Plus de 10 000 votes invalidés au premier tour de l’élection présidentielle
Le Conseil Constitutionnel qui vérifie la bonne tenue des élections a publié mercredi 13 avril les résultats définitifs du premier tour. Si « le premier tour de scrutin s’est déroulé dimanche dernier 10 avril sans incident notable », d’après Laurent Fabius le président du Conseil Constitutionnel, les Sages ont été contraints d’annuler plus de 10 000 suffrages suite à des manquements dans plusieurs bureaux de vote.

Plus de 10 000 votes invalidés au premier tour de l’élection présidentielle

Le Conseil Constitutionnel qui vérifie la bonne tenue des élections a publié mercredi 13 avril les résultats définitifs du premier tour. Si « le premier tour de scrutin s’est déroulé dimanche dernier 10 avril sans incident notable », d’après Laurent Fabius le président du Conseil Constitutionnel, les Sages ont été contraints d’annuler plus de 10 000 suffrages suite à des manquements dans plusieurs bureaux de vote.
Public Sénat

Par Klara Durand

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

En vertu de l’article 58 de la Constitution, les sages du Conseil Constitutionnel sont chargés de veiller à la bonne tenue des élections, au respect des règles et à la validité des résultats. Mercredi 13 avril 2022, celui-ci a publié les résultats définitifs du premier tour. Il a également relevé plusieurs irrégularités, 19 au total, dans des bureaux de vote divers, entraînant l’annulation de 10.216 votes, soit 0,02 % des suffrages exprimés. En effet, pour que la tenue des élections se déroule correctement dans un bureau de vote, celui doit être composé d’un président, d’au moins deux assesseurs et d’un secrétaire. Le président et au moins un assesseur doivent être présents en permanence. Plusieurs éléments doivent également figurer dans ceux-ci comme un espace d’affichage, une table de décharge, un ou plusieurs isoloirs ainsi que des tables de vote et de dépouillement.

Pourtant, parmi les raisons de l’annulation de certains suffrages, il est possible de constater que ces conditions ne sont parfois pas respectées. A titre d’exemple, dans le bureau de vote n°15 du douzième arrondissement de Paris, dans lequel 1252 suffrages ont été exprimés, aucun membre du bureau de vote n’était présent. Une telle irrégularité étant de nature à entraîner des erreurs et à favoriser la fraude, l’ensemble des suffrages exprimés dans celui-ci a été annulé par le Conseil Constitutionnel. La même situation s’est présentée à Roisel dans la Somme lors du passage d’un magistrat délégué du Conseil constitutionnel où 422 suffrages y ont été annulés et à Beautheil-Saints en Seine-et-Marne, où 627 suffrages ont, eux aussi, été annulés après qu’un magistrat a constaté l’absence du président du bureau de vote et des assesseurs.

Dans la commune de Léchelle, dans le Pas-de-Calais, le maire organise le vote chez lui

D’autres situations sont plus inattendues, voire insolites. A l’instar de la commune de Léchelle dans le Pas-de-Calais où le maire a pris la décision d’organiser le vote chez lui et ce, sans même prévoir un isoloir. Les 30 suffrages exprimés dans cette commune ont donc été annulés. Dans la commune de Fakarava, en Polynésie française, dans laquelle 635 suffrages ont été exprimés, c’est encore une autre situation qui s’est présentée : le tract d’un candidat a été agrafé à certaines enveloppes adressées à chaque électeur contenant les déclarations des candidats ainsi que les bulletins de vote à leur nom. Ces faits étant de nature à altérer la sincérité du scrutin, le Conseil Constitutionnel a pris la décision d’invalider les suffrages exprimés dans ce bureau de vote.

Plusieurs magistrats délégués du Conseil Constitutionnel ont été également empêchés d’exercer correctement leur mission, comme dans la commune de Wail, dans le Pas-de-Calais, qui recensent 170 suffrages exprimés, où le maire a refusé de communiquer au magistrat le procès-verbal sur lequel ce dernier souhaitait porter une mention. Dans la commune de Dénipaire, dans les Vosges, dans laquelle 162 suffrages ont été exprimés, le magistrat a même été, de manière agressive indique le Conseil Constitutionnel, empêché d’exercer sa mission de contrôle par le président du bureau de vote.

A Toulouse des discordances inexpliquées dans les chiffres

Un nombre important de suffrages a également été annulé à Toulouse, en Haute-Garonne : dans un bureau de vote où plus de 1479 votes ont été exprimés, la commission départementale de recensement a relevé des discordances importantes et inexpliquées entre les chiffres inscrits dans le procès-verbal retraçant les résultats et ceux figurants dans les feuilles de dépouillement, une situation similaire s’est présentée au bureau de vote n°308 de la ville de Nice, dans les Alpes-Maritimes. D’autres risques de fraude ont aussi été relevés, par exemple, dans la commune de Secondigné-sur-Belle dans les Deux-Sèvres, où le magistrat délégué du Conseil constitutionnel a constaté, lors de son passage en fin de journée, que l’urne n’était pas verrouillée.

Enfin, des erreurs de dernière minute sont signalées par le Conseil Constitutionnel. Ainsi, dans la commune de Lieudieu, en Isère, un bureau de vote a voulu clôturer trop vite ce premier tour de l’élection présidentielle en fermant prématurément à 18h, alors que le scrutin ne peut être clos avant 19 heures. Une irrégularité qui, là aussi, a entraîné l’annulation des 192 suffrages exprimés.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Plus de 10 000 votes invalidés au premier tour de l’élection présidentielle
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le