Société
Il y aura bien un débat. Alors que les députés ont entamé la seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, les sénateurs n’auront pas recours à une question préalable, lors du retour du texte, la semaine du 30 mars.
Le
Par Sébastien Theme
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« Le cercle s’élargit, le centre s’approfondit, avec, comme conséquence, une commotion intense des dates. La réalité me rattrape, le désir m’emporte. La réalité est une passion triste, le désir un réel joyeux. Je quitte peu à peu le cercle, je dépasse la noria des images et des gestes, je rejoins le Centre. Et là, d’un coup, le monde nouveau se déploie. »
À 81 ans, après avoir publié une soixantaine de romans et d’essais, il fait paraître chez Gallimard, Au Centre, l’occasion de s’interroger avec lui sur la place du centre aujourd’hui dans la France de Macron, mais aussi et surtout sur le centre de l’âme humaine pour cet amoureux de la psychanalyse… au fond sur ce qui le pousse à écrire depuis de nombreuses décennies.
Grand défenseur d’auteurs « maudits » : Sade, Céline ou même Michel Houellebecq habitent son panthéon personnel, loin de la morale et de la bienséance imposées par nos sociétés modernes.
Il s’est d’ailleurs soumis sans effort à notre questionnaire de Sade…
Et s’il fallait revenir au commencement, à ses débuts… comprendre quel jeune auteur il était, ce qu’il recherchait, on trouverait certainement toutes les réponses dans sa rencontre déterminante avec Jean-Paul Sartre.
Mais Philippe Sollers n’est pas tourné vers le passé au contraire, c’est aussi dans la littérature d’aujourd’hui qu’il puise une inspiration sans borne et notamment grâce à son travail d’éditeur chez Gallimard. Il nous a confié son dernier coup de cœur/coup de poing littéraire : Le Lambeau de Philippe Lançon, survivant de l’attentat de Charlie Hebdo.
« J’ose l’avouer : je vis chaque minute comme une préparation à être savouré par le néant. Il m’attend, il salive, je suis sa proie préférée, je lui dois tout, même si rien n’est tout. Aucun désespoir, le soleil brille, et voici le soir charmant, ami du criminel. Pas de four crématoire, mon squelette a le droit de penser. »
Enfin c’est avec délectation que Philippe Sollers envisage les derniers instants de sa vie et c’est d’ailleurs ainsi qu’il aimerait que la mort soit attendue par nous autres, loin de la peur, loin des pleurs...
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