"Ouvrir un nouvel espace de dialogue politique": Edouard Philippe a reçu lundi dans sa ville du Havre son homologue Dmitri Medvedev afin de...
Philippe ouvre « un nouvel espace de dialogue avec la Russie » en recevant Medvedev
"Ouvrir un nouvel espace de dialogue politique": Edouard Philippe a reçu lundi dans sa ville du Havre son homologue Dmitri Medvedev afin de...
Par Jérémy MAROT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"Ouvrir un nouvel espace de dialogue politique": Edouard Philippe a reçu lundi dans sa ville du Havre son homologue Dmitri Medvedev afin de renouer le fil avec la Russie, après plusieurs années de différends et sanctions réciproques.
"Le président de la République Emmanuel Macron a considéré que la qualité du dialogue et de la relation bilatérale franco-russe gagnerait si nous pouvions créer de nouveaux espaces de dialogue", a plaidé le Premier ministre français lors d'une conférence de presse commune dans la ville dont il fut le maire de 2010 à 2017.
"Geler des canaux de communication, c'est la pire voie de toutes. Dans le monde actuel, la situation est pire que lors de la guerre froide. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de communication", a abondé M. Medvedev, invité pour une après-midi de consultations et de visites, avant un dîner de travail à huis clos en Normandie.
Au menu: les grands dossiers internationaux, en premier lieu l'Iran, même si leur règlement se déroule au niveau des chefs d'Etat. Philippe a dit partager avec son homologue russe "l'importance d'éviter les dérapages et de favoriser la désescalade", ce qui passe "essentiellement par du dialogue", là-aussi.
Dmitri Medvedev et Edouard Philippe au Havre, le 24 juin 2019
AFP
Cette volonté de dialogue porte d'abord sur les relations bilatérales franco-russes qui évoluent sur courant alternatif depuis l'annexion de la Crimée et le soutien de Moscou aux séparatistes de l'Est de l'Ukraine en 2014. Les séminaires intergouvernementaux, qui réunissaient les ministres des deux pays, sont gelés depuis la 18e édition en 2013.
Sur ce sujet, M. Philippe a "appelé le chef du gouvernement russe à se saisir du nouveau contexte politique en Ukraine", à la suite de l'élection du nouveau président Volodymyr Zelensky. Malgré les tensions, le chef du gouvernement français a récusé "l'idée selon laquelle la France et la Russie ne se parleraient pas. Cette musique ne correspond à rien", a-t-il assuré après avoir échangé plus d'une heure avec M. Medvedev à l'Hôtel de Ville du Havre.
- "Dynamiser" les relations -
Emmanuel Macron, qui peu après son élection en 2017 avait reçu le président Vladimir Poutine à Versailles pour la dernière visite de haut niveau russe sur le sol français à date, a récemment plaidé pour réenclencher "une discussion stratégique" et "rebâtir une nouvelle grammaire de confiance et de sécurité" avec Moscou.
Une main tendue qui intervient alors que la France accueille fin août à Biarritz le sommet du G7, autrefois G8 avant l'exclusion de la Russie.
Signe de la détente que Paris tente d'initier, conjointement avec Berlin, le soutien apporté pour éviter une sortie de la Russie du Conseil de l'Europe. Un dénouement est d'ailleurs attendu cette semaine dans cette crise.
Si aucune annonce d'importance n'était attendue de cette rencontre, elle a permis à MM. Philippe et Medvedev de faire connaissance, en visitant, sans la veste et en bras de chemise, l'emblématique bibliothèque conçue par Oscar Niemeyer, ou l'exposition consacrée au peintre havrais Raoul Dufy.
Elle offrait aussi l'occasion d'aborder une brassée de sujets, notamment économiques, alors que la France reste le premier employeur étranger en Russie grâce à l'activité de quelques grands groupes (Auchan, Renault...).
"Des marges de manoeuvre, il y en a" pour "dynamiser" ces relations, a insisté M. Philippe.
Le cas sensible de l'homme d'affaires français Philippe Delpal et celui de Gurvan Le Gall, un professeur de français originaire du Havre, se sont également invités dans la conversation, mais de manière prudente.
Gurvan Le Gall, enseignant en Russie, est actuellement jugé pour avoir voulu corrompre des policiers en raison d'un défaut d'enregistrement administratif, et placé à l'isolement. Philippe Delpal, co-fondateur d'un des principaux fonds d'investissements étrangers en Russie, Baring Vostok, est lui emprisonné, dans l'attente d'un éventuel procès pour fraude impliquant cinq autres personnes.
"J'ai indiqué quelle avait été l'émotion suscitée par ces cas", a déclaré le locataire de Matignon. Si M. Medvedev a assuré avoir "entendu les préoccupations" de M. Philippe, il a aussi balayé la question en rappelant que ces situations "relèvent du système judiciaire" russe.
Rachida Dati, candidate malheureuse de la droite et du centre à la mairie de Paris, a dénoncé mercredi une « trahison » de Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons/Renaissance avec qui elle avait fusionné sa liste au second tour mais qui avait choisi de jeter l'éponge.
Mécontent des trois scénarios définis, mardi soir, lors du bureau politique de LR, pour désigner leur candidat à l’Élysée en 2027, le président de l’Association des maires de France, lui-même candidat à la présidentielle dénonce « un vote truqué ». Il indique qu’il va s’entretenir avec Bruno Retailleau pour lui annoncer son départ du parti.
Réunis en bureau politique ce mardi 24 mars, les dirigeants de LR ont validé trois scénarios possibles pour désigner leur candidat à l'Élysée en 2027. Entre une primaire ouverte ou fermée, ou encore la nomination automatique de Bruno Retailleau, ce sera désormais aux adhérents de trancher, lors d'un vote prévu en avril.
Les sénateurs LR ont débriefé des municipales jugées réussies dans les villes moyennes, malgré les défaites de Paris et Lyon. Reste le cas de Nice, où Bruno Retailleau n’a pas appelé à battre Eric Ciotti, allié au RN. La sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone, présente sur la liste de Christian Estrosi, dénonce « l’absence de clarification de (sa) famille politique ». Le bureau politique de ce mardi soir devrait permettre quelques franches explications…