Parcoursup : 9 élèves sur 10 ont reçu une proposition, 94 000 sont encore en attente

Parcoursup : 9 élèves sur 10 ont reçu une proposition, 94 000 sont encore en attente

La phase principale est terminée depuis vendredi 15 juillet : la plateforme Parcoursup annonce que 562 674 bacheliers ont reçu une ou plusieurs propositions d’admission. Pour les 94 000 élèves n’ayant aucun vœu d’accepté, c’est une deuxième phase qui commence.
Public Sénat

Par Gaspard Flamand

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Des lycéens satisfaits, mais aussi beaucoup de déçus. C’était une étape attendue par plus de 600 000 bacheliers : les premiers résultats de Parcoursup. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, un peu plus de 94 000 élèves, sur un total de 936 000, n’ont eu aucune proposition de la plateforme pour poursuivre leurs études. Parmi eux, 40 000 lycéens, 36 000 candidats en demande de réorientation, et 17 700 scolarisés à l’étranger.

Un élève sur dix, donc, est pour l’instant sans aucune solution. Mais nouveauté cette année : ceux qui se trouvent sur liste d’attente ont jusqu’à ce lundi 18 juillet pour classer et hiérarchiser leurs vœux. Ce qui n’était pas possible avant. Puis à partir de mardi, les établissements qui disposent de places pourront leur adresser automatiquement des propositions d’admission.

Pour les autres élèves, qui ne sont pas sur liste d’attente, direction la phase complémentaire. Elle commence le 23 juin, et « permet aux candidats de formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux pour des formations qui ont des places disponibles », peut-on lire sur le site de Parcoursup.

 

Le ministère de l’Enseignement supérieur annonce 100 000 places encore disponibles

 

« Les candidats peuvent choisir parmi 100 000 places de formation encore vacantes, dans un peu plus de 5 800 formations différentes », précise la ministre de l’Enseignement supérieur dans les pages du JDD. Des places « aussi bien dans les nouvelles licences Accès Santé, dans les licences de droit, d’économie-gestion ou de lettres, que dans des formations sélectives comme les classes préparatoires, qui ne font plus le plein partout, en BTS ou en BUT », toujours selon Sylvie Retailleau, qui ajoute que la plateforme s’améliore continuellement.

Un constat qu’est loin de partager Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine. L’élu souhaite un bilan et une remise à plat de Parcoursup « qui reste opaque volontairement ». « On a besoin d’un exercice de transparence, de regarder ce qui va et ce qui ne va pas. Mais Madame Retailleau tire un bilan positif avec des chiffres qu’elle est la seule à avoir. Elle affirme que la plateforme s’améliore. Il faut maintenant qu’elle le prouve. »

 

« Parcoursup est un système quantitatif »

 

Le vice-président de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat fustige également un système uniquement quantitatif. « Le ministère promet 100 000 places disponibles, mais si un élève veut faire de la sociologie et qu’on lui propose des études de gestion forestière, ce n’est pas une solution. Nous avons vraiment besoin d’un retour des candidats pour améliorer la plateforme. »

La semaine dernière au Sénat, le nouveau ministre de l’Education nationale a été auditionné au Sénat pour la première fois depuis sa nomination. Pendant plus de 2h30, Pap Ndiaye a été contraint de rassurer les sénateurs sur son « esprit laïc et républicain ». Et le sujet de Parcoursup a aussi été abordé, et attaqué par les parlementaires de la Chambre Haute.

La sénatrice LR des Alpes-Maritimes, Alexandra Borchio-Fontimp rappelle alors au ministre qu’une étudiante s’est amusée à envoyer une recette de cuisine et non une lettre de motivation, et a tout de même été acceptée. Face à cette attaque, Pap Ndiaye a défendu la plateforme du gouvernement. « Parcoursup est un dispositif perfectible, on progresse d’année en année. Parcoursup n’est pas parfait mais la situation précédente était particulièrement injuste. »

Ce n’est pas la première fois que les sénateurs s’emparent de la question Parcoursup. A l’image de Max Brisson, vice-président LR de la commission de la culture et de l’éducation, qui ne manque pas d’interpeller l’ancien ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, lors des questions au gouvernement en juin 2021.

« Pensez-vous de bonne conduite que des élèves candidats aux concours des grandes écoles puissent bénéficier par avance de points supplémentaires liés à leur situation sociale ? »

Les élèves candidats ont maintenant jusqu’au 14 septembre pour formuler leurs vœux lors de la phase complémentaire. Du côté des formations, elles peuvent envoyer des propositions d’admission jusqu’au 16 septembre inclus.

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