La question du retour de la réforme des retraites revient en débat par voie de presse. Le sujet divise les parlementaires LREM, réunis à Angers. Le manque de temps parlementaire, pour défendre un texte sur la suppression des régimes spéciaux, pourrait mettre tout le monde d’accord.
Patriat : « Je ne suis pas favorable à un passage en force sur les retraites »
La question du retour de la réforme des retraites revient en débat par voie de presse. Le sujet divise les parlementaires LREM, réunis à Angers. Le manque de temps parlementaire, pour défendre un texte sur la suppression des régimes spéciaux, pourrait mettre tout le monde d’accord.
Comme une impression de déjà-vu. Les journées parlementaires LREM se sont ouvertes, à Angers, ce lundi 6 septembre, sous un soleil de plomb. L’humeur de la majorité est plutôt au beau fixe en cette rentrée. « J’ai connu des rentrées avec une certaine morosité, une appréhension, une peur. Là je trouve qu’il y a une forme de joie », constate François Patriat, président du groupe RDPI (LREM) du Sénat, l’un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron.
Aux ateliers, on parle « engagement », « Europe », « jeunesse » ou encore comment « bien communiquer ». Mais dans les couloirs du Palais des congrès, la réforme des retraites est sur toutes les lèvres. Selon Les Echos, et Le Monde, l’exécutif réfléchirait à remettre sur le tapis le sujet. Non pas la grande réforme systémique, mais au moins la suppression des régimes spéciaux et une pension minimum à 1000 euros.
La suppression des régimes spéciaux, « dès que nous pourrons le faire, il faudra le faire », selon Sacha Houlié
La question divise la majorité et ce n’est pas nouveau. Le débat a déjà eu lieu ces derniers mois. Certains, au sein de la majorité, suivent les yeux fermés. Comme Aurore Bergé, qui vient de l’aile droite, ou Sacha Houlié, qui vient lui de la gauche. Et pour cause, le député de la Vienne défend l’idée d’une réforme sur les régimes spéciaux depuis quelques semaines. « Sur le minimum contributif à 1000 euros et la suppression des régimes spéciaux, c’est une promesse de 2017. […] Nous n’avons pas l’intention d’y renoncer. Et dès que nous pourrons le faire, il faudra le faire. Si ça doit impliquer de le faire avant la présidentielle, il faut le faire », soutient Sacha Houlié (voir la vidéo ci-dessous). Il rappelle les conditions fixées en juillet par Emmanuel Macron pour engager la réforme : une bonne situation économique et la fin de la crise sanitaire. « Sur la sortie de crise économique, nous y sommes. Sur la crise sanitaire, nous avons un peu de travail », reconnaît-il.
Pour Roland Lescure, député et porte-parole d’En Marche, « ça permet de remettre le débat dans l’atmosphère. Est-ce qu’il faut le faire avant le printemps 2022 ou après ? C’est presque un détail ».
« Pourquoi remettre une pièce dans l’appareil ? »
En réalité, l’idée est très loin de faire l’unanimité chez les parlementaires. « Ça revient sur le tapis depuis ce matin. […] J’en ai parlé avec les grands leaders de la majorité, personne n’était au courant », s’étonne François Patriat (voir la première vidéo, images de LCP-AN). Pour lui, ce n’est clairement pas le moment de remettre le couvert. « Autant il est possible, par le biais du budget, de prendre des mesures pour les retraites, par exemple le minimum retraites à 1000 euros, qui est évoqué, oui. Mais pourquoi remettre une pièce dans l’appareil, alors que le débat n’a pas lieu, que la concertation n’a pas lieu en ce moment ? » demande le sénateur LREM de la Côte-d’Or, qui ajoute : « Je ne suis pas favorable à un passage en force sur les retraites dans les deux mois qui viennent. Si ça peut se faire, ce n’est que par le PLFSS (le Budget de la Sécurité sociale, ndlr). C’est dans 15 jours… »
« La retraite à 1000 euros, c’est une vraie avancée sociale. Mon père a travaillé toute sa vie et a une retraite de 900 euros », ajoute Xavier Iacovelli, sénateur LREM, membre de l’aile gauche avec Territoires de Progrès. Mais pour le reste, il interroge « le timing ».
Photo de groupe des députés et sénateurs LREM, à Angers.
Sous couvert d’anonymat, une députée LREM ne cache pas aussi ses gros doutes. « Ce n’est pas en un mois qu’on va pondre un truc équilibré. L’intérêt de la réforme du Président, c’était l’équilibre », glisse-t-elle, avant d’ajouter :
Ce serait une erreur de se précipiter.
« Il n’y a pas de bande passante parlementaire » (un ministre)
Un ministre écarte, lui, carrément d’un revers de main la question. « Rien de nouveau sous le soleil. Je ne comprends pas qu’on en fasse un sujet », dit-il. D’autant plus qu’« il n’y a pas de bande passante parlementaire ». Comprendre, pas le temps.
Une réforme des régimes spéciaux nécessiterait un projet de loi. Or il faut 6 à 9 mois pour en terminer l’examen et l’adopter, en procédure accélérée. Et le Parlement stoppe ses travaux fin février, pour cause de campagne présidentielle… Le même ministre souligne que « LFI ferait 40.000 amendements sur ce texte ». Soit de quoi bien ralentir les débats et pousser au 49-3, synonyme de passage en force. Pas idéal au moment de la présidentielle. Emmanuel Macron serait accusé de diviser encore et de créer des tensions.
« Ne pas allumer l’allumette près du bec de gaz »
En fin de journée, Stanislas Guérini, numéro 1 de LREM, conseille de ne « pas allumer l’allumette près du bec de gaz », et appelle à éviter « toutes les polémiques inutiles, tout ce qui n’est pas utile aux Français ». Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, un pilier de la majorité, verrait bien pour sa part les retraites comme une bonne réforme, mais de début de quinquennat.
Alors pourquoi rallumer la mèche aujourd’hui ? Et « qui parle ? », comme demande un membre du gouvernement. Autrement dit, qui tient l’allumette ? On sait que le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait plaidé avant l’été pour le retour de la réforme. « Ça sort de l’Elysée. Alexis Kohler (secrétaire général de l’Elysée, ndlr), comme Bruno Le Maire, voudraient bien le faire maintenant », pense un parlementaire, qui craint qu’« on mette tout le monde dans la rue, les cheminots, mais aussi les avocats, les dentistes, qui sont des prescripteurs d’électeurs ». Parler à nouveau retraite, sans forcément le faire, aurait au moins un avantage : montrer que l’exécutif est attaché à la réforme, occuper le terrain et ne pas laisser trop d’angles d’attaque à la droite.
Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.
A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.
C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.
Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.