales prévues en juin prochain, le président de Debout le France souhaite qu’elles soient maintenues à cette date, car « le pic épidémique sera passé ».

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le