Partis politiques : le Sénat limite les dons aux Français et aux résidents de France
Lors de l’examen du projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique, les sénateurs ont adopté un amendement restreignant les dons aux partis politiques, afin d’éviter d’éventuelles « influences d’États étrangers ».

Partis politiques : le Sénat limite les dons aux Français et aux résidents de France

Lors de l’examen du projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique, les sénateurs ont adopté un amendement restreignant les dons aux partis politiques, afin d’éviter d’éventuelles « influences d’États étrangers ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il y a une disposition supplémentaire en matière de financement des partis politiques, dans le projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique examiné cette semaine au Sénat.

Désormais, pour pouvoir verser un don à un parti, une personne physique devra avoir la nationalité française, ou résider en France. L’amendement, porté par les socialistes Jean-Yves Leconte, Jean-Pierre Sueur, Didier Marie et René Vandierendonck, a été adopté à l’unanimité ce mercredi après-midi en séance publique.

Cette disposition a d'ailleurs été étendue au financement des campagnes électorales, dans un autre amendement, lui aussi adopté. Actuellement, l'interdiction de verser un don à un parti français ne vaut que pour les personnes morales étrangères et les États.

« Les partis doivent respecter les principes de la souveraineté nationale », selon la Constitution

L'adoption de l'amendement s'explique aussi bien par les difficultés liées au contrôle, qu’à la Constitution. « Cet amendement a pour objet de permettre d’exclure du champ du financement de la vie politique française les personnes qui ne sont pas citoyennes françaises ou dont l’administration française n’a pas la capacité d’assurer l’origine des revenus qui leur permettent de financer un ou plusieurs partis politiques », a expliqué Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France.

Comme le gouvernement, Philippe Bas (LR), le président de la commission des Lois, avait émis un avis favorable à cette mesure, en rappelant notamment que l’article 4 de la Constitution imposait aux partis politiques de « respecter la souveraineté nationale » :

« Les financements qui peuvent être mobilisés à l’étranger peuvent éventuellement faciliter l’influence d’États étrangers sur la vie politique française. »

Une mesure qualifiée « d’excessive » en 2013 à l’Assemblée nationale

L'Assemblée nationale suivra-t-elle le Sénat ? En juillet 2013, lors de la discussion sur la loi relative à la transparence de la vie publique, le Sénat avait déjà tenté d’interdire les dons aux partis politiques provenant de personnes physiques de nationalité étrangère. Mais l’amendement avait été supprimé par l’Assemblée nationale, en séance. La disposition avait été qualifiée « d’excessive » par François de Rugy, lors des débats.

« Il est difficile à un candidat ou un parti politique de savoir si un don provient d’un étranger ou d’un Français. Un chèque ne porte pas mention de la nationalité de son signataire. D’ailleurs beaucoup de nos partis politiques comptent des adhérents de nationalité étrangère », avait expliqué le député de Loire-Atlantique.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le

Lyhanna Case – Funerals and Last Tribute.
4min

Politique

Affaire Lyhanna : « Pertes de temps, défaillances et absence de suivi de procédure », pointe le  pré-rapport d’inspection

Trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice a présenté un premier rapport destiné à faire la lumière sur les dysfonctionnements et les erreurs individuelles qui ont conduit à cette affaire qui a ému la France entière. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, ont confirmé que la plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'avait « pas été traitée comme une procédure prioritaire », par les services d'enquête et le parquet du Gers.

Le