Obligation vaccinale pour tous : « Je ne sais pas comment on ferait pour contrôler les adultes ! » affirme Olivier Véran
Auditionné ce matin au Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la mise en place de nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie, Olivier Véran est venu défendre les bienfaits de l’étendue du passe sanitaire. Le ministre de Santé a répondu à toute une série de questions des sénateurs sur l’obligation vaccinale à toute la population qu’il juge difficilement contrôlable.

Obligation vaccinale pour tous : « Je ne sais pas comment on ferait pour contrôler les adultes ! » affirme Olivier Véran

Auditionné ce matin au Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la mise en place de nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie, Olivier Véran est venu défendre les bienfaits de l’étendue du passe sanitaire. Le ministre de Santé a répondu à toute une série de questions des sénateurs sur l’obligation vaccinale à toute la population qu’il juge difficilement contrôlable.
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Par Antoine COMTE

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Neuf fois. C’est la neuvième fois qu’Olivier Véran se retrouve devant les sénateurs pour être auditionné sur les mesures sanitaires prises par le gouvernement. De nouvelles dispositions prises par l’exécutif pour tenter d’endiguer le variant Delta, qui se propage à une vitesse inédite dans les foyers français.

C’est d’ailleurs par un constat très alarmant sur ce mutant du virus apparu au départ en Inde que le ministre de la Santé a débuté son propos liminaire.

« Selon une publication de la revue Nature, la charge virale serait mille fois supérieure avec le variant Delta qu’avec les variants précédents. On est plus du tout dans le même niveau de contagiosité », a expliqué le ministre, en précisant qu’il était possible que « de nouveaux variants apparaissent prochainement ».

Olivier Véran : "La charge virale est 1000 fois supérieure avec le variant Delta"
00:45

 

« Qui contrôlera les identités ? C’est question que tout le monde se pose »

Mais rapidement les sénateurs de la Commission des Lois et des Affaires sociales ont voulu, et c’était tout l’objet de cette audition, questionner le monsieur Santé du gouvernement sur de nombreux points qui font débat dans le projet de loi sur les nouvelles mesures sanitaires et qui sera finalement examiné demain au Sénat.

La séance prévue ce soir dans l’hémicycle de la Haute Assemblée est en effet reportée… Les députés ayant pris trop de retard dans l’examen du texte toujours en cours à l’Assemblée nationale, a en effet annoncé au début de l’audition, François-Noël Buffet, le président LR de la commission des lois.

C’est donc Philippe Bas, le corapporteur de ce texte au Sénat sur les nouvelles mesures sanitaires, qui a ouvert le bal pour tenter d’obtenir des réponses plus précises du ministre.

« Est-ce que oui ou non, ceux qui feront le contrôle du passe sanitaire dans les restaurants et les cafés pourront exiger la carte nationale d’identité à côté du passe sanitaire ? C’est une question que tout le monde se pose », a lancé le sénateur LR de la Manche.

Avant de donner son avis sur la question : « Si on répond non à cette question, alors le bouclage du dispositif n’est pas assuré. Mais si on répond oui, on permet à des gens qui ne sont nullement assermentés de procéder à ce qui ressemble à un contrôle d’identité par la police ou la gendarmerie… »

La réponse d’Olivier Véran ne sait pas faite attendre : « Les contrôles sont de deux natures. Le Premier ministre a annoncé hier qu’il souhaitait que les contrôles d’identité ne soient pas à la charge du restaurateur, mais qu’ils soient réalisés lors de contrôles inopinés de police. Il y aura donc deux niveaux de contrôle différents ».

Philippe Bas : "Est-ce que les restaurateurs pourront exiger la carte nationale d'identité ?"
00:43

 

« Nous n’avons jamais stigmatisé les soignants »

Autre sujet sensible, la vaccination obligatoire des soignants qui a fait l’objet de nombreuses questions de sénateurs et notamment de la sénatrice communiste Laurence Cohen, qui n’a pas hésité à parler de « stigmatisation » du corps médical.

De quoi faire réagir vivement le ministre de la Santé qui s’est défendu en parlant « de protection des soignants et d’une obligation déontologique, éthique et professionnelle ». « C’est votre droit de faire de la politique comme ça en disant qu’on stigmatise les soignants. Je suis de la famille des soignants, j’ai été aide-soignant et je ne me suis jamais senti stigmatisé », a-t-il également ajouté.

 

Obligation vaccinale pour les adultes : « Difficilement contrôlable »

Toujours sur l’obligation vaccinale mais cette fois-ci de l’ensemble de la population, demandée notamment par le groupe socialiste au Sénat et à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé a été catégorique : « J’accueille positivement les propositions dans ce sens, mais ce n’est pas le choix que nous faisons. Nous avons l’exemple de la vaccination obligatoire chez les nourrissons parce que c’est simple. Vous ne rentrez pas en crèche et vous n’allez pas à l’école, le nourrisson ou l’enfant n’est pas vacciné, c’est très facilement contrôlable. En revanche, chez les adultes, je ne sais pas comment on fait ! Comment on fait avec une personne qui a 50 ans et qui n’est pas vaccinée ? Elle ne peut plus faire ses courses ? On lui met une amende à chaque fois qu’elle sort de chez elle ? »

Un sujet sensible qui a provoqué des échanges houleux entre le ministre et plusieurs sénateurs favorables à la vaccination obligatoire, avant que le temps imparti pour cette audition ne soit écoulé et que les deux parties se donnent à nouveau rendez-vous demain pour en débattre dans l’hémicycle.

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