Présidentielle: Bruxelles dit ‘ouf’ même si la défiance anti-UE persiste
Le soulagement était palpable lundi à Bruxelles après la qualification du pro-européen Emmanuel Macron pour la finale de la présidentielle...

Présidentielle: Bruxelles dit ‘ouf’ même si la défiance anti-UE persiste

Le soulagement était palpable lundi à Bruxelles après la qualification du pro-européen Emmanuel Macron pour la finale de la présidentielle...
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Par Alix RIJCKAERT

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Le soulagement était palpable lundi à Bruxelles après la qualification du pro-européen Emmanuel Macron pour la finale de la présidentielle française, même si le scrutin a une nouvelle fois illustré une forte défiance face à l'UE.

La dirigeante d'extrême droite du Front national, Marine Le Pen, s'est qualifiée dimanche pour le deuxième tour avec 7,6 millions de voix (21,53%), derrière M. Macron (23,75%).

Avec le score important du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,64%), le vote de défiance face à l'Union européenne d'aujourd'hui dépasse les 40%, souligne Catherine Fieschi, directrice du centre de recherche sur les populismes Counterpoint, basé à Londres.

L'empressement avec lequel les dirigeants européens ont adressé dimanche soir leurs félicitations à Emmanuel Macron illustre l'inquiétude qui régnait quant à l'essor des mouvements populistes et europhobes, après le référendum sur le Brexit et l'élection aux Etats-Unis de Donald Trump.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 6 avril 2017
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 6 avril 2017
AFP/Archives

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est même sorti de la réserve habituelle pour féliciter dès dimanche soir le candidat centriste et lui souhaiter "bon courage pour la suite". Marine Le Pen "vise la destruction de l'Europe", a justifié lundi son porte-parole, Margaritis Schinas.

"Bruxelles était inquiet, il y a un soulagement", mais "il ne faut pas crier victoire car le second tour n'est pas joué", a pour sa part souligné le commissaire européen à l'Economie, le Français Pierre Moscovici (socialiste), en appelant à voter en faveur de M. Macron.

- 'Electeurs aliénés' -

Il faut "combattre pied à pied les impostures du Front national : l'imposture du Frexit (sortie de la France de l'UE sur le modèle du Brexit, ndlr) et de la sortie de l'euro", a-t-il insisté, jugeant "assez effrayant" que "7,6 millions de Français (aient) mis ce bulletin dans l'urne".

Le président du Parlement européen Antonio Tajani signe le nouveau Traité de Rome avec les 27 pays membres de l'UE, le 25 mars 2017 à Rome
Le président du Parlement européen Antonio Tajani signe le nouveau Traité de Rome avec les 27 pays membres de l'UE, le 25 mars 2017 à Rome
AFP/Archives

"Il ne faut pas sous-évaluer le vote Le Pen parce qu'il est l'indice d'un mécontentement qui se manifeste non seulement en France, mais dans beaucoup de pays européens", a constaté de son côté le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

En Autriche, le parti d'extrême droite autrichien FPÖ a célébré "un nouveau succès" pour "le printemps patriotique en Europe". "Les vieux partis de l'establishment et leurs représentants discrédités vont graduellement disparaître jusqu'à devenir insignifiants dans toute l'Europe", a espéré son président Heinz-Christian Strache.

Après la victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'UE en juin 2016 et la saga présidentielle autrichienne, finalement remportée par un écologiste face au FPÖ en décembre, les formations europhobes espéraient engranger victoire sur victoire en 2017, marquée par des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne (en septembre prochain).

Mais comme Marine Le Pen dimanche, le dirigeant d'extrême droite néerlandais Geert Wilders, longtemps donné en tête par les sondages, est arrivé deuxième lors des législatives à la mi-mars. Il a toutefois engrangé "500.000 électeurs de plus (qu'en 2012) à un moment où il y a très peu de chômage et où les Pays-Bas vont bien", souligne Catherine Fieschi.

"Même quand il y a une reprise économique en Europe, comme c'est actuellement le cas, cette reprise ne semble avoir aucun impact sur la déception et la mobilisation des électeurs populistes", analyse-t-elle.

"A moins de faire une politique plus proche de gens, en traitant leurs problèmes au quotidien, comme la question des services publics ou la façon dont ils se sentent valorisés socialement, ces électeurs vont se sentir de plus en plus aliénés", juge-t-elle.

Mais d'autres voient un tournant dans la présidentielle française, que M. Macron pourrait remporter, selon les sondages, avec plus de 60% des voix au deuxième tour le 7 mai prochain.

Présentation du duel du second tour avec cartes des résultats de chaque candidat par département au premier tour, sondage pour le second tour et résultats des autres candidats
Présentation du duel du second tour avec cartes des résultats de chaque candidat par département au premier tour, sondage pour le second tour et résultats des autres candidats
AFP

"Après les élections aux Pays-Bas et en Autriche, et alors que (la formation populiste) AfD chute dans les sondages en Allemagne, le premier tour en France suggère que les populistes ont perdu énormément de terrain en 2017", estime Stefan Kreuzkamp, analyste chez Deutsche Asset Management.

"Le pire de la vague de colère populiste pourrait bientôt être passé en Europe", veut croire aussi Holger Schmieding, analyste chez Berenberg.

Et l'élection de "l'europhile" Emmanuel Macron "pourrait insuffler une nouvelle vie au +moteur+ franco-allemand", prédit Giles Merritt, directeur du centre de réflexion Friends of Europe.

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