Poutine, l’homme qui veut ressusciter l’URSS, à tout prix
Depuis quelques années, Vladimir Poutine affiche une volonté assumée de revenir sur le devant de la scène internationale, faisant ressurgir des réminiscences de la guerre froide. 25 ans après, en a-t-on réellement terminé avec l’empire soviétique ? En quoi cet héritage est aujourd’hui utilisé et réhabilité par le pouvoir russe ? En intervenant en Ukraine et en Syrie, quels sont les réels objectifs du président Poutine ? Nora Hamadi et ses invités, Jean Radvanyi, professeur à l’Inalco, Marc Semo, journaliste en charge des questions diplomatiques au Monde, et Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut français de géopolitique, ouvrent le débat.

Poutine, l’homme qui veut ressusciter l’URSS, à tout prix

Depuis quelques années, Vladimir Poutine affiche une volonté assumée de revenir sur le devant de la scène internationale, faisant ressurgir des réminiscences de la guerre froide. 25 ans après, en a-t-on réellement terminé avec l’empire soviétique ? En quoi cet héritage est aujourd’hui utilisé et réhabilité par le pouvoir russe ? En intervenant en Ukraine et en Syrie, quels sont les réels objectifs du président Poutine ? Nora Hamadi et ses invités, Jean Radvanyi, professeur à l’Inalco, Marc Semo, journaliste en charge des questions diplomatiques au Monde, et Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut français de géopolitique, ouvrent le débat.
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Par Julie Philippe

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Depuis son arrivée à la tête de la Russie, Vladimir Poutine a tenté d’incarner un homme fort, et n’a eu de cesse de vouloir « remettre de l’ordre ».  Pour y parvenir, il s’est appuyé sur « un sentiment très profond dans  l’opinion publique : celui de l’humiliation et de la déchéance », explique Marc Semo. Jean Radvanyi, professeur à l'INALCO, abonde dans son sens : au début des années 1990 et 2000, la population russe a subi deux crises économiques, a perdu des territoires qu’elle considérait comme les siens ; elle est de fait « traumatisée du point de vue économique, social et idéologique ». Une situation dont Vladimir Poutine s’est servie pour affirmer son autorité.

Pour asseoir son pouvoir, l’homme fort du Kremlin a également cherché le consensus et la cohésion pendant plusieurs années, sans afficher de réelle idéologie, note Jean Radvanyi. Le conflit en Ukraine a fini par faire voler en éclat ce consensus, et symbolise désormais « la volonté (de Poutine) de reprendre le contrôle de l’ex-URSS »,  remarque Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur en géopolitique. Si cette volonté n’a jamais réellement cessé depuis la fin de l’empire soviétique, elle est plus marquée lorsque les intérêts stratégiques de la Russie sont en jeu. Par ailleurs, l’Ukraine est un symbole très fort : « Pour les Russes, elle est le berceau de la Russie », rappelle enfin Marc Semo, journaliste au Monde.

« Moscou a perdu le monopole d’influence sur une vaste région »,  affirme Jean Radvanyi. Or ses intérêts en tous genres sont liés à cette région. Pour le chercheur, plus que ressusciter l’URSS, Poutine veut surtout influer sur les choix de ses voisins. Pour se protéger de Moscou, les pays voisins de la Russie, se sont rapprochés de l’Union européenne. Il assure toutefois que de bonnes relations entre l’Ukraine et la Russie sont nécessaires au bon développement du pays.

Outre l’Ukraine, l’intervention du Kremlin en Syrie a des visées géostratégiques. « Il s’agit pour la Russie de conforter une Syrie utile dans une logique russe, et certainement pas de se battre en priorité contre l’Etat Islamique », assure Jean-Sylvestre Mongrenier. Objectif affiché là aussi : affirmer son statut de grande puissance. Un objectif facilité par l’absence d’intervention des puissances occidentales, selon Marc Semo.

Retrouvez l’émission Un Monde en Docs consacrée à la Russie samedi 17 décembre à 22h sur Public Sénat. L’émission sera rediffusée le dimanche 18 décembre à 19h.

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