Largement distancé dans les sondages à quatre semaines du premier tour de la présidentielle, le candidat de la droite François Fillon veut...
Présidentielle: Fillon attaque l’exécutif pour remobiliser son camp
Largement distancé dans les sondages à quatre semaines du premier tour de la présidentielle, le candidat de la droite François Fillon veut...
Par Baptiste PACE
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Largement distancé dans les sondages à quatre semaines du premier tour de la présidentielle, le candidat de la droite François Fillon veut mobiliser son camp en adoptant une stratégie offensive contre l'exécutif, qu'il accuse de comploter contre lui.
Après avoir dénoncé jeudi soir l'existence d'un "cabinet noir" de l'Élysée, qui ferait fuiter dans la presse les affaires judiciaires engluant sa campagne depuis deux mois, l'ancien Premier ministre a jugé "probable" samedi d'avoir été placé sur écoutes par l'exécutif, des accusations pas forcément du goût de tous à droite.
"Plus on m’attaque, plus je suis en forme", a lancé, bravache, le candidat des Républicains (LR) ce week-end lors de la visite d’une exploitation agricole au Pays Basque où, en plus du traditionnel concert de casseroles d'opposants, il a aussi été accueilli avec des jets d’oeufs et de tomates.
"Je les encourage à continuer", a même ajouté François Fillon lors de la table ronde avec les exploitants. L’ancien Premier ministre est persuadé que les Français, particulièrement le coeur de son électorat, sont "en colère" face à cet "acharnement" qui confine, à ses yeux, à la "confiscation démocratique".
En grande difficulté, François Fillon ne retient plus ses coups. En dénonçant sur France 2 un "cabinet noir" exploitant, depuis l’Élysée, les affaires judiciaires contre lui, le candidat a déjà fait sortir François Hollande de sa réserve, le chef de l'État le jugeant "en-deçà" de la "dignité" et de la "responsabilité" qui siéent à une campagne présidentielle.
"Bienvenue place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat" au Salon du Livre de Paris le 24 mars 2017
AFP
M. Fillon dit s’appuyer sur un livre ("Bienvenue Place Beauvau", Robert Laffont) écrit par trois journalistes, dont deux du Canard enchaîné. "Il hurle contre le Canard sur ses affaires et là, il s’appuie sur un livre de deux journalistes… du Canard, qui n’apporte aucune preuve. Cherchez l’erreur", glisse un député LR.
Mais l’ancien Premier ministre promet de continuer. "Nous sommes en train d’identifier toutes les infractions qui sont mentionnées dans le livre et, dans les jours qui viennent, nous rendrons publique la liste de ces infractions et on demandera qu’une enquête soit ouverte", a-t-il confié en petit comité.
- Une stratégie loin de faire l'unanimité -
L’ancien Premier ministre a même évoqué l’hypothèse d’avoir été placé sur écoutes par l'exécutif. "C’est une probabilité extrêmement forte", soutient le député LR Éric Ciotti, tout en admettant n'avoir "personnellement" "pas d’éléments" pour étayer cette accusation grave.
François Hollande à l'Elysée le 23 mars 2017 à Paris
POOL/AFP
François Hollande, grand manoeuvrier des affaires contre Fillon ? "Je n'irai pas jusque là", rectifie prudemment François Baroin (LR).
L’angle d’attaque ne fait effectivement pas l’unanimité dans les rangs de la droite. "C’est amusant de voir la droite parler de cabinet noir quand on connaît les pratiques sous Sarkozy", glisse un député LR.
"Ce côté complotiste, ces attaques contre Hollande, ça va plaire à une partie de l’électorat de droite mais ce ne sont pas eux qu’il faut convaincre. Ceux-là voteraient Fillon même s’il était accusé de meurtre", abonde un ancien ministre de François Fillon.
François Fillon fait un discours à Biarritz le 24 mars 2017
AFP
Les adversaires sont encore plus sévères. "Je ne crois pas du tout qu’il y ait une manoeuvre orchestrée. Je pense simplement que François Fillon s’est mis dans une situation impossible, intenable, dont il aurait dû tirer les conclusions depuis longtemps", a estimé dimanche François Bayrou, qui a rallié Emmanuel Macron, en déplorant que son ancien ami s'enferme dans "la théorie du complot".
La présidente (LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a, elle, fait savoir qu'elle déposerait plainte, se disant "victime d'une tentative de déstabilisation politique" de la part de l'exécutif et de son ancien adversaire PS Claude Bartolone, après la fuite dans la presse de l'arrestation de son fils en possession de cannabis, épisode narré dans le livre.
Rien à voir, cependant, avec les affaires entourant François Fillon et son épouse Penelope. Celle-ci est attendue cette semaine chez les juges d’instruction, en vue d'une éventuelle mise en examen dans l’affaire des emplois présumé fictifs de collaborateurs parlementaires.
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