Patrick Vignal, député LREM : « Sur l’ISF, il ne faut pas avoir peur de dire qu’on s’est trompé »
Le député LREM Patrick Vignal veut faire le « bilan de l’ISF », que le gouvernement a partiellement supprimé. Il n’écarte pas l’idée de son retour ou d’une forme d’imposition pour les plus riches. Il demande que le gouvernement ne soit pas « figé » sur la question.

Patrick Vignal, député LREM : « Sur l’ISF, il ne faut pas avoir peur de dire qu’on s’est trompé »

Le député LREM Patrick Vignal veut faire le « bilan de l’ISF », que le gouvernement a partiellement supprimé. Il n’écarte pas l’idée de son retour ou d’une forme d’imposition pour les plus riches. Il demande que le gouvernement ne soit pas « figé » sur la question.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Avec le mouvement de contestation des gilets jaunes, Emmanuel Macron joue gros. Malgré les dernières annonces de l’exécutif, certains commencent à se poser des questions dans la majorité présidentielle. La suppression, ou plutôt la transformation de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) a donné au chef de l’Etat l’image de « Président des riches ». Elle lui colle à la peau et revient, à chaque difficulté. Le député LREM Bruno Bonnell, ancien chef d’entreprise, a mis les pieds dans le plat. Il ose évoquer l’idée d’un bilan de la réforme.

Le député LREM de l'Hérault, Patrick Vignal (qui n’a aucun lien de parenté avec l’auteur de cet entretien, ndlr) soutient son collègue. « Si on se rend compte, au bout du compte, que la réforme de l’ISF n’a pas produit les effets escomptés, on ne doit rien s’interdire » affirme à publicsenat.fr ce fils d’ouvrier, ancien député PS. Patrick Vignal n’écarte pas l’idée du retour de l’ISF ou d’une forme d’imposition pour les plus riches. Entretien.

Le député LREM Bruno Bonnell veut évaluer les effets de la réforme de l’ISF afin de vérifier si elle bénéficie bien à l’économie française. Soutenez-vous sa démarche ?
Les gens disent "ils font des cadeaux aux riches". Ça n’a pas été assez expliqué. Donc oui au bilan de l’ISF, comme sur le CICE. Je me félicite que Bruno Bonnell, avec un petit groupe de députés de différentes couleurs politiques, veuille le faire. Il a raison de vouloir faire des vérifications.

Il faut regarder l'efficience de l’ISF. Si ce n’est pas le cas, il faudra amender, discuter. Je vais plus loin : la France brûle. C’est un appel à la responsabilité des chefs d’entreprise que je lance. On est en train de créer une société du partage. Je pense que le monde de l’entreprise doit faire un effort. Des chefs d’entreprise me disent "s’il fallait redonner un coup de pouce à la société, je le ferais".

Il y a vraiment de la misère en France et c’est un pays riche. Je suis ravi d’ouvrir le débat sur l’ISF. Il ne faut pas avoir peur de dire "on s’est trompé et il faut amender". Si on se rend compte, au bout du compte, que la réforme de l’ISF n’a pas produit les effets escomptés, on ne doit rien s’interdire.

Y compris en rétablissant l’ISF ?
Je ne suis pas pour taxer les riches en soi. Je veux qu’ils restent en France et investissent. Mais je ne crois que ce que je vois. C’est pourquoi j’ai proposé à Bruno Bonnell de l’accompagner dans sa démarche. Avec les 307 membres du groupe LREM, on pourrait tous vérifier régionalement l’effet de la réforme de l’ISF.

Et si on constate que ce « pari » de l’ISF ne fonctionne pas suffisamment, faut-il aller jusqu'à son retour ?
Oui, ou sinon amender la réforme, par exemple en fixant l’impôt à 30 ou 50% de l’ancien dispositif. Je crois à la France solidaire. Il faut donner au pot commun.

J’encourage aussi mon gouvernement à faire une trêve sur la hausse des taxes sur les carburants. C’est obligatoire. Il y a aussi les 90 milliards d’euros d’évasion fiscale. Il faut qu’on s’y mette. Il est nécessaire de revoir également des niches fiscales d’investissement pour les plus riches.

Ces doutes sur la réforme de l’ISF sont-ils partagés par d’autres députés de la majorité présidentielle ?
Si on commence à être un petit groupe de députés qui veulent vraiment changer, les autres viendront. La politique, c’est violent. C’est un rapport de force. A un moment donné, il y a aussi un rapport de force avec sa famille politique. J’essaie juste de dire à ma famille qu’avec les gilets jaunes, on a peut-être une chance de ne pas se faire détester par 80% des Français, comme c’est arrivé avec d’autres gouvernements. J’attends ça : un gouvernement agile et souple. Pas un gouvernement qui soit figé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Patrick Vignal, député LREM : « Sur l’ISF, il ne faut pas avoir peur de dire qu’on s’est trompé »
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Patrick Vignal, député LREM : « Sur l’ISF, il ne faut pas avoir peur de dire qu’on s’est trompé »
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le