Présidentielle: à Blois, Hamon enclenche le mode participatif
Benoît Hamon a concrétisé sa volonté d'impliquer les électeurs dans sa campagne en inaugurant un long exercice de questions-réponses avec la...

Présidentielle: à Blois, Hamon enclenche le mode participatif

Benoît Hamon a concrétisé sa volonté d'impliquer les électeurs dans sa campagne en inaugurant un long exercice de questions-réponses avec la...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT et Anaïs MORAN

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Benoît Hamon a concrétisé sa volonté d'impliquer les électeurs dans sa campagne en inaugurant un long exercice de questions-réponses avec la salle lors d'une réunion publique à Blois mardi, à l'ouverture des inscriptions pour intégrer son "conseil citoyen".

A la Halle aux Grains de Blois, devant quelque 600 personnes, une grande vasque transparente garnie de petits papiers sur le côté de la scène donnerait presque un air de loto géant au meeting de Benoît Hamon.

"Numéro 236", appelle le présentateur de cette soirée "Agora live", ouverte par une brève introduction du candidat socialiste à la présidentielle, et rythmée par les questions du public tirées au sort.

"C'est sans filet", prévient en préambule Benoît Hamon. "Euh, en fait, j'ai oublié ma question": le premier intervenant, qui comme 281 autres personnes avait déposé un ticket pour interroger le député des Yvelines, en donne la preuve d'entrée.

Au fur et à mesure de la soirée, les interpellations se succèdent et permettent au candidat de détailler son programme: revenu universel, justice, dépendance des personnes âgées, abrogation de la loi travail...

Ce format original de réunion publique correspond à une idée que Benoît Hamon martèle depuis sa campagne de la primaire socialiste élargie: "Permettre aux citoyens de faire irruption dans le processus démocratique", introduire "davantage de démocratie participative".

Une innovation qui se veut plus significative que le goût pour la technologie de Jean-Luc Mélenchon: "C'est bien beau de faire un hologramme pour faire comme dans Star Wars, mais qu'est ce que cela apporte au débat politique?" demande un proche de M. Hamon, dans une pique au leader de la France insoumise qui avait tenu il y a deux semaines un double meeting simultané, en chair et en os à Lyon, en version hologramme à Paris.

M. Hamon a fait de la démocratie participative un axe fort de sa campagne. Il avait détaillé il y a dix jours un organigramme faisant la part belle à une "gouvernance citoyenne" et comprenant notamment un "conseil" de 40 personnes tirées au sort.

L'appel à candidatures pour ce conseil citoyen a été lancé mardi soir, les volontaires devant s'inscrire sur le site conseilcitoyenhamon2017.fr pour fournir au candidat de nouvelles propositions sur 9 thématiques: le "burn-out, la légalisation du cannabis, la PMA pour les couples de lesbiennes, le logement insalubre", égrène un proche du candidat. Ils évalueront aussi les mesures existantes du candidat dans ces domaines.

"On ne reviendra pas sur le socle du programme, mais on veut l'enrichir", explique ce même proche.

- 'Partir du terrain' -

Après avoir signé une charte d'engagement, les 40 membres du "conseil citoyen" se réuniront deux fois au mois de mars, avant une troisième réunion de conclusion.

Benoît Hamon anime une séance de questions-réponses avec la salle lors d'une réunion publique à Blois, le 21 février 2017
Benoît Hamon anime une séance de questions-réponses avec la salle lors d'une réunion publique à Blois, le 21 février 2017
AFP

Sur le même site internet, les électeurs pourront aussi voter en ligne pour les propositions soumises par d'autres citoyens.

"C'est sûr que c'est une bonne idée, ça partirait vraiment du terrain, ce serait plus concret et plus efficace", estime Annie Nouvellon, une retraitée de 63 ans présente à Blois. "Mais tout le monde ne peut pas prétendre avoir de bonnes idées. Moi en tous cas, je me dis que je n'en suis pas capable", nuance-t-elle.

"On peut être un peu sceptique, c'est une idée novatrice donc ça ressemble un peu à de la com'. Et puis nos hommes politiques n'arrivent déjà pas à mettre en place leurs idées, pourquoi les citoyens y arriveraient?", soupire Vincent Vergeon, un fonctionnaire de 49 ans.

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