Plan dépendance : « Ça ne remplace même pas la suppression des contrats aidés »
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du Plan dépendance, présenté mercredi 30 mai par Agnès Buzyn.

Plan dépendance : « Ça ne remplace même pas la suppression des contrats aidés »

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du Plan dépendance, présenté mercredi 30 mai par Agnès Buzyn.
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Mercredi dernier, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a détaillé son plan pour « mieux prendre en charge la dépendance », suite aux grèves de début d’année des salariés de maisons de retraite, qui réclamaient plus de moyens. Astreintes d’infirmières de nuit, télémédecine, hospitalisations en Ehpad pour désengorger les urgences…toutes ces mesures ont été évoquées.

Pascal Champvert, président de l'association nationale des directeurs au service des personnes âgées (ADPA),  salue quelques avancées : « D’abord, [Agnès Buzyn] trace des perspectives et ça c’est extrêmement positif (…) Parce qu’il faut qu’on sorte de cette situation où la France est très en retard par rapport à ses voisins européens en matière de personnes âgées ».

Mais il temporise : « Là, où il y a une grosse déception, c’est sur les mesures de court terme. Vous avez dit 400 millions [d’euros]. En fait (…) il y a de l’ordre de 150 millions (…) Cela reste extrêmement modeste.  Même si on arrive à 22 000 postes (…), en imaginant qu’on y arrive, ça fait à peine huit minutes de plus de temps passé dans la journée (…) Ce qu’elle annonce, ça ne remplace même pas la suppression des contrats aidés. »  

 

Daniel  Chasseing, sénateur (Les Indépendants - République et Territoires) de la Corrèze, estime que le plan du gouvernement est une bonne amorce : « Il y a actuellement 0,6 emploi par pensionnaire (…) Ce n’est pas un problème d’organisation dans les Ehpad, c’est un problème d’emploi (…) C’est de l’humain qu’il faut. Il nous manque des infirmières et des aides soignantes. Donc, là, il y a quand même une prise de conscience. Alors, après, le financement est peut-être insuffisant mais (…) une infirmière de nuit par Ehpad, c’est déjà quelque chose »

Et de rappeler : « Les Ehpad, c’est incontournable. Il faut le maintien à domicile mais quand les personnes sont très dépendantes, elles rentrent en Ehpad et il faut les prendre en charge. On doit prendre en charge nos aînés d’autant plus qu’(…) en 2030 ils seront 1,3 million de dépendants. »

 

L’État étudie la possibilité d’une mise en place d’une seconde journée de solidarité, afin de financer l’aide aux personnes âgées.

Thierry  Amouroux, porte-parole du syndicat national des personnels infirmiers (SNPI), déjà peu convaincu par les annonces de la ministre, est contre cette idée : « Il y en a marre de faire payer toujours les mêmes (…) Il y a des choix financiers qui ont été faits. Les cinq milliards de suppression d’impôts sur la fortune, ils auraient pu être utilisés. C’est largement de quoi amorcer ce plan. Il faut vraiment mettre les moyens. Mais, par contre, il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes personnes. Aujourd’hui, on voit les familles qui payent très cher un service qui n’est pas donné, parce qu’il n’y a pas assez de personnel. On voit quand même de grands groupes financiers privés (…) réaliser des bénéfices plus que records, alors que cet argent devrait être utilisé pour améliorer les conditions de vie de nos anciens. Donc il faut un vrai plan de service public. »

 Quant à Valentine Trépied, docteure en sociologie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), elle regrette que dans ce type de plan, on oublie certains aspects importants : « Finalement, on met de côté toujours les représentations que l’on a des personnes âgées dans notre société, quelle place on veut leur donner dans cette société, quel rôle on veut leur donner. Et c’est (…) dommage parce que quand on va les interviewer, elles nous disent à quel point, elles souffrent du manque de qualité des relations sociales. »  

 Vous pouvez voir et revoir le débat sur les Ehpad, en intégralité :

Débat OVPL sur la dépendance
27:32

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