Olivier Dussopt : « Le 11 mai, nous aurons suffisamment d’équipements de protection pour accompagner les fonctionnaires »
Auditionné par le Sénat, Olivier Dussopt a annoncé qu’il y aurait le 11 mai « suffisamment d’équipements de protection pour accompagner » les fonctionnaires qui en ont besoin. Le secrétaire d’État chargé de l’Action et des Comptes publics n’a pas communiqué le nombre d’agents de la fonction publique contaminés par le covid-19.

Olivier Dussopt : « Le 11 mai, nous aurons suffisamment d’équipements de protection pour accompagner les fonctionnaires »

Auditionné par le Sénat, Olivier Dussopt a annoncé qu’il y aurait le 11 mai « suffisamment d’équipements de protection pour accompagner » les fonctionnaires qui en ont besoin. Le secrétaire d’État chargé de l’Action et des Comptes publics n’a pas communiqué le nombre d’agents de la fonction publique contaminés par le covid-19.
Public Sénat

Par Laure-Anne Elkabbach

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

En pleine crise du coronavirus, la commission des Lois a installé un comité de suivi de l’action de l’État. Ce dernier a auditionné jeudi 23 avril, Olivier Dussopt secrétaire d’État chargé de l’Action et des Comptes publics, afin d’en savoir plus sur le fonctionnement du service public et de son organisation du travail durant la crise du coronavirus.

Interrogé sur la façon dont le service public allait garantir la sécurité sanitaire des fonctionnaires après le confinement le 11 mai, notamment en matière d’équipements sanitaires, Olivier Dussopt a répondu que pour la fonction publique d’État, l’État avait reçu des livraisons de masques et des équipements de protection et qu’il continuait à en commander : « Le 11 mai, nous aurons suffisamment d’équipements de protection pour accompagner les agents qui ont besoin de protection ». Tout en s’empressant d’ajouter qu’il y aurait « un ordre de priorité dans la distribution ».

Concernant le nombre d’agents de la fonction publique contaminés par le covid-19, le secrétaire d’État a déclaré qu’il n’avait pas « de chiffres consolidés » et qu’il n’y avait « pas de prévalence particulière du virus chez les agents publics ».

Philippe Bas, président de la commission des Lois du Sénat, a insisté sur le fait d’assurer aux fonctionnaires les mêmes protections « que celles que sont en train d’organiser les employeurs privés ».

Télétravail et autorisation spéciale d’absence

Olivier Dussopt a expliqué que le télétravail était la norme actuellement pour les agents publics. Mais que sa mise en œuvre avait été freinée par plusieurs difficultés. Les agents ont dû faire face à un manque d’équipements. Certains d’entre eux utilisent leur propre smartphone ou ordinateur pour pouvoir travailler de chez eux.

Certaines missions ne peuvent également pas être faites en télétravail pour des raisons de « sensibilité des données manipulées ».

Le secrétaire d’État a souligné que le télétravail était actuellement encadré par un décret de 2016 « qui présente des limites » car il ne prévoit pas une mise en œuvre du télétravail ponctuel. Il a expliqué que le nouveau décret qui va bientôt être publié au Journal Officiel, le prévoyait et que cela pourrait « répondre à un certain nombre de difficultés ».

Olivier Dussopt a également indiqué qu’une partie des agents de la fonction publique bénéficiaient durant ce confinement, d’une autorisation spéciale d’absence (pour garde d’enfants ou impossibilité d’exercer en télétravail, par exemple). À la différence des agents en télétravail, ceux bénéficiant d’une autorisation spéciale d’absence peuvent se voir imposer par l’employeur (depuis l’ordonnance parue le 16 avril), « de manière rétroactive » le décompte de RTT imposé du 15 mars au 16 avril ainsi que 5 jours de congés payés ou de RTT entre le 16 avril et la fin de la période d’état d’urgence sanitaire. Ce qui fait un total de 10 jours.

De leur côté, les agents en télétravail ont la possibilité de se voir imposer l’obligation de poser 5 jours.

Dialogue social

Alors que la CGT des services publics a déposé de nouveaux préavis de grève pour le mois de mai (après le mois d’avril) s’inquiétant des conditions de sécurité sanitaire à la reprise du 11 mai, le secrétaire d’État chargé de l’Action et des Comptes publics s’est voulu rassurant dans sa prise en compte du dialogue social. Il a précisé avoir informé ce jeudi les organisations syndicales que « le comité commun hygiène et sécurité du conseil supérieur de la fonction publique d’État » pourra se réunir dans les prochains jours grâce à la dématérialisation de cette instance devenue possible par l’ordonnance du 27 mars.

Reconnaissance de maladie professionnelle

Bien que les sénateurs aient insisté pour qu’il y ait une reconnaissance de maladie professionnelle si un agent (pompiers, policiers…) était infecté par le coronavirus, Olivier Dussopt a répondu en rappelant que le ministre de la Santé s’était engagé pour que ce soit le cas pour les soignants. Mais le secrétaire d’État est resté flou quant à cette possibilité pour les autres agents.

Responsabilité des élus

Les sénateurs sont également revenus sur les possibles poursuites pénales auxquelles risquaient de se voir exposer les élus en cette période de crise sanitaire, notamment avec la réouverture des écoles. Le secrétaire d’État s’est voulu confiant : « Dès lors qu’un employeur, pour ce qui concerne l’accueil des agents ou un élu pour l’accueil du public, respecte et veille au bon respect des préconisations sanitaires et des règles de sécurité (…) la responsabilité ne peut être engagée à l’encontre de cet employeur et de cet élu ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Olivier Dussopt : « Le 11 mai, nous aurons suffisamment d’équipements de protection pour accompagner les fonctionnaires »
4min

Politique

Jeux vidéo : chez Ubisoft, les dirigeants prônent désormais la « tolérance zéro » vis-à-vis des comportements toxiques

Dans la poursuite de leurs travaux sur les jeux vidéo, la délégation aux droits des femmes du Sénat auditionnait, ce jeudi, les représentants du géant Français, Ubisoft. Une entreprise marquée par la vague Metoo en 2020 avec des révélations sur des comportements toxiques au plus haut niveau. Depuis, de nombreuses mesures ont été prises pour faire de la lutte contre le harcèlement « une priorité fondamentale » de l’entreprise, assure Cécile Russeil, vice-présidente exécutive.

Le

FRA: Exercice Orion 26 Armee de l Air
9min

Politique

« Signal très mitigé », « pas de vision globale » : l’actualisation de la loi de programmation militaire laisse les sénateurs sur leur faim

Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, l’actualisation de la LPM portera la hausse du budget des armées à 449 milliards d’euros sur la période 2024/2030. « Ça va dans le bon sens, car c’est une nécessité absolue dans la période qu’on traverse », salue le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin. Mais il juge l’effort « frustrant », car « on n’augmente pas notre capacité ».

Le

FRA – RN VOTE BARDELLA MUNICIPALES 2EME TOUR
6min

Politique

Jordan Bardella dans Paris Match avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux- Siciles : « Est-ce que les Français vont acheter l’histoire du conte de fées » ?

A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le