Olivier Faure, nouveau patron des députés PS à l’Assemblée
Encore un pronostic déjoué: Olivier Faure, un porte-parole du Parti socialiste, a été élu mardi président du groupe PS de l...

Olivier Faure, nouveau patron des députés PS à l’Assemblée

Encore un pronostic déjoué: Olivier Faure, un porte-parole du Parti socialiste, a été élu mardi président du groupe PS de l...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Encore un pronostic déjoué: Olivier Faure, un porte-parole du Parti socialiste, a été élu mardi président du groupe PS de l'Assemblée pour succéder à Bruno Le Roux parti à Beauvau, promettant un "groupe de combat" face à la droite et l'extrême-droite.

Lors d'un vote à bulletins secrets des députés socialistes et écologistes réformistes, M. Faure, élu de Seine-et-Marne, l'a emporté par 137 voix contre 120 pour Guillaume Bachelay, alors que l'élu de Seine-Maritime, numéro deux du PS et devenu proche de François Hollande, semblait favori.

Âgé de 48 ans, le vainqueur, jusqu'alors deuxième vice-président du groupe et proche de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, "incarne le mieux le centre de gravité du groupe", jugeaient certains élus avant le scrutin.

Qu'il l'emporte est "une vraie claque pour (Manuel) Valls", dont "les soutiens étaient très mobilisés pour Bachelay", selon un député soutenant Emmanuel Macron. Un autre, non aligné, y voit aussi une "défaite" pour l'ex-Premier ministre, son soutien "(Christophe) Borgel et les légitimistes ayant fait campagne pour (Guillaume) Bachelay".

Mais "il n'y avait pas de vote Valls", a assuré un soutien de l'ancien locataire de Matignon, dont l'un des proches, le sénateur Luc Carvounas, avait souhaité dans la matinée "bonne chance" à Guillaume Bachelay sur Twitter.

Devant la presse, le nouveau chef de file des députés socialistes, décrit par ses défenseurs comme "un homme d'équilibre" et "de solutions", a mis en avant "esprit de rassemblement" et volonté que le groupe qu'il dirigera six mois soit "un pôle de stabilité" en période électorale.

M. Faure a assuré de son "impartialité" dans la primaire de la gauche, refusant de participer au "jeu du +Tout sauf...+"

Tout en rendant "un hommage appuyé" à Guillaume Bachelay et en saluant Bruno Le Roux, il a affirmé que les députés PS avaient envie "de tourner une page de notre histoire, de faire en sorte que ces cinq semaines ou six semaines qui nous séparent d'une élection primaire, soient le moment d'un groupe qui retrouve une forme d'exemplarité dans ses comportements", après des "périodes douloureuses" où les élus socialistes "se sont divisés beaucoup".

"Sans attendre les résultats de nos primaires, nous allons être un groupe de combat" notamment "contre une droite qui se dit décomplexée", a-t-il aussi lancé, se disant convaincu que les socialistes, "parfois capables du pire", peuvent aussi "parfois démentir les pronostics".

Né le 18 août 1968 à La Tronche (Isère), ce juriste de formation, diplômé en droit et en Sciences politiques, est le fils d'un fonctionnaire du Trésor public et d'une mère infirmière vietnamienne.

Il raconte avoir commencé sa vie professionnelle... à l'Assemblée, comme collaborateur du président de la commission des lois.

Après avoir été l'un des dirigeants d'une PME de haute technologie, il devient en 1997, et jusqu'en 2000, conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi, période dont il garde le souvenir "d’avoir travaillé de jour comme de nuit", notamment sur la mise en oeuvre des 35 heures.

Il rejoint ensuite François Hollande, premier secrétaire du PS, comme directeur adjoint de son cabinet de 2000 à 2007. En novembre de cette année, il devient secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée, présidé alors par Jean-Marc Ayrault.

En mai 2012, lorsque ce dernier est nommé à Matignon, Olivier Faure le suit un mois comme conseiller spécial, avant d'être élu pour la première fois député de Seine-et-Marne, après une tentative infructueuse en 2007.

Ce père de quatre enfants est membre de la commission des finances, et de plusieurs groupes d'étude, dont celui sur la famille et adoption, ainsi que du groupe d'amitié France-Vietnam.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Olivier Faure, nouveau patron des députés PS à l’Assemblée
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Olivier Faure, nouveau patron des députés PS à l’Assemblée
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le