Politique de la ville : « C’est une politique globale » déclare Jacques Mézard
Lors du Conseil des ministres mercredi, le gouvernement s’est penché sur le sujet brûlant des banlieues et a dressé un bilan d’étape de ses actions dans le domaine.

Politique de la ville : « C’est une politique globale » déclare Jacques Mézard

Lors du Conseil des ministres mercredi, le gouvernement s’est penché sur le sujet brûlant des banlieues et a dressé un bilan d’étape de ses actions dans le domaine.
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Par Maud Larivière

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Jacques Mézard ministre de la Cohésion des territoires, et Julien Denormandie son secrétaire d’État, ont communiqué sur la politique de la ville à l’occasion du compte rendu du Conseil des ministres, mercredi. Au cœur de leur discours : les banlieues. « Nous avons déjà pris nombre de mesures » déclare le ministre, qui revient sur les dispositifs adoptés par le gouvernement pour remédier à la situation des quartiers prioritaires de la ville.

« Des mesures fortes » pour les banlieues

Un des objectifs de cette politique, « est d’accélérer les procédures, de faciliter les démarches du conseil administratif de l’Anru, et de passer de 24 ou 30 mois d’instruction, à moins d’un an, dans tous les cas » explique l’ancien sénateur. Il annonce également que le gouvernement vient de conclure le financement du Nouveau programme national de renouvellement urbain (Npnru). « C’est le passage de 5 à 10 milliards d’euros, essentiels pour relancer la construction et la rénovation urbaine » affirme-t-il. « C’est acté, c’est signé ».

Concernant le volet sécurité, le ministre de la Cohésion des territoires estime qu’il « y a des mesures à prendre » pour éviter que persiste une « situation intolérable » pour les habitants, et les liste :

  • Création de 1300 postes de policiers gendarmes d’ici 2020 dans 60 quartiers de reconquête républicaine, avec la police de sécurité au quotidien.
  • Dès la rentrée 2018, mise en œuvre d’un plan de lutte contre le crime organisé et l’économie souterraine.
  • Cohésion entre la police et la population, en augmentant le nombre de délégués cohésion-réservistes de la police nationale.

Le volet éducatif n’est pas en reste. En coordination avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, des « mesures fortes » ont été prises, rappelle Jacques Mézard.

  • Le dédoublement des classes en CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaires et prioritaires +
  • La création de places en crèche, avec un bonus de 1000 euros dans les quartiers prioritaires
  • 2 adultes par classe en maternelle dans 60 quartiers en grande difficulté
  • 30 000 offres de stage pour les collégiens de 3ème en rep +
  • La création de cités éducatives dans une soixantaine de quartiers

« C’est une politique globale » estime le ministre de la Cohésion des territoires, avant de préciser qu’« elle se déclinera de manière interministérielle ».

Le cri d’alerte des sénateurs Dallier et Kanner

Le sénateur LR de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier, et le sénateur PS du Nord, Patrick Kanner, alertent sur l’urgence d’agir dans les quartiers populaires, lors d’une interview accordée au Parisien, mercredi.

« Nous n’avons toujours pas compris quelle était la vision globale du gouvernement » confie Patrick Kanner. « Il y a un double langage entre les principes affichés et les choix budgétaires et donc politiques qui sont mis en œuvre » commente Philippe Dallier qui ajoute : « Le gouvernement fait de l’homéopathie, alors que, comme le préconisait le rapport Borloo, c’est un traitement de choc qu’il aurait fallu. Car il y a le feu à la maison ! ». Tous deux sont d’accord sur le fait que c’est à l’État d’intervenir, et qu’il est le seul capable de « rétablir les conditions de l’égalité, en donnant plus à ceux qui ont moins ».

Leur cri d’alarme se traduit par un colloque, jeudi, au Sénat, intitulé : « Banlieues : pour un électrochoc républicain ».

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