Paris vaut bien une… réforme: l’Assemblée planche sur son statut
L'Assemblée nationale a entamé mercredi l'examen de la réforme du statut de Paris, un texte cher à Anne Hidalgo, prévoyant...

Paris vaut bien une… réforme: l’Assemblée planche sur son statut

L'Assemblée nationale a entamé mercredi l'examen de la réforme du statut de Paris, un texte cher à Anne Hidalgo, prévoyant...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'Assemblée nationale a entamé mercredi l'examen de la réforme du statut de Paris, un texte cher à Anne Hidalgo, prévoyant notamment une fusion des quatre premiers arrondissements contestée par la droite, mais aussi la création de nouvelles métropoles au niveau national.

Le Sénat, à majorité de droite, avait adopté début novembre ce texte "relatif au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain", mais en le vidant de ces deux mesures phares.

Devant les députés, le ministre des Collectivités Jean-Michel Baylet a défendu un texte de "clarté" dans la lignée des précédentes réformes territoriales du quinquennat. Il a regretté l'attitude "d'opposition systématique" de la chambre haute, transportant, selon lui, "les querelles internes au conseil de Paris" au Palais du Luxembourg.

La fusion des Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements de la capitale, est ardemment souhaitée par la maire PS Anne Hidalgo - présente dans les tribunes -, mais dénoncée à droite comme un "calcul politicien".

Cette fusion, qui crée un nouveau secteur avec un seul maire élu -mais garde les codes postaux des 20 arrondissements-, entend corriger des écarts de représentativité des conseillers de Paris et doit permettre des économies, selon Mme Hidalgo.

Mais la cheffe de file du groupe LR au Conseil de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a défendu en vain une motion de rejet du texte, y a vu "une réformette électorale et partisane".

- 'Petits télégraphistes' d'Hidalgo -

Pour la députée de l'Essonne, qui sera candidate aux législatives à Paris en 2017, la fusion, seule "mesure significative" du texte, ne relève que "de l'intérêt personnel de la maire de Paris" pour lui offrir une "circonscription sur mesure" et "transformer le centre de la capitale en forteresse du socialisme municipal".

Elle a tancé un "Parlement réduit au rôle de petit télégraphiste de la maire de Paris", ses collègues parisiens Philippe Goujon pointant un "texte alibi pour un tripatouillage électoral" et Claude Goasguen "une supercherie".

Sur ce point, M. Baylet a assuré que 17 secteurs électoraux au lieu de 20 ne modifieraient "en rien les équilibres politiques existants". L'une des porte-parole des députés PS et élue parisienne, Annick Lepetit, a dénoncé des "arguments politiciens" de l'opposition, appelant à arrêter "la caricature".

Outre cette mesure phare sur les arrondissements, l'un des derniers textes d'ampleur du quinquennat -que Mme Hidalgo espère voir adopter avant les prochaines échéances électorales- met fin au double statut ville-département de la capitale.

Il prévoit la création d'une collectivité à statut particulier dénommée "Ville de Paris", mesure ayant "trouvé grâce au Sénat", preuve qu'elle fait "consensus", selon le ministre.

Il donne aussi de nouveaux pouvoirs au maire de la capitale qui compte plus de deux millions d'habitants: police des funérailles, des baignades, gestion des fourrières, habitat insalubre, délivrance des cartes nationales d’identité et passeports. Le maire doit également récupérer les "pervenches", aujourd'hui fonctionnaires de la préfecture.

Ce sera un "rééquilibrage" entre les compétences du préfet de police et celles du maire de Paris, selon les rapporteurs PS Jean-Yves Le Bouillonnec (Val-de-Marne) et Patrick Mennucci (Bouches-du-Rhône), et cela permettra "à l’État de se concentrer sur ses missions régaliennes relatives à la sécurité publique" pour M. Baylet.

Hors capitale, le projet compte des dispositions permettant la création de sept nouvelles métropoles, en plus des quinze existantes. Seraient éligibles à ce statut Saint-Étienne, Toulon, Orléans, Dijon, Tours, Clermont-Ferrand et Metz, ce qui permettra selon le ministre "de mailler, de manière cohérente, l’ensemble du territoire d’un réseau de métropoles".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris vaut bien une… réforme: l’Assemblée planche sur son statut
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Paris vaut bien une… réforme: l’Assemblée planche sur son statut
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le