Passe sanitaire : le Conseil constitutionnel a rendu sa décision
Quels sont les points que le Conseil constitutionnel valide ? Quels sont ceux qu’il censure ? On vous résume la décision sur la loi qui instaure le passe sanitaire.

Passe sanitaire : le Conseil constitutionnel a rendu sa décision

Quels sont les points que le Conseil constitutionnel valide ? Quels sont ceux qu’il censure ? On vous résume la décision sur la loi qui instaure le passe sanitaire.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui et Elodie Hervé

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les Sages censurent les dispositions relatives à la rupture anticipée de certains contrats de travail et le placement « automatique » à l’isolement. Ils valident, en revanche, la vaccination obligatoire des soignants et le passe sanitaire à l’hôpital, sauf pour les urgences.

LIRE AUSSI // Passe sanitaire : les sénateurs dénoncent un texte adopté « un pistolet sur la tempe »

Déposé le 19 juillet, le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire a été adopté six jours plus tard par le Parlement. Peu après, le gouvernement puis 60 députés et 60 sénateurs avaient saisi le Conseil constitutionnel. Ce jeudi, les Sages ont donc rendu leur décision et estiment que le texte est globalement conforme à la Constitution.

Le Premier ministre « prend acte » des censures du Conseil constitutionnel qui valide par ailleurs « les deux principales mesures proposées par le gouvernement : l’instauration d’une obligation vaccinale pour certaines catégories de professionnels et l’extension du passe sanitaire ».

Ce qui est validé :

  • Le passe sanitaire à l’hôpital

Les Sages valident le passe sanitaire à l’hôpital, hors urgences, puisqu’il « n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins ». « Il est important de noter que cette décision souligne que l’instauration du passe sanitaire dans les hôpitaux ne peut faire échec aux soins », souligne une source constitutionnelle. En visite dans un centre hospitalier d’Aix-en-Provence, le ministre de la Santé, Olivier Véran a réagi à cette décision. « Personne ne sera privé de soins en fonction du passe sanitaire », a déclaré le ministre avant d’ajouter : « Jamais nous n’arrêterons de soigner qui que ce soit ».

LIRE AUSSI // Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences

  • L’obligation de vaccination pour les soignants

L’obligation vaccinale pour les soignants et d’autres professions en contact avec des publics fragiles a été validée par les Sages jugeant que sa mise en œuvre était bel et bien « progressive ».

Comme le prévoyait la loi, les soignants ont jusqu’au 15 septembre 2021 pour justifier « de l’administration d’au moins une des doses sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l’examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par le covid-19 » et jusqu’au 15 octobre pour présenter un schéma vaccinal complet.

  • Le test PCR pour les étrangers : oui mais

Passé inaperçu dans le projet de loi sur le passe sanitaire, un amendement du gouvernement a instauré un nouveau délit. Désormais, les étrangers faisant l’objet d’une décision d’éloignement qui refuseront le test PCR s’exposent à trois ans d’emprisonnement et jusqu’à dix ans d’interdiction du territoire. Sur cette partie du texte, le Conseil constitutionnel a émis une réserve d’interprétation.

Cela signifie qu’il a tenu à définir ce qu’il pouvait être entendu par « obligation sanitaire ». Le texte de loi ne concernera donc que le test anti-covid et non le port du masque ou le refus des gestes barrières.

LIRE AUSSI // covid-19 et expulsions des étrangers : « C’est un droit à la santé détourné »

Ce qui n’est pas conforme à la Constitution

  • Le passe sanitaire pour les contrats courts

En revanche, concernant les CDD, le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions du texte prévoyant que « le contrat à durée déterminée ou de mission d’un salarié qui ne présente pas les justificatifs, certificat ou résultat requis pour l’obtention du « passe sanitaire », peut être rompu avant son terme, à l’initiative de l’employeur ».

En prévoyant que le défaut de présentation d’un « passe sanitaire » constitue une cause de rupture anticipée des seuls contrats à durée déterminée ou de mission, le législateur a institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leurs contrats de travail qui est sans lien avec l’objectif poursuivi.

LIRE AUSSI // Passe sanitaire : «Le gouvernement aurait été bien inspiré de nous écouter» cingle Philippe Bas

  • L’isolement obligatoire des malades

Les juges constitutionnels ont estimé que l’isolement obligatoire des malades de 10 jours n’était ni « nécessaire, adapté et proportionné » en ce qu’il constitue une mesure privative de liberté « sans décision individuelle fondée sur une appréciation de l’autorité administrative ou judiciaire ».

Le texte prévoyait que l’isolement pouvait être levé en cas de nouveau test négatif et la possibilité de sortir de chez soi - ou du lieu choisi - « entre 10 et 12 heures, ainsi qu’en cas d’urgence ou pour effectuer les déplacements strictement indispensables et ne pouvant être réalisés dans cette plage horaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le