Pour A. Champremier-Trigano « Quand Nicolas Hulot marque des points, il n’est pas capable de l’exprimer, quand il en perd, il s’en réjouit »
Star du gouvernement à son arrivée, les débuts de Nicolas Hulot au ministère de la Transition et de l’écologie suscitaient des espoirs et très vite des interrogations sur sa capacité à porter ses convictions. Sur le renoncement à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le ministre s’est clairement effacé alors que la décision du gouvernement aurait pu être sa victoire. Concernant l’interdiction du glyphosate, après s’être défendu auprès d’agriculteurs en colère sur les Champs-Élysées, il a plutôt donné l’impression d’ « avaler une couleuvre » lorsque le gouvernement a décidé de ne pas inscrire le pesticide dans la loi Agriculture et Alimentation. Autant de revers qui semblent affaiblir le ministre et qui interrogent sur ses compétences. Retour sur l’année politique de Nicolas Hulot et sa communication sur ces dossiers épineux.  

Pour A. Champremier-Trigano « Quand Nicolas Hulot marque des points, il n’est pas capable de l’exprimer, quand il en perd, il s’en réjouit »

Star du gouvernement à son arrivée, les débuts de Nicolas Hulot au ministère de la Transition et de l’écologie suscitaient des espoirs et très vite des interrogations sur sa capacité à porter ses convictions. Sur le renoncement à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le ministre s’est clairement effacé alors que la décision du gouvernement aurait pu être sa victoire. Concernant l’interdiction du glyphosate, après s’être défendu auprès d’agriculteurs en colère sur les Champs-Élysées, il a plutôt donné l’impression d’ « avaler une couleuvre » lorsque le gouvernement a décidé de ne pas inscrire le pesticide dans la loi Agriculture et Alimentation. Autant de revers qui semblent affaiblir le ministre et qui interrogent sur ses compétences. Retour sur l’année politique de Nicolas Hulot et sa communication sur ces dossiers épineux.  
Public Sénat

Par Prescillia Michel

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Notre-Dame-des-Landes : une victoire « très » discrète pour Nicolas Hulot

Le 17 janvier dernier, Édouard Philippe annonce l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Cette décision aurait dû être une victoire pour le ministre de l’écologie qui s’est toujours battu contre ce projet. Pourtant, il ne la revendique pas pour autant, se disant même dans les médias, « effacé » sur le dossier.

20_annonce_abandon_projet_nddl.jpg
AFP

Pour Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, « il n’est pas là pour défendre sa vision mais pour défendre l’environnement » sur ce projet, c’est son rôle de ministre.
Pour elle, son absence au moment des débats puis sa réaction lors de l’abandon du projet révèlent les difficultés de Nicolas Hulot à être membre du gouvernement.

Un point de vue partagé par le communicant Arnauld Champremier-Trigano. Dans ce dossier, « Nicolas Hulot fait la démonstration qu’il n’est pas fait pour ce poste. Il n’en a ni les codes, ni les envies, ni les réflexes ».
Une communication qui tranche avec celle du Premier ministre, que le communicant salue : « lui n’a pas fait de la novlangue politique mais a assumé les mots abandon et renoncement ».
D’autant plus que, selon l’hypothèse de Corinne Lepage : « ce ne sont pas les raisons environnementales qui ont été mises en avant dans la décision de l’abandon du projet. Ce sont plutôt les raisons économiques ».
Le rôle de ministre de la Transition écologique n’a donc été ni visible sur ce dossier, ni décisif pour la cause environnementale.

Glyphosate : « Nicolas Hulot perd un point et il s’en réjouit »

Si Nicolas Hulot ne sait pas revendiquer ses victoires, visiblement il ne sait pas revendiquer non plus ses défaites. Exemple avec le glyphosate. L’interdiction de ce pesticide sous 3 ans n’a pas été inscrite dans la loi Agriculture et Alimentation votée le 29 mai dernier. Pourtant, selon Nicolas Hulot, « l’objectif n’est pas remis en cause ».

ajout_25_hulot_senat_glyphosate.jpg
PUBLIC SENAT

Pour Corinne Lepage, le ministre se voile la face quand il affirme « l’objectif n’a pas changé, ce sera toujours interdit dans trois ans ». Car pour elle, si cela avait été l’objectif de la majorité, « il serait inscrit dans la loi ».
De plus, l’ancienne ministre explique : « Si vous ne mettez pas un point dans la loi, vous pouvez être sûrs que ce n’est pas appliqué du tout ».

Arnauld Champremier-Trigano ajoute : Nicolas Hulot « perd le point et pourtant il s’en réjouit ».
Sur ce dossier, il avait deux solutions qui s’offraient à lui, comme le souligne le fondateur de l’agence Faubourg :

« Soit on se dit, il colle au gouvernement, au président et au Premier ministre en épousant ce qui a été décidé. Soit, et moi c’est plutôt l’impression que j’ai, comme on lui a oralement promis l’interdiction du glyphosate, pour lui c’est pareil ».

L’excès de confiance affiché par le ministre sur un engagement moral « n’est donc pas le fait d’un homme politique » assure le communicant.
Sur ces deux dossiers, Nicolas Hulot ne recueille donc pas le soutien de l’opinion publique, comme le souligne Gaël Sliman de l’institut Odoxa.
Si les Français doutent, le ministre se pose également des questions sur son avenir au gouvernement. L’heure du bilan viendra « cet été », échéance fixée par Nicolas Hulot à maintes reprises dans les médias.

Retrouvez l’intégralité de l’émission Déshabillons-Les, Hulot : le dur métier de ministre, samedi 23 juin à 15h sur Public Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Pour A. Champremier-Trigano « Quand Nicolas Hulot marque des points, il n’est pas capable de l’exprimer, quand il en perd, il s’en réjouit »
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le