Trois scénarios pour un arbitrage très attendu: l'exécutif va annoncer la semaine prochaine entre 0 et six nouvelles fermetures de réacteurs...
Nucléaire: entre 0 et 6 fermetures de réacteurs d’ici 2028, trois scénarios sur la table
Trois scénarios pour un arbitrage très attendu: l'exécutif va annoncer la semaine prochaine entre 0 et six nouvelles fermetures de réacteurs...
Par Marc PRÉEL
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Trois scénarios pour un arbitrage très attendu: l'exécutif va annoncer la semaine prochaine entre 0 et six nouvelles fermetures de réacteurs nucléaires d'ici 2028, sans compter les deux de Fessenheim qui seront les seuls à s'arrêter durant le quinquennat, selon un document obtenu par l'AFP mardi.
Ce document préparatoire rassemble les trois scénarios sur lesquels planche l'exécutif pour la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui doit être annoncée la semaine prochaine par Emmanuel Macron et Edouard Philippe.
Il recense trois scénarios: le premier, soutenu par le ministère de la Transition écologique, prévoit six fermetures de réacteurs outre Fessenheim d'ici 2028, et six de plus d'ici 2035, sur les 58 du parc nucléaire français actuel d'EDF.
Le deuxième, dit "intermédiaire", ne prévoit aucune fermeture supplémentaire d'ici la fin de la PPE en 2028, et 12 entre 2028 et 2035.
Enfin le troisième, poussé par Bercy, ne prévoit aucune fermeture d'ici 2028, neuf entre 2028 et 2035, et la construction de quatre réacteurs de nouvelle génération EPR d'ici 2040.
L'objectif de 50% d'électricité nucléaire est atteint en 2035 dans les deux premiers, mais attend 2040 dans celui de Bercy. Les scénarios prévoient une part de 40% d'électricité renouvelable, atteinte en 2030, 2032 ou 2034 suivant les trois cas.
La priorité du gouvernement, répétée maintes fois par Emmanuel Macron, est dans l'immédiat de fermer les quatre dernières centrales à charbon du pays, très polluantes.
Le gestionnaire du réseau à haute tension, RTE, a estimé la semaine dernière que cet objectif était tenable mais à condition de ne pas arrêter de nouveau réacteur nucléaire d'ici cinq ans.
Sollicité par l'AFP sur ces informations, Matignon n'a pas fait de commentaires "sur des scénarios préparatoires à une décision", confirmant simplement que "des annonces seraient faites la semaine prochaine".
"Pour l'instant le gouvernement est encore au travail. On est en train d'ajuster les scenarii", a abondé mardi la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, sur Radio Classique.
"Les décisions sont en cours, il y a encore des discussions. C'est un choix très important de trouver le bon chemin de l'autonomie et de la sécurité énergétique à 2028 ou à 2030", a-t-elle souligné.
"Il n'y a d'ailleurs pas que la question du nucléaire, il y a aussi la place des énergies renouvelables dans ce chemin, il y a aussi la place des économies d'énergie", a rappelé la secrétaire d'Etat.
- "Calendes grecques" -
Le mouvement anti-nucléaire a pour sa part aussitôt estimé que le gouvernement n'allait pas assez loin pour réduire la part de l'atome.
"Notre ligne rouge, c'est des fermetures (de réacteurs) dans ce quinquennat", rappelle Alix Mazounie de l'ONG Greenpeace. "Aucun des trois scénarios n'est acceptable ni raisonnable", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"Le gouvernement plie sous le poids des lobbys et remet en cause les économies d'énergie qui apporteraient du pouvoir d'achat aux Français et les filières d'avenir, créatrices d'emplois, que sont les énergies renouvelables", juge pour sa part Anne Bringault, du CLER-Réseau Action Climat.
Scénarios envisagés par le gouvernement sur la place du nucléaire dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE)
AFP
Pascal Canfin, directeur général du WWF France, a appelé à ne "pas repousser aux calendes grecques" les fermetures de réacteurs. "Il y a déjà un premier enjeu qui est de ne pas remettre nos billes dans une technologie, qui s'appelle l'EPR, qui est incapable de faire ses preuves", a-t-il estimé sur France Inter.
Quant à la part du nucléaire à 50%, "on ne peut pas être au-delà de 2035 parce que sinon on fait une fausse transition dans la mesure où les centrales arriveraient de toute façon en fin de vie et de toute façon il faudrait les fermer".
À la Bourse de Paris, l'action EDF perdait 0,13% vers 10H30 dans un marché en recul de 0,81%.
"Les scénarios 2 et 3 apparaîtraient globalement en ligne avec EDF, qui ne veut pas fermer de réacteur avant 2029", relèvent les analystes de Bryan Garnier dans une note.
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