« On réduit la température à 19 degrés, non pas parce que le président l’a demandé mais parce que la facture va augmenter », lâche cet ouvrier fondeur
Incapable de faire face aux factures d’électricité qui ont été multipliées par trois, l’aciérie d’Ascoval, dans le Nord, a ralenti sa production d’acier. Pour Nacim Bardi comme les autres 300 Salariés une période chômage forcé s’ouvre. En décembre il ne travaillera que 9 jours et va perdre plus de 300 euros net sur sa fiche de paie.

« On réduit la température à 19 degrés, non pas parce que le président l’a demandé mais parce que la facture va augmenter », lâche cet ouvrier fondeur

Incapable de faire face aux factures d’électricité qui ont été multipliées par trois, l’aciérie d’Ascoval, dans le Nord, a ralenti sa production d’acier. Pour Nacim Bardi comme les autres 300 Salariés une période chômage forcé s’ouvre. En décembre il ne travaillera que 9 jours et va perdre plus de 300 euros net sur sa fiche de paie.
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Voilà 17 ans que Nacim Bardi travaille à l’aciérie de Saint-Saulve comme fondeur. Alors que la production d’acier tourne au ralenti, celui qui est également délégué syndical CGT au sein de l’usine ne décolère pas. « Le carnet de commandes est plein. Le problème n’est plus un problème de commandes c’est un problème énergétique. Les bénéfices qu’on peut dégager, on est obligé de les rendre aux fournisseurs d’électricité. L’activité elle est là, et le prix de l’électricité est tellement élevé, tellement artificiel, le marché en profite ! »

« Obligé de faire des sacrifices »

Pour Nacim, l’aciérie d’Ascoval « perd 7 à 10 millions d’euros chaque mois, depuis que le prix de l’électricité a été multiplié par trois ». Produire de l’acier dans ce contexte d’inflation est devenu trop coûteux. L’actionnaire majoritaire allemand a dû se résoudre à réduire de presque de moitié l’activité de l’usine et à mettre en place des mesures de chômage technique pour les salariés. Une perte sèche pour cet ouvrier fondeur de 300 euros sur son salaire pour décembre. Un manque à gagner important dans le budget de ce père de famille de trois enfants qui gagne 2000 euros net par mois. « On est obligé de faire des sacrifices, de s’adapter. »

« Quand je fais les courses, je deviens fou ! »

Remplir son caddie relève de plus en plus du casse-tête. « Quand je fais les courses, l’huile est passée de 1 euro 70 à 3 euros 80, le lait est passé de 75 centimes à 1 euro. Le bois aussi augmente ! On réduit la température à 19 degrés non pas parce que le président l’a demandé mais parce que la facture va augmenter. Et le bois augmente ! Quand je fais les courses, vraiment je deviens fou, c’est pas possible, les prix augmentent de 30, 40, 50 % ! » lâche-t-il amère. Un pouvoir d’achat rogné et une tendance qui pourrait durer. Nacim ne sait pas encore combien de jours il va travailler au premier semestre 2023. Une incertitude qui l’angoisse et à laquelle il faut répondre urgemment pour le sénateur les Républicains Bruno Belin. « Savoir comment on donne un peu de marge, dégager de la marge là au mois de janvier, février. Parce qu’on sait très bien que les mois de janvier et février peuvent être durs si l’hiver est dur. Il faut décaler de la trésorerie », propose l’élu de la Vienne.

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