« Parlons travail » avec Fillon et Hamon
Ce matin, la CFDT publiait les premiers résultats de son enquête  « Parlons Travail ». Entre septembre et décembre 2016, 200 000 volontaires ont répondu à la centaine de questions posées par l’organisation syndicale, dont l’objectif était d’interroger les Français sur leur ressenti au travail. Benoit Hamon et François Fillon étaient invités à réagir à cette étude.

« Parlons travail » avec Fillon et Hamon

Ce matin, la CFDT publiait les premiers résultats de son enquête  « Parlons Travail ». Entre septembre et décembre 2016, 200 000 volontaires ont répondu à la centaine de questions posées par l’organisation syndicale, dont l’objectif était d’interroger les Français sur leur ressenti au travail. Benoit Hamon et François Fillon étaient invités à réagir à cette étude.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

77% des Français aiment leur travail. Un pourcentage particulièrement élevé, qui ressort de l’enquête « Parlons Travail », réalisée par la CFDT. « Ce n’est pas parce qu’on aime son travail qu’on ne doit pas travailler dans de bonnes conditions », tempère Hervé Lanouzière, directeur général de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Des propos qui font écho aux autres chiffres de l’enquête, et notamment au 37% des répondants qui affirment avoir déjà fait un burn-out.

La reconnaissance du burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est l’une des mesures phares du programme de Benoit Hamon. « Ce qui nous intéresse, c’est de faire en sorte que celui qui travaille ne soit pas meurtri ou abimé par le travail. C’est pourquoi j’ai formulé une telle proposition », justifie le candidat PS à l’élection présidentielle.

L’ancien ministre de l’Education s’est également prononcé en faveur du compte pénibilité, qu’il souhaite intégrer à la nouvelle loi Travail qu’il propose.  Une mesure à laquelle François Fillon est, lui, opposé. Le candidat de la droite est davantage focalisé sur l’augmentation du temps de travail que sur le bien-être des salariés. « C’est la seule condition pour avoir de vraies perspectives d’avenir », affirme t-il. L’ancien Premier ministre plaide pour un passage à 39 heures de travail par semaine. Et ce alors même que plus de 50% des personnes ayant répondu à l’enquête de la CFDT estiment avoir une quantité de travail excessive.

Le travail peut nuire à la santé

Une charge de travail qui empêche en partie un tiers d’entre eux de bien dormir. « Cela peut vouloir dire deux choses : soit le salarié travaille trop intensément, soit il travaille trop longtemps », explique Benoit Hamon, qui propose d’encourager la réduction du temps de travail s’il est élu le 7 mai prochain. L’enquête « Parlons Travail » fait le lien entre travail et santé. Au-delà du manque de sommeil,  35% des répondants considèrent que leur travail nuit à leur santé et 44% disent ressentir souvent des douleurs physiques à cause de leur travail.

Certaines personnes sont même amenées à prendre des médicaments pour tenir (17%). Un mal-être souvent lié au manque d’autonomie des travailleurs : 74% d’entre eux préféreraient être plus autonomes plutôt que davantage encadrés.  Mais autonomie ne signifie pas pour autant moins de collectif. Au contraire. La majorité d’entre eux prône la solidarité (69%). Et solidarité semble rimer avec pied d’égalité si on s’en tient aux résultats de l’enquête, puisque près de 80% des répondants disent vouloir un fonctionnement plus démocratique au sein de leur entreprise.  

 « La démocratie ne doit pas s’arrêter aux portes de l’atelier ». Benoît Hamon cite Jaurès.  Il estime qu’il faut « renforcer la participation des salariés aux décisions de l’entreprise, donner plus de pouvoir aux comités d’entreprise et exiger un dialogue social de qualité ». « La co-décision à l’allemande ça marche », assure le candidat. De son côté, François Fillon affirme avoir « toujours défendu les syndicats ». L’année dernière, il avait pourtant dit vouloir limiter le temps consacré à l’activité syndicale. Face à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, le candidat tempère.

Partager cet article

Dans la même thématique

Session of questions to the government at the National Assembly
2min

Politique

Budget : Sébastien Lecornu a choisi le recours au 49.3

Après un week-end de réflexion, le Premier ministre va annoncer en Conseil des ministres le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2026. Après avoir concédé de nombreux gestes en direction des socialistes, Sébastien Lecornu a obtenu de leur part un accord de non-censure. Le chef du gouvernement revient donc sur son engagement de ne pas avoir recours à cet article, mais évite la voie plus brutale des ordonnances.

Le

Formal opening session of the Court of Cassation
5min

Politique

Budget des collectivités : le gouvernement tend la main au Sénat en proposant un effort contenu aux alentours de 2 milliards d’euros

Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».

Le

« Parlons travail » avec Fillon et Hamon
3min

Politique

Municipales à Paris : « Je regrette qu'on ne soit pas unis derrière la candidature de Rachida Dati », expose Aurore Bergé

À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.

Le

FRANCE – ACTION FOR ZUCMAN TAX FOR BILLIONNAIRES
6min

Politique

« Les ultra-riches disposent aujourd’hui d’un accès privilégié aux sphères du pouvoir », Oxfam alerte sur l’explosion des grandes fortunes

Publié ce lundi 19 janvier à l’ouverture du Forum économique de Davos, le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales alerte sur l’explosion des fortunes des milliardaires. L’ONG met en garde contre les conséquences de cet enrichissement rapide, qui dépasse largement l’économie et menace directement la démocratie, en donnant aux ultra-riches un pouvoir politique et médiatique croissant.

Le