Philippe: il serait « absurde » de ne pas réfléchir au cannabis thérapeutique
Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé vendredi qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du...

Philippe: il serait « absurde » de ne pas réfléchir au cannabis thérapeutique

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé vendredi qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé vendredi qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du cannabis thérapeutique, lors d'un voyage en Creuse où une culture de cette plante à des fins médicales fait partie des projets de développement envisagés.

"Il y a beaucoup de pays qui travaillent là-dessus, beaucoup de pays qui le permettent. Il serait absurde de ne pas se poser la question et c'est dans cet esprit que nous voulons travailler avec les porteurs du projet", a-t-il expliqué à la presse.

Aujourd'hui, 21 pays de l'Union européenne autorisent le cannabis à usage thérapeutique, mais pas la France.

"Ce qu'ont dit les porteurs de ce projet est qu'il ne fallait pas s'interdire d'imaginer l'utilisation à des fins thérapeutiques des molécules qui sont contenues par cette plante", a poursuivi M. Philippe.

"Donc évidemment, on doit pouvoir réfléchir à innover, à expérimenter en le faisant de façon très encadrée. Il ne s'agit pas du tout de mettre en péril la santé publique (...) Nous souhaitons effectuer les choses de façon très encadrée", a-t-il insisté, "vous pensez bien que l'avis des plus hautes autorités qui encadrent l'utilisation des médicaments est indispensable".

"Nous avons commencé à travailler au sein de l'Agence de sécurité du médicament à un développement du cannabis thérapeutique, qui semble pouvoir répondre à quelques douleurs chroniques chez des patients, des douleurs très difficiles à traiter. Il y a un besoin pour quelques pathologies, pour quelques maladies", a complété dans l'après-midi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en visite à Lyon.

"Nous travaillons aujourd'hui au sein de l'Agence, avec des groupes de travail de professionnels, à sécuriser, à encadrer, pour permettre le développement du cannabis thérapeutique dans notre pays. Ça n'ouvre pas évidemment au cannabis récréatif", a-t-elle ajouté, en marge de l'inauguration d'un nouveau pavillon de l'hôpital Édouard-Herriot, en service depuis septembre dans cet établissement phare des Hospices Civils de Lyon.

Ce projet de cannabis thérapeutique dans la Creuse, comme l'un des axes de développement d'un des départements les plus pauvres de France, est emmené par Eric Corréia, président du Grand Guéret.

Cet infirmier anesthésiste, formé à la prise en charge des douleurs, a rallié à sa cause d'autres élus locaux.

Edouard Philippe était en Creuse pour signer avec les élus locaux un plan pour la revitalisation du bassin d’emploi de la Creuse, initié par Emmanuel Macron en octobre 2017. Ce "plan particulier pour la Creuse" comprend ainsi la possibilité d'une "création d'une filière chanvre thérapeutique".

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe: il serait « absurde » de ne pas réfléchir au cannabis thérapeutique
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le