Présidentielle : l’abstention reste une clé du second tour
L'abstention reste une clé du second tour de l'élection présidentielle dimanche, mais les experts doutent qu'elle puisse constituer une réserve...

Présidentielle : l’abstention reste une clé du second tour

L'abstention reste une clé du second tour de l'élection présidentielle dimanche, mais les experts doutent qu'elle puisse constituer une réserve...
Public Sénat

Par Dominique CHABROL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'abstention reste une clé du second tour de l'élection présidentielle dimanche, mais les experts doutent qu'elle puisse constituer une réserve de voix où Marine Le Pen pourrait trouver de quoi combler son retard face à Emmanuel Macron, en tête des sondages.

Les deux finalistes ont encore quelques jours pour convaincre les 22,23% d'abstentionnistes du premier tour. Un niveau plus élevé que les 20,52% de 2012, mais loin du record de 28,4% d'abstention du 1er tour de 2002. La présence de Jean-Marie Le Pen au second tour avait ensuite mobilisé massivement les électeurs hostiles au candidat du Front national.

Rien de tel cette année avec la qualification de Marine Le Pen. Faute de "front républicain", l'abstention devrait se situer dimanche, selon les dernières enquêtes d'opinion, entre 22% et 28% et dépasser celle du premier tour. Elle reste cependant l'une des données les plus difficiles à mesurer pour les sondeurs.

- A qui profite l'abstention ? -

Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier, distingue deux types d'abstention. D'une part "une abstention sociologique plutôt défavorable à Marine Le Pen" : les départements populaires où le Front national est fort sont aussi ceux où l'on a le moins voté au 1er tour. Une plus forte mobilisation était susceptible de profiter à la candidate FN. A l'inverse, les zones les plus mobilisées ont voté largement pour Emmanuel Macron ou François Fillon.

Des affiches électorales des deux finalistes arrachées et taguées à Paris, le 2 mai 2017
AFP

D'autre part, "une abstention plus politique" plus favorable à la candidate FN : "de nombreux électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour s'apprêtent à s'abstenir ou à voter blanc. Cette abstention-là est plutôt favorable à Marine Le Pen, car si ces électeurs votaient, ils voteraient Macron", souligne Jean-Yves Dormagen.

Créditée de 40% à 41% d'intentions de vote, Marine Le Pen doit convaincre les abstentionnistes pour combler son retard.

Présidentielle: le report potentiel de voix au 2e tour
Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan (g) lors d'un meeting à Villepinte, le 1er mai 2017, près de Paris
AFP

"L'abstention n'est pas suffisante pour elle. Elle la met même en difficulté, dans la mesure où elle a un million de voix de retard sur Emmanuel Macron à l'issue du premier tour", souligne Bruno Jeanbart de l'institut OpinionWay.

"Quand bien même il y aurait une forte abstention dans les électorats de Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, et Benoît Hamon du premier tour, ce n'est pas de nature à lui permettre de remonter. Ce dont elle a besoin, ce n'est pas d'avoir des électeurs qui ne choisissent pas, c'est d'avoir des électeurs qui la choisissent", poursuit-il.

Pour les politologues, une forte abstention peut au plus réduire un peu l'écart qui sépare les deux candidats dans les intentions de vote.

- Question de légitimité -

Pour Emmanuel Macron, "il ne s’agit pas simplement de parvenir à être élu mais de réussir à être +bien élu+, afin de faire de sa victoire un acte fondateur de son quinquennat. Pour cela, outre un score le plus large possible, il doit s’appuyer sur une forte participation", analyse BVA.

Les militants de La France insoumise ont opté aux deux tiers mardi pour le vote blanc ou l'abstention au deuxième tour, seuls 35% se prononçant pour un vote Macron, à l'issue d'une consultation lancée par Jean-Luc Mélenchon.

A droite, un quart à un tiers des électeurs de François Fillon du premier tour pourrait également se réfugier dans l'abstention, selon les sondages (Ipsos, BVA).

Ceux de Benoît Hamon sont en revanche très mobilisés, et environ 80% d'entre eux devraient voter dimanche.

Au premier tour, Marine Le Pen disposait par ailleurs de l'électorat le plus mobilisé, ce qui semblait la favoriser en cas de faible participation. Mais Emmanuel Macron fait désormais jeu égal sur ce plan, avec près de 90% de ses électeurs potentiels qui se disent "sûrs de leur choix".

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Exclusive Olivier Faure with staff at the Socialist Party s summer university
7min

Politique

Retraite à 62 ans, 900 euros de plus pour les bas salaires, économies réduites à 21 milliards d’euros : « L’autre chemin » du PS pour le budget

Le Parti socialiste a présenté, lors de son université d’été à Blois, ses contre-propositions budgétaires. Entre hausse d’impôts pour les très riches et baisse des aides aux entreprises, le PS veut étaler l’effort de réduction du déficit. En cas de nomination à Matignon d’un premier ministre de gauche, Olivier Faure espère pouvoir passer des compromis pour adopter ce budget. Et si Emmanuel Macron lui proposait, on comprend qu'il ne dirait pas « non »...

Le

Présidentielle : l’abstention reste une clé du second tour
7min

Politique

A Blois, le PS d’Olivier Faure « prêt » à entrer à Matignon

La rentrée politique des socialistes s’est transformée en démonstration de l’unité de la gauche, hors LFI, avec qui la rupture est consommée. « Nous sommes volontaires pour être les suivants », a lancé le numéro 1 du PS, Olivier Faure. « Maintenant, il doit nous laisser nous y coller. Ça, c’est la responsabilité d’Emmanuel Macron », demande la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier.

Le

SIPA_01165078_000044
6min

Politique

Municipales à Paris : après l’investiture de Rachida Dati, le dilemme de Renaissance

Les Républicains ont évité une guerre fratricide, en soutenant officiellement la candidature de Rachida Dati aux municipales à Paris en mars prochain. La liste de la ministre de la Culture devra comporter une majorité de candidats LR de quoi laisser ouverte l’hypothèse d’une liste d’union avec les macronistes parisiens, qui ne se bousculent pas pour apporter leur soutien à la maire du VII arrondissement de Paris.

Le