Philippe Martinez : « A quoi sert vraiment l’argent du quoiqu’il en coûte d’Emmanuel Macron ? »
Invité de la matinale de Public Sénat, le secrétaire général de la CGT est revenu sur la crise économique liée à la pandémie et a fustigé la stratégie du quoiqu’il en coûte gouvernemental. Pour Philippe Martinez, « les licenciements et les restructurations continuent », malgré les aides de l’Etat. Le syndicaliste espère également obtenir le retrait de la réforme de l’assurance chômage « injuste mais dans la logique de ce quinquennat », et a assuré que la CGT serait bien dans la rue le 1er mai prochain.

Philippe Martinez : « A quoi sert vraiment l’argent du quoiqu’il en coûte d’Emmanuel Macron ? »

Invité de la matinale de Public Sénat, le secrétaire général de la CGT est revenu sur la crise économique liée à la pandémie et a fustigé la stratégie du quoiqu’il en coûte gouvernemental. Pour Philippe Martinez, « les licenciements et les restructurations continuent », malgré les aides de l’Etat. Le syndicaliste espère également obtenir le retrait de la réforme de l’assurance chômage « injuste mais dans la logique de ce quinquennat », et a assuré que la CGT serait bien dans la rue le 1er mai prochain.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« A quoi sert tout cet argent qu’injecte le gouvernement dans son plan de relance ? Sert-il à maintenir l’emploi et à le développer ou bien à l’inverse à accélérer des restructurations et des licenciements ? »

Philippe Martinez est très critique envers la stratégie du quoiqu’il en coûte portée par Emmanuel Macron depuis le début de la crise sanitaire et donc économique.

« J’étais à Saint-Claude hier dans le Jura et je peux vous dire que les licenciements continuent. Comme dans l’automobile d’ailleurs où il y a eu beaucoup d’aides, et cela n’empêche pas ses grandes entreprises de restructurer en interne et de délocaliser. Au-delà du quoiqu’il en coûte, à quoi sert vraiment cet argent ? ».

 

Contre la baisse des indemnités du chômage partiel

 

Le secrétaire général de la CGT qui souhaite le maintien autant qu’il en sera nécessaire « des aides aux cafés, commerces, restaurants, hôtels, et donc à l’ensemble du secteur du tourisme car la réouverture sera beaucoup plus progressive », s’oppose également à la baisse annoncée par le gouvernement des indemnisations du chômage partiel pour les salariés de 84 à 72 % du salaire net. « Nous sommes favorables à le payer à 100 %. Les entreprises sont indemnisées à 100 % et les salariés à 84 %, il n’y a pas d’équilibre et quand on est déjà mal payé avec 100 % de son salaire, vous imaginez quand vous êtes payés à 84 % ? ».

 

« Personne ne parle de la dette des entreprises »

 

Concernant la dette publique qui est encore plus importante en raison de la crise depuis un an, Philippe Martinez considère que le problème est avant doute « la dette privée, c’est-à-dire celle des entreprises qui est bien plus importante que celle de l’Etat ». « Personne n’en parle, ça n’effraie personne. Quand une entreprise s’endette pour investir, on ne dit rien, alors que quand l’Etat s’endette pour par exemple moderniser un hôpital, donc pour le bien commun, c’est juste indispensable », a-t-il lancé en citant en exemple, même s’il n’en est « pas un adepte », la politique de Joe Biden. « Le nouveau président américain dit qu’il faut s’endetter et donc investir car les Américains ont besoin de recréer de la solidarité pour que les citoyens aient les mêmes droits. C’est le monde à l’envers ».

Le patron de la CGT a également dit tout le mal de ce qu’il pensait de la réforme de l’assurance chômage que le gouvernement souhaite voir entrer en application dès le 1er juillet prochain et qui prévoit notamment un nouveau calcul des indemnités, une dégressivité pour les hauts salaires et un bonus-malus pour les contrats courts.

 

« On pénalise ceux qui souffrent déjà car ils sont au chômage »

 

« On fait tout pour obtenir le retrait de cette réforme car c’est une réforme injuste. 1,7 million de personnes sont concernées par la deuxième partie de cette réforme. On pénalise ceux qui souffrent déjà parce qu’ils sont chômeurs, c’est scandaleux. Est-ce que vous connaissez un jeune qui vous a déjà dit que son futur métier, ce sera chômeur. On subit le chômage, on ne le choisit pas. Mais c’est dans la logique de ce quinquennat. La première réforme d’Emmanuel Macron a été de supprimer l’ISF et donc de faire un cadeau aux riches. Maintenant, on arrive à la fin de son quinquennat et la mesure qu’il prend c’est de pénaliser encore plus les chômeurs et les futurs chômeurs », a taclé Philippe Martinez.

 

La CGT dans la rue le 1er mai

 

Sur la réforme de retraites pour le moment mise de côté par le gouvernement, le syndicaliste, qui a d’ailleurs confirmé que la CGT sera bien dans la rue le 1er mai « avec les précautions sanitaires nécessaires », il a sommé le gouvernement « de ne pas jeter à nouveau de l’huile sur le feu au vu de la mobilisation de l’année dernière ». « Il y a autre chose à faire que de rallonger le temps de travail. Il faudrait plutôt le réduire pour créer des emplois », a-t-il lancé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe Martinez : « A quoi sert vraiment l’argent du quoiqu’il en coûte d’Emmanuel Macron ? »
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le