Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs
La commission mixte paritaire sur le budget rectificatif 2021 qui s’est réunie ce lundi 22 novembre s’est soldée par un échec. L’indemnité inflation a été le point d’achoppement des discussions. Les sénateurs avaient remplacé cette aide destinée à 38 millions de personnes par des aides plus ciblées.

Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs

La commission mixte paritaire sur le budget rectificatif 2021 qui s’est réunie ce lundi 22 novembre s’est soldée par un échec. L’indemnité inflation a été le point d’achoppement des discussions. Les sénateurs avaient remplacé cette aide destinée à 38 millions de personnes par des aides plus ciblées.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Sans surprise, aucun texte de compromis n’est sorti de la commission mixte paritaire réunie ce lundi matin sur le deuxième projet de loi de finances rectificative pour 2021 (PLFR). Les discussions ont vite tourné court, et en moins d’une heure, députés et sénateurs n’ont pu que constater leurs désaccords sur le cœur du texte : la meilleure façon d’accompagner les Français dans la hausse des prix de l’énergie et de l’inflation plus généralement.

Le 18 novembre, la droite au Sénat s’était opposée à l’indemnité inflation de 100 euros, inscrite par le gouvernement dans le texte. Versée automatiquement à toute personne gagnant moins de 2000 euros net par mois, elle concernerait 38 millions de personnes. Le groupe LR avait mis en place, dans la foulée, un relèvement exceptionnel de 150 euros de la prime d’activité et un versement de 150 euros pour les personnes bénéficiant de minima sociaux.

Lors des discussions, le rapporteur général de la commission des finances, avait affirmé que le dispositif du gouvernement « cumulait les inconvénients », principalement à cause de l’effet de seuil du critère du revenu, mais aussi de la non-prise en compte des revenus du foyer. La droite sénatoriale s’était aussi alarmée du coût pour les finances publiques : la solution votée par les députés pèse 3,8 milliards d’euros, contre 1,5 milliard pour la solution sénatoriale.

La droite déplore « un nouveau passage en force qui symbolise la grande rigidité du gouvernement »

Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a désapprouvé à de multiples reprises le vote du Sénat, au cours duquel s’étaient abstenus les groupes de gauche, mais aussi l’Union centriste, autre composante de la majorité sénatoriale. Pour ces différentes familles, les deux choix étaient imparfaits. Le gouvernement avait souligné que l’amendement des Républicains excluait du dispositif les indépendants, les retraités ou encore les étudiants.

Désormais, le projet de loi fera l’objet d’une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale ce mardi, où l’indemnité inflation devrait être logiquement rétablie. Il retournera au Sénat le lendemain, avant que le dernier mot ne soit donné à l’Assemblée nationale.

Dans un communiqué, le groupe LR du Sénat dénonce le choix de la majorité présidentielle, qui a « refusé en bloc » sa solution de « bon sens ». « L’indemnité inflation, qui sera in fine adoptée dans la version du gouvernement, est un dispositif injuste et mal ficelé. C’est un nouveau passage en force qui symbolise la grande rigidité du gouvernement », conclut-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

Indemnité inflation : pas d’accord entre députés et sénateurs
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le