« Non », Edouard Philippe ne sera finalement pas exclu des Républicains
« Il n’est pas question » d’exclure Edouard Philippe des Républicains, a affirmé le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, après la nomination du juppéiste à Matignon. François Baroin avait pourtant menacé d’exclure tous ceux qui rejoindraient Emmanuel Macron…

« Non », Edouard Philippe ne sera finalement pas exclu des Républicains

« Il n’est pas question » d’exclure Edouard Philippe des Républicains, a affirmé le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, après la nomination du juppéiste à Matignon. François Baroin avait pourtant menacé d’exclure tous ceux qui rejoindraient Emmanuel Macron…
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La menace était claire et nette. Elle tombe aujourd’hui à l’eau. Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a écarté l’idée d’une exclusion du parti après la nomination d’Edouard Philippe à Matignon. « Non, il n’en est pas question. Nous prenons acte de cette décision individuelle » a réagi devant la presse Bernard Accoyer. Il a cependant ajouté via Twitter qu’« il se met de lui-même en dehors de notre famille politique ». Mais le parti ne lance pas de procédure d’exclusion contre le premier ministre.

François Baroin, chef de file des LR pour les législatives, n’avait pourtant eu de cesse d’agiter la menace d’une sanction. « La règle va être très claire : tous ceux qui se rapprochent du Front national seront exclus, pour la présidentielle et pour les législatives », « j'ajoute que tous ceux qui se rapprochent de Macron avant les législatives : même tarif », avait déclaré le 3 mai le sénateur-maire de Troyes. Eric Woerth, chargé du projet LR pour les législatives, avait ajouté dans Le Parisien : « Ces ralliements opportunistes seraient l'illustration de pratiques profondément rejetées par les Français. Celles et ceux qui céderaient à ces tentations s'excluraient d'eux-mêmes ».

« Rejoindre le gouvernement » c’est « de fait quitter la famille »

Au soir du second tour de la présidentielle, François Baroin répète ses menaces suite à l’offre de services de Bruno Le Maire. « Si Bruno Le Maire rejoint le gouvernement dans une dizaine de jours, de fait il quitte la famille, de fait il appartient à En Marche! » avait mis en garde le sénateur-maire de Troyes sur France 2. Ceux qui rejoindront Macron, « la vérité, c’est qu’ils s’excluront tout seul de la famille » ajoutait-il.

Les juppéistes, mais pas seulement, s’étaient étonnés de ces menaces de sanctions. « Le premier mot dans ma famille politique, au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, ça doit être rassemblement, ça ne devrait pas être exclusion » avait réagi Christian Estrosi, qui vient de redevenir maire de Nice.

« Parler d’exclusion, c’est préfigurer la scission dont ils ne veulent pas »

Un parlementaire juppéiste remarque aujourd’hui que Bernard Accoyer est plus modéré que François Baroin sur ce point. « Parler d’exclusion, c’est préfigurer la scission dont ils ne veulent pas. C’est contradictoire » note l’élu. Alors que l’attitude face à Macron divise Les Républicains, la ligne modérée semble prendre le pas. Manière de garder tout le monde dans la famille, pour le moment. « Nous ne sommes absolument pas dans l’esprit de vouloir nous opposer de manière systématique. Il y a des points sur lesquels nous pouvons nous entendre avec le futur chef de l’Etat, notamment sur une réforme du marché du travail », a expliqué jeudi dernier au Monde Bernard Accoyer. « Nous ne serons pas dans une opposition frontale vis-à-vis d’Emmanuel Macron mais dans une attitude constructive car nous serons inévitablement amenés à travailler avec lui », confirmait le trésorier de LR, Daniel Fasquelle…

Si les LR oublient l’idée d’exclure, c’est peut-être pour ne pas perdre trop de troupes. Dans un communiqué publié après la nomination du député-maire du Havre, plusieurs élus LR, comme les juppéistes Benoist Apparu et Fabienne Keller, Christian Estrosi, ou les proches de Bruno Le Maire, Thierry Solère et Franck Riester, saluent « un acte politique de portée considérable ». « Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation politique de notre pays ». Et d’ajouter : « Nos familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le président de la République »…

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