Pénibilité: feu vert de l’Assemblée nationale au futur dispositif
L'Assemblée nationale a donné jeudi son feu vert au gouvernement pour modifier par ordonnances les règles de prise en compte de...

Pénibilité: feu vert de l’Assemblée nationale au futur dispositif

L'Assemblée nationale a donné jeudi son feu vert au gouvernement pour modifier par ordonnances les règles de prise en compte de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L'Assemblée nationale a donné jeudi son feu vert au gouvernement pour modifier par ordonnances les règles de prise en compte de la pénibilité au travail, malgré les critiques de l'ensemble de la gauche et des syndicats sur le nouveau dispositif envisagé.

Les députés ont voté à main levée cet article, contenu dans le projet de loi d'habilitation visant "le renforcement du dialogue social" et pour lequel la ministre du Travail Muriel Pénicaud a assuré "ne rien lâcher sur la justice sociale", mais vouloir simplifier le dispositif pour les entreprises.

Les députés communistes, Insoumis et Nouvelle Gauche (ex-PS) ont cherché en vain à supprimer cette réforme, qui répond "à l'impatience du Medef" pour la gauche de la gauche, et fait passer d'un "système de prévention à un système de réparation" pour les ex-socialistes.

Si, comme l'a été Emmanuel Macron, "l'on travaille chez Rotschild on vieillit mieux, plus longtemps et en meilleure santé que si l'on est docker" par exemple, a lancé Sébastien Jumel (PCF).

En revanche, les élus La République en Marche ont soutenu une "amélioration" à leurs yeux permettant une application effective du compte pénibilité. "Nous sommes pragmatiques", cette solution "maintient les droits des salariés" et "sera complétée par une réforme des retraites ambitieuse", a vanté ainsi Aurélien Taché.

Les députés LR se sont aussi prononcés pour, le dispositif actuel étant, selon eux, "totalement inapplicable".

Réforme emblématique du précédent quinquennat, le compte pénibilité permet aux salariés du privé occupant un poste pénible de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel sans perte de salaire.

Avec la nouvelle mouture, annoncée samedi par le Premier ministre Edouard Philippe aux partenaires sociaux, le principe est inchangé pour six critères mais il change de façon notoire pour quatre (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques).

Les employés exposés à ces quatre risques pourront encore bénéficier d'un départ anticipé à la retraite, mais seulement quand "une maladie professionnelle a été reconnue" et quand "le taux d’incapacité permanente excède 10%".

A l'occasion du débat sur cet article, le chef de file des députés Nouvelle Gauche, Olivier Faure, a questionné la ministre sur une interview d'Emmanuel Macron publiée jeudi notamment dans Ouest France, où il affirme vouloir "basculer" en 2018 "les cotisations sociales, salariales et patronales" vers la CSG "afin de mieux rémunérer le travail". Il s'est demandé s'il s'agissait d'une erreur concernant les cotisations patronales, jusqu'à présent exclues de la réforme. La ministre a botté en touche.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le