La contre-offensive de François Fillon prend un tour judiciaire avec la saisine lundi du parquet par six responsables LR pour des "infractions" commises selon eux par l'exécutif et relevées par le livre "Bienvenue Place Beauvau".
Toujours distancé par Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans les sondages, le candidat de la droite est encore à la peine sur le terrain. Il a changé lundi matin de train en direction du Croisic (Loire-Atlantique) pour échapper à plusieurs dizaines d'opposants, après avoir essuyé ce week-end au Pays-Basque concert de casseroles, jets d’oeufs et de tomates.
L'ex-Premier ministre, dont la campagne est entachée par les révélations sur des emplois présumés fictifs de son épouse et ses enfants comme collaborateurs parlementaires, a annulé une visite d'entreprise à Saint-Nazaire.
François Fillon embarque à bord d'un bateau de pêche le 27 mars 2017 au Croisic
POOL/AFP
Mais il a embarqué sur un caseyeur pour La Turballe (Loire-Atlantique), puis participé à une table ronde avec des pêcheurs auxquels il a réitéré sa promesse d'états généraux pour leur secteur.
Devant plusieurs milliers de personnes réunies à Nantes, au moins 5.000 d'après son entourage, l'ex-Premier ministre a fustigé un exécutif "accroché à ses privilèges" et qui "mobilise" son "énergie pour demeurer en place" aux côtés de son fidèle d'entre les fidèles Bruno Retailleau, président de région.
"Ils nous veulent à genoux, nous sommes et nous serons toujours debout", a-t-il clamé.
Penelope Fillon à la sortie du cabinet de son avocat le 27 mars 2017 à Paris
AFP
La semaine du candidat pourrait être bousculée par un nouveau rendez-vous judiciaire. Son épouse Penelope est convoquée mardi dans le bureau des juges d'instruction où elle risque après son mari une mise en examen, mais le rendez-vous pourrait être décalé par souci de discrétion.
"Des belles âmes se sont émues parce que j’ai évoqué le souvenir de Pierre Bérégovoy (...) Alors je le redis calmement et fermement: Bérégovoy n’était pas du sérail et il fut bien +livré aux chiens+ pour reprendre l’expression du président de la République de l’époque", a-t-il lancé lundi soir, allusion à ses échanges télévisés avec la romancière Christine Angot.
En attendant, le livre "Bienvenue Place Beauvau", écrit par trois journalistes dont deux du Canard Enchaîné, alimente sa thèse d'un "complot". M. Fillon avait ainsi dénoncé la semaine dernière l'organisation par François Hollande, à la tête d'un "cabinet noir", de fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires, le chef de l'Etat dénonçant en retour des "allégations mensongères".
- "Il affaiblit la République" -
Ses soutiens LR ont pris le relais de l'offensive. Après avoir épluché l'ouvrage avec des avocats, Bruno Retailleau, Christian Jacob, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet et Philippe Bas ont saisi le procureur de Paris et le procureur national financier.
"Bienvenue place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat" au Salon du Livre de Paris le 24 mars 2017
AFP
"Corruption", "trafic d'influence", "atteinte à la vie privée", et encore "abus d'autorité": ces élus dénoncent "la commission d'un certain nombre de faits d'une particulière gravité qui seraient susceptibles de revêtir différentes qualifications pénales", dans un courrier transmis à la presse.
qui est décrit dans l'ouvrage comme un éventuel "cabinet noir anti-Sarkozy", "structure clandestine, aux ramifications complexes", est qualifié par ces élus LR d'"association de malfaiteur". François Hollande est mis directement en cause pour "collecte frauduleuse de données" personnelles, lui qui aurait déclaré en février 2014, selon "Bienvenue Place Beauvau": "Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu'il fait".
L'enquête qu'ils appellent de leurs voeux, "ça ne sert pas François Fillon, ça doit servir la démocratie française", a justifié M. Retailleau. Mais pour le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le candidat de la droite "veut pourrir la campagne présidentielle" et "en fin de compte il affaiblit la République" au profit du FN.
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.
Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.
Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.
Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.