Notre-Dame-des-Landes : la  ZAD dans le viseur
Les invités de l’émission « On va plus loin » analysent les conséquences du rapport rendu sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, préconisant l’évacuation de la ZAD.  

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD dans le viseur

Les invités de l’émission « On va plus loin » analysent les conséquences du rapport rendu sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, préconisant l’évacuation de la ZAD.  
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Mercredi 13 décembre, le rapport sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, commandé par Matignon, a été rendu. Les médiateurs ont proposé deux choix : réaliser l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou réaménager l’aéroport existant de Nantes-Atlantique. Emmanuel Macron a annoncé qu’il tranchera « avant fin janvier ». Mais quelle que soit sa décision, les médiateurs préconisent d’évacuer la ZAD (zone d’aménagement différé), occupée par les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes. Et là, ça risque de coincer fortement. Car les presque 300 occupants de la ZAD, qu’ils surnomment « Zone à défendre », se sont préparés à une éventuelle confrontation avec la police.

Pour l’ancien ministre de la Défense et sénateur (LREM) du Val-d’Oise, Alain Richard, ce sont les médias qui surévaluent la situation, pour faire le buzz. : « Je crois qu’avec les techniques de maintien de l’ordre, que les forces de l’ordre françaises maîtrisent particulièrement bien, il n’y a pas d’unité de ce genre qui soit inexpulsable. Ça se fera avec le moins de spectacle possible. Donc c’est évidemment contrariant pour les médias qui cherchent du public. »

Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué à Ouest France et directeur de la rédaction de Paris, est en désaccord avec l’ancien ministre : « Bien sûr qu’on peut évacuer la ZAD (…) La problématique n’est pas là (…) Même si vous empêchez les médias d’y aller, (…) des médias [qui] ne sont pas bienvenus dans ces zones-là parce qu’on est considérés comme les valets du grand capital et des suppôts du gouvernement (…) [les zadistes], avec les réseaux sociaux et les moyens qui existent, vont documenter ce qui se passe. Et ce sera une bataille de la communication et de la violence (…) [qui] peut être perdue par le gouvernement. »

  Et il ajoute : « Une fois que les gens seront dégagés, ils reviendront (…) Ils veulent vivre là. Cela fait des années qu’ils y sont et même si l’aéroport ne se fait pas, ils ne partiront pas. »

Jean-Charles Taugourdeau, député (LR) du Maine-et-Loire, estime que les occupants de la ZAD ont une démarche politique globale, au-delà du problème de la construction du nouvel aéroport : « Si le président de la République veut faire évacuer la ZAD, on a tous les moyens qu’il faut pour (…) Mais aujourd’hui, vous voyez bien qu’il ne s’agit même plus d’écologie ou de protection de l’environnement (…) Ce sont des gens qui sont pour la décroissance. »

Célia Da Costa Cruz, secrétaire générale des jeunes écologistes, explique que son mouvement soutient les zadistes mais pas les violences : « Évidemment, nous condamnons toute forme de violence, qu’elle soit de la part des zadistes ou de la part de l’État. Mais évidemment (…) nous sommes solidaires des zadistes (…) Nous appelons le gouvernement déjà, à ne pas faire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et en plus, à ne pas évacuer la ZAD. Une solution à la « Larzac » nous satisferait. »

De toute façon, pour Alain Richard, l’affaire est pliée : « Je crois voir dans l’accompagnement du rapport, notamment dans les éléments de langage, mes amis du gouvernement mettre en route une orientation assez prévisible vers un travail sur l’extension de l’aéroport actuel. Ça ne me paraît pas être une très bonne solution (…) mais il faudra s’incliner ».

 

Pour voir le débat sur Notre-Dame-des-Landes, en intégralité :

 

OVPL : débat sur Notre-Dame-des-Landes, en intégralité
31:34

Partager cet article

Dans la même thématique

Notre-Dame-des-Landes : la  ZAD dans le viseur
4min

Politique

LFI : « Jean-Luc Mélenchon donne l’impression que la gauche est plus dangereuse que le RN », déplore Pierre Jouvet (PS)

Invité de notre matinale, Pierre Jouvet a critiqué les prises de position récentes de Jean-Luc Mélenchon et a appelé les militants et élus Insoumis à se désolidariser des propos de leur leader politique. A l’approche des municipales, le PS exclut des alliances avec des Insoumis « qui ne condamnent pas les propos de Jean-Luc Mélenchon. »

Le

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le

President Donald Trump Delivers Joint Address To Congress in Washington
6min

Politique

Guerre en Iran : Donald Trump peut-il se passer de l’accord du Congrès américain ?

Après un week-end de tâtonnements, l’administration américaine et Donald Trump a finalement employé le terme de « guerre » pour qualifier l’intervention américaine en Iran. Une loi de 1973, permet certes au Président américain de déclencher une intervention militaire limitée, mais selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Deux résolutions vont être examinées au Congrès cette semaine pour tenter de limiter les pouvoirs de l’exécutif. Sans chances de succès, pour le moment. Explications.

Le