Présidentielle : Laurent Hénart déplore « l’influence dominante d’Éric Ciotti » au sein des Républicains
Pour Laurent Hénart, le président du Parti radical, invité vendredi de la matinale de Public Sénat, un nouveau rapprochement entre son parti et les Républicains, dix ans après leur séparation, n’est pas envisageable au regard du poids représenté par la ligne dure et identitaire que défend Éric Ciotti. Il espère en revanche pouvoir convaincre sa famille politique d’intégrer la maison commune mise en place par la majorité présidentielle.

Présidentielle : Laurent Hénart déplore « l’influence dominante d’Éric Ciotti » au sein des Républicains

Pour Laurent Hénart, le président du Parti radical, invité vendredi de la matinale de Public Sénat, un nouveau rapprochement entre son parti et les Républicains, dix ans après leur séparation, n’est pas envisageable au regard du poids représenté par la ligne dure et identitaire que défend Éric Ciotti. Il espère en revanche pouvoir convaincre sa famille politique d’intégrer la maison commune mise en place par la majorité présidentielle.
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Les radicaux ont soutenu Valérie Pécresse pour sa réélection à la tête du conseil régional d’Île-de-France, mais ils ne seront sans doute pas à ses côtés dans la course à la présidentielle. « On est passé d’un débat avec des personnalités à un débat de parti, puisque tous les candidats (de droite à l’investiture) ont réintégré l’appareil LR », a déploré Laurent Hénart, le président du Parti radical, vendredi au micro de « Bonjour chez Vous » sur Public Sénat. Son principal grief : un positionnement politique bien trop à droite à son goût. « Éric Ciotti y a une influence dominante, il est plus proche d’Éric Zemmour que de formations centristes, comme le Parti radical », relève Laurent Hénart à propos du député des Alpes-Maritimes, qui a récolté près de 40 % des voix au second tour du congrès LR samedi, après avoir fait campagne sur une ligne très identitaire.

« Sous l’impulsion de Jean-Louis Borloo, nous avons quitté l’UMP il y a 10 ans, parce qu’on ne voulait pas participer à la dérive Patrick Buisson sur l’identité nationale, aux propos sur le droit d’asile et l’immigration », rappelle l’ancien maire de Nancy, pour qui le parti fondé par Nicolas Sarkozy reste arc-bouté sur ces questions. « Je pense que l’on est encore dans cette dérive quand on court derrière Éric Zemmour ou Marine Le Pen ».

« Emmanuel Macron est pour moi le candidat à venir le plus proche des principes que nous défendons »

Alors qu’il fête ses 120 ans, le Parti radical devra décider en congrès, ce vendredi jusqu’à samedi, derrière quelle personnalité il souhaite se ranger en 2022. Pour sa part, Laurent Hénart a déjà signifié son souhait d’un ralliement à Emmanuel Macron, très probable candidat à sa succession. « J’ai proposé que les radicaux soutiennent Emmanuel Macron qui est pour moi le candidat à venir le plus proche des principes que nous défendons » explique-t-il, citant notamment le positionnement européen du chef de l’État ou encore la défense de la laïcité. « On pourrait aussi évoquer le dépassement du clivage droite-gauche, ou la volonté de trouver un modèle de croissance équilibré entre l’économique et le social. »

Il espère ainsi que son parti choisira d’intégrer la maison commune « Ensemble citoyens ! », un rassemblement lancé par la majorité pour préparer la présidentielle. « Ce n’est pas un nouveau parti, mais une alliance des partis respectés et reconnus. Les radicaux veulent, dans la perspective des législatives, obtenir un groupe parlementaire pour être plus visible », ajoute Laurent Hénart.

Une prise de position, toutefois, qui ne fait pas l’unanimité au sein du plus vieux parti politique de France. Ainsi, le député Bertrand Pancher a estimé qu’un rapprochement avec Emmanuel Macron pourrait mettre en péril l’indépendance du Parti radical. « On est indépendant quand on fait des choix, on ne peut pas regarder la présidentielle passer et ne pas avoir d’avis, ou choisir le candidat que l’on va soutenir à 10 jours du scrutin, parce que l’on se dit que les sondages ne peuvent plus se tromper », s’agace Laurent Hénart. « Ce n’est pas une façon d d’exercer sa responsabilité politique. »

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