« Pas de majorité » pour s’opposer au nucléaire regrette cet eurodéputé allemand
La Commission européenne doit se prononcer dans les prochains jours sur l’inclusion ou non de l’énergie nucléaire dans la « taxonomie verte ». Un terme technique qui rendrait le nucléaire éligible aux mêmes investissements que les énergies. Une majorité de pays européens semble aujourd’hui y être favorable, la France en tête.

« Pas de majorité » pour s’opposer au nucléaire regrette cet eurodéputé allemand

La Commission européenne doit se prononcer dans les prochains jours sur l’inclusion ou non de l’énergie nucléaire dans la « taxonomie verte ». Un terme technique qui rendrait le nucléaire éligible aux mêmes investissements que les énergies. Une majorité de pays européens semble aujourd’hui y être favorable, la France en tête.
Public Sénat

Par Marie Brémeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une décision très attendue, déjà reportée plusieurs fois, tant le sujet est sensible. La Commission européenne doit rendre ses arbitrages sur la taxonomie européenne. Derrière ce mot, se joue une bataille importante, la classification des investissements verts.

La taxonomie, un enjeu économique

Paris pousse activement pour obtenir un label vert pour l’atome, suivi d’une douzaine de pays, parmi lesquels la Finlande et la Pologne qui prévoit de construire 6 nouveaux réacteurs dans les prochaines années. L’enjeu économique est colossal, puisque cette classification des activités compatibles avec la protection de l’environnement permettrait au nucléaire de bénéficier de financements accrus et d’accéder à de meilleures conditions de marché.

Le nucléaire, « pas idéal, mais nous n’avons pas le choix »

Une position ardemment défendue par le député européen français les Républicains Geoffroy Didier. « Je crois qu’il va y avoir une bataille politique, mais j’ai envie de dire que le meilleur gagne ! Je ne doute pas un instant que par volonté de préserver son autonomie stratégique, l’Union européenne finisse par choisir quand même cette solution de raison, qui consiste à accepter que le nucléaire puisse faire partie de la taxonomie. Je ne dis pas que c’est un choix idéal, je dis qu’au fond nous n’avons pas le choix. »

Une bataille politique qui se joue en coulisses depuis plusieurs mois pour les pro nucléaires qui arguent que si le vieux continent veut réduire ses émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030, le choix de cette énergie « décarbonée » s’impose. Mais quelques Etats membres y sont farouchement opposés, mettant en avant les dangers potentiels et la gestion problématique des déchets. L’Autriche a d’ores et déjà annoncé qu’elle saisirait la Cour de justice européenne en cas d’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte.

Pas de majorité pour s’opposer au nucléaire

Mais, même du côté des pourfendeurs du nucléaire, on ne se fait guère d’illusion. « On voit aussi les majorités en Europe. Il faut une majorité qualifiée pour empêcher ce label de la Commission, et il semble que « pour le moment on ne l’a pas, on n’a pas cette majorité qualifiée », affirme, non sans regret, l’écologiste Daniel Freund. Le député européen allemand met en avant la voie choisie par son pays depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. « Nous, on va sortir du charbon d’ici 2030. On est aussi dans le renouvelable, on est à 50 % en Allemagne aujourd’hui. On va être à 100 % [d’énergies renouvelables] dans une décennie, et c’est ça le futur ! »

Revoir l’intégralité de cette émission en replay 

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: Campagne municipale, affichage je vote 2 fois aux 2 tours
4min

Politique

Municipales 2026 : la campagne est lancée, quelles sont les règles ?

Équité du temps de parole, pluralisme : à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les règles encadrant la couverture de la campagne par les médias audiovisuels se renforcent. Depuis ce lundi 2 février, les chaînes de télévision, les radios et certaines plateformes numériques sont entrées dans une période de vigilance accrue.

Le

« Pas de majorité » pour s’opposer au nucléaire regrette cet eurodéputé allemand
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

« Pas de majorité » pour s’opposer au nucléaire regrette cet eurodéputé allemand
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le