L'épouse de François Fillon, Penelope, soupçonnée d'emplois fictifs, a touché au total plus de 900.000 euros brut comme collaboratrice de son mari et de son suppléant, ainsi qu'à la Revue des Deux Mondes, affirme Le Canard enchaîné dans son édition de mercredi.
Par ailleurs, le candidat de la droite à la présidentielle a rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires quand il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007, affirme aussi l'hebdomadaire satirique. Sa fille aînée Marie et son fils Charles auraient touché à eux deux 83.735 euros brut sur 21 mois.
Après avoir évoqué la somme de "500.000 euros brut" la semaine dernière, Le Canard chiffre désormais à 831.440 euros brut la somme perçue par Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari ou de son suppléant Marc Joulaud.
Car les rémunérations ne concernent pas seulement les périodes de 1998 à 2002, de 2002 à 2007, ainsi que 2012, comme écrit la semaine dernière par l'hebdomadaire, mais aussi les années 1988 à 1990, ainsi que 2013.
François Fillon et Marc Joulaud le maire de Sablé-sur-Sarthe à Sablé-sur-Sarthe le4 juin 2012
AFP/Archives
Dans Le Journal du Dimanche, François Fillon expliquait qu'étant devenu député de Paris, il "pensait qu'elle pourrait maintenir le lien avec la Sarthe, mais cela n'avait plus le même sens".
Pourquoi avoir mis 18 mois pour s'en apercevoir? s'interroge Le Canard, en soulignant que le contrat de travail de Penelope Fillon avait été rompu un mois pile avant l'entrée en vigueur de la loi Cahuzac, qui lui aurait imposé de déclarer les revenus de son épouse à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
L’épouse du candidat de la droite a également perçu quelque 100.000 euros brut pour un emploi au sein de la Revue des Deux Mondes, rémunéré 5.000 euros brut par mois entre mai 2012 et décembre 2013.
Au total, les emplois de Penelope Fillon sur lesquels porte l'enquête judiciaire en cours ont été rémunérés environ 930.00 euros brut.
Ces nouvelles révélations sont intervenues pendant une perquisition au bureau de François Fillon à l'Assemblée nationale, à l'issue de laquelle trois enquêteurs ont été vus s'engouffrer dans une voiture emportant des piles de documents.
- 84.000 euros pour ses enfants -
François Fillon (c) et son épouse Penelope (d), le 29 janvier 2017 à Paris
AFP
François et Penelope Fillon avaient été entendus lundi séparément à Versailles dans les locaux du Groupe d'intervention régional (GIR) par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF).
L'enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel a été ouverte mercredi 25 janvier par le parquet national financier (PNF) et les investigations confiées aux enquêteurs de l'OCLCIFF.
Ces investigations doivent permettre de déterminer si Penelope Fillon a effectivement exercé une activité pendant les années où elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari, puis de Marc Joulaud à l'Assemblée nationale, de 1998 à 2007 dans un premier temps, puis de 2012 à 2013 quand l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a retrouvé les bancs de l'opposition comme député de Paris.
Les deux enfants du couple employés entre 2005 et 2007, Marie et Charles Fillon, n'ont pas, selon Le Canard enchaîné, effectué des "missions précises" pour leur père, comme ce dernier l'avait affirmé jeudi dernier sur TF1, mais ont été embauchés pour un emploi à plein temps. François Fillon avait par ailleurs assuré qu'ils étaient "avocats", alors qu'ils ne l'étaient pas encore.
D'octobre 2005 à décembre 2006, la fille aînée des Fillon a touché 57.084 euros brut, soit environ 3.800 euros brut par mois pendant quinze mois. Leur fils Charles a lui perçu 26.651 euros brut de janvier à juin 2007, soit 4.846 euros brut par mois.
Le "salaire moyen" d’un assistant parlementaire se situe entre 2.200 et 2.600 euros net, d'après les syndicats.
Le Canard affirme en outre que, sur cette période 2005-2007, l'activité sénatoriale de François Fillon s'est résumée à "0 intervention, 0 proposition de loi, 0 rapport, 1 question et 1 seul amendement".
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