Pour Marc Tarabella, député européen belge : « Paris déconsidère l’Europe »
Au lendemain du référendum sur le Brexit et des 60 ans du traité de Rome, le sujet européen semble pourtant être un des grands absents de la campagne. Pourtant, seule certitude commune aux candidats de gauche comme de droite, il faut changer l’Europe ou la quitter. Mais qu’en est-il de la refondation du projet européen ? Comment les conceptions françaises sur l’Union européenne sont-elles appréhendées par les députés et journalistes étrangers ?

Pour Marc Tarabella, député européen belge : « Paris déconsidère l’Europe »

Au lendemain du référendum sur le Brexit et des 60 ans du traité de Rome, le sujet européen semble pourtant être un des grands absents de la campagne. Pourtant, seule certitude commune aux candidats de gauche comme de droite, il faut changer l’Europe ou la quitter. Mais qu’en est-il de la refondation du projet européen ? Comment les conceptions françaises sur l’Union européenne sont-elles appréhendées par les députés et journalistes étrangers ?
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Paris n’est pas le centre de l’Europe

Alors que le leitmotiv de refonte de l’Union apparaît dans un grand nombre de programmes, seul Emmanuel Macron, candidat du mouvement « En Marche », considère l’Europe comme un « acquis essentiel » à l’avenir de notre pays. Pour autant, il ne nie pas qu’ « un sentiment de distance s’est développé à l’égard de l’Union européenne ». C’est aussi ce dont témoigne Marc Tarabella, député européen belge et membre du Parti socialiste européen :

« Le projet européen est en panne depuis une dizaine d’années […] Je peux regretter effectivement que l’Europe n’ait pas la place qu’elle mériterait dans le débat français […] La France commet l’erreur que ne commet pas l’Allemagne. En Allemagne, ils savent où est l’intérêt européen : c’est le marché intérieur, le marché international, l’environnement, l’industrie... Mais Paris déconsidère l’Europe. Paris c’est le centralisme parisien […] Paris n’est pas le centre du monde ni le centre de l’Europe ».

La rupture du couple franco-européen?

Mais si la France néglige quelque peu l’Europe, quel regard porte l’Union sur l’hexagone ?  Comment se positionne t-elle notamment face à la montée du populisme ?
L’Europe ne s’engage pas assez, déplore David Caretta. Ce journaliste italien et correspondant à Bruxelles de la Radio radicale regrette que Bruxelles ne se positionne pas plus au sujet des élections françaises.

David Caretta illustre cette forme de désengagement par la question épineuse des travailleurs détachés. « On parle en France de plus ou moins 180 000 travailleurs qui viennent d’autres pays. Mais la France est aussi le troisième exportateur». Notons, en effet, que près de 300 000 travailleurs français détachés travaillent aujourd’hui dans toute l’Europe. « On oublie de dire, reprend t-il, que si on a des violations des règles européennes et nationales, ce n’est pas à cause de l’Europe mais à cause de la France qui n’a pas un nombre suffisant d’inspecteurs du travail. […] La responsabilité est celle des Etats membres » conclue-t-il.

Pour autant, de plus en plus nombreuses sont les aspirations à une refonte de l’Union ou à un Frexit. La France, qui connaît une crise des valeurs européennes, peut-elle néanmoins souffrir la montée du populisme et l’élection de Marine Le Pen ? Si Andreas Schwab, député européen allemand et membre du Parti populaire européen, ne croit pas en la victoire du Front National, il admet cependant que « le risque est plus grand que jamais. Dans un monde globalisé, on doit travailler ensemble si on veut faire ce que la France propose et si on veut défendre nos valeurs. La seule chose que l’on puisse faire c’est de travailler ensemble. Seuls on sera perdus ».

 

Que fera le candidat victorieux ? Choisira t-il de renouveler ses vœux pour la 61ème fois avec l’Europe ?

 

Retrouvez le débat sur la place de l’Union européenne dans la campagne présidentielle française dans l’émission Europe Hebdo sur Public Sénat vendredi 7 avril à 7h et 11h.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le