Notre-Dame-des-Landes: pour Ayrault, « passer outre le référendum serait un déni de justice »
L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé que "passer outre le référendum" favorable à la construction de l'aéroport...

Notre-Dame-des-Landes: pour Ayrault, « passer outre le référendum serait un déni de justice »

L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé que "passer outre le référendum" favorable à la construction de l'aéroport...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé que "passer outre le référendum" favorable à la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes serait "un déni de démocratie", s'attirant une réplique virulente de Ségolène Royal.

Alors que le gouvernement doit prendre d'ici la fin de l'année une décision au sujet de cet aéroport controversé, prévu près de Nantes, M. Ayrault prévient dans le Journal du dimanche que si cette décision était de ne pas le construire, "cela voudrait dire que l’État de droit n’a pas prévalu".

"Ce projet a fait l’objet de toutes les concertations possibles. Plus de 180  recours ont été déposés par les opposants, tous ont été perdus. Le projet a donc été approuvé juridiquement et démocratiquement, puisque le référendum organisé par le président Hollande a validé le transfert de l’aéroport à plus de 55 %. Passer outre ce référendum serait un déni de démocratie", soutient-il.

"Aujourd’hui, la question de Notre-Dame-des-Landes n’est plus abordée de façon rationnelle. C’est devenu un totem. On veut un scalp", regrette-t-il. "Est-ce que le président de la République prendra le risque d’aller contre l’intérêt général et la prise en compte des besoins du Grand Ouest et des métropoles de Nantes et Rennes, en plein développement ? C’est un test, et un rendez-vous extrêmement important", insiste-t-il.

Interrogé sur les arguments des écologistes (préservation de la zone humide), l'ancien maire de Nantes réplique : "si c'était un argument juridique pertinent, les recours auraient été gagnés. Ils ne l’ont pas été. Le projet a respecté un certain nombre d’impératifs en matière d’environnement. À mes yeux, les problèmes environnementaux sont beaucoup plus importants là où se trouve l’aéroport actuel, au bord d’une grande réserve ornithologique classée Natura 2000. L’argument écologique ne tient pas".

L'ancien chef de gouvernement indique également qu'il sera "présent à la manifestation aux côtés de ceux qui attendent une décision claire", le 13 décembre à Paris.

"Jean-Marc Ayrault s'est bien gardé d'évacuer le site de Notre-Dame-des-Landes. Donc il faut aussi qu'il soit cohérent avec lui-même. C'est bien de donner des leçons, mais quand il était aux responsabilités, quand il était Premier ministre, il n'a pas évacué le site, il n'a pas procédé au lancement des travaux", a rétorqué l'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal lors de l'émission "Dimanche en politique" sur France 3.

"Il est en tout cas très important de sortir de cette situation de blocage" et "c'est de la responsabilité du gouvernement et du président de la République. Donc il faut attendre le rapport", a également déclaré Mme Royal.

En octobre 2016, l'alors ministre avait jugé que ce projet d'aéroport n'était "pas défendable".

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le