Notre-Dame-des-Landes : « Le projet est abandonné »
Édouard Philippe l'a annoncé  à l’issue du Conseil des ministres. Le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est définitivement abandonné. Le gouvernement s'engage par ailleurs à «  mettre fin à la zone de non-droit » sur le site. 

Notre-Dame-des-Landes : « Le projet est abandonné »

Édouard Philippe l'a annoncé  à l’issue du Conseil des ministres. Le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est définitivement abandonné. Le gouvernement s'engage par ailleurs à «  mettre fin à la zone de non-droit » sur le site. 
Public Sénat

Par Alice Bardo avec Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’information avait fuité  par le quotidien Ouest France quelques minutes avant l'annonce officielle comme l'a relevé le sénateur écologiste de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, sur le plateau de Public Sénat. Le Gouvernement a mis fin à un projet, vieux de 50 ans, d’aéroport à Notre-Dame-des landes.

Notre-Dame-des-Landes : « Ouest France annonce l’abandon du projet » affirme le sénateur écologiste Ronan Dantec
00:09

« Le projet de Notre-Dame des Landes (est) abandonné », a confirmé Édouard Philippe à l’issue du Conseil des ministres, ce mercredi. Une décision « logique au regard de l’impasse dans laquelle se trouve le dossier » et d’ « apaisement » eu égard à « la gravité des enjeux économiques et de sécurité que le pays traverse ».

Après une cinquantaine d’années passée face à un « dilemme impossible », l’exécutif a estimé que l’État devait désormais être « clair dans ses choix et ferme dans leur mise en œuvre ». Et bien que son « premier réflexe »  aurait été « d’autoriser le projet sans délai », le Premier ministre s’est ravisé après avoir « considéré avec précision la complexité technique et les répercussions écologiques » du projet.

Un autre argument est venu appuyer sa décision : « Notre-Dame-des-Landes, c’est l’aéroport de la division (…) Un tel projet ne peut se faire dans un contexte d’opposition exacerbé entre deux parties presque égales de la population. »

Évacuation de la ZAD

Le Premier ministre a ensuite déroulé le calendrier à venir résultant de l’abandon du projet. La ZAD sera évacuée afin de « mettre fin à la zone de non-droit qui prospère depuis près de dix ans sur la ZAD » : « Dès aujourd’hui la demande de prorogation de la déclaration d’utilité publique déposée au Conseil d’État fin décembre sera retirée » et celle en cours « deviendra donc caduque dès le 8 février prochain ».

Les « squatteurs » de la ZAD, « occupants illégaux », devront « partir d’eux-mêmes au printemps prochain ou en seront expulsés ». Les forces de l’ordre sont d’ores et déjà mobilisées pour veiller à la bonne application de cette décision. L’objectif est que « de nouveaux projets agricoles puissent être accueillis fin avril », a précisé Édouard Philippe.

Des « solutions » pour le Grand Ouest »

Ensuite, il s’agira de trouver des  « solutions » pour que le Grand Ouest puisse « croître ». « Sa démographie et son économie sont dynamiques : il a besoin d’être connecté au reste de la France et de l’Europe » a-t-il justifié. Et d’ajouter : « Ce dont le Grand Ouest a besoin, c’est de garantir que Brest, Nantes et Rennes disposent de liaisons faciles avec les autres métropoles européennes et de mettre en place des liaisons rapides avec les hubs long-courriers internationaux. »

Pour ce faire, le Premier ministre a annoncé un réaménagement de l‘aéroport Nantes-Atlantique « dans des délais rapides », impliquant une modernisation de son aérogare et un réaménagement des pistes « pour permettre d’accueillir plus de passagers ». Ces mêmes pistes seront également allongées pour « réduire les nuisances sonores à Nantes ». « En parallèle, nous accompagnerons le développement de l’aéroport de Rennes », a ajouté Édouard Philippe.

Améliorer la complémentarité rail/air

Enfin, la ministre des Transports Élisabeth Borne sera chargée d’améliorer la complémentarité rail/air : « L’enjeu pour les Rennais et les Nantais est de rallier directement les grands aéroports parisiens. Ces liaisons directes existent mais sont insuffisantes. Elles seront fluidifiées pour accompagner la hausse des trafics. »

Le Premier ministre a tout de même tenu à préciser qu’il s’agissait d’une « décision exceptionnelle pour une situation locale exceptionnelle » et que l’exécutif comptait bien poursuivre l’aménagement du pays « dans le souci d’une meilleure attractivité ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le