Le dernier round télévisé des onze candidats sur France 2 a été bousculé jeudi soir par l'attentat mortel visant des policiers sur les Champs-Elysées, revendiqué par l'organisation Etat islamique, à trois jours d'un premier tour virant à un imprévisible "match à quatre".
A la suite de la fusillade dans laquelle un policier a été tué et deux policiers et une passante blessés, François Fillon et Marine Le Pen ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi, et le candidat de droite en a demandé la suspension.
François Fillon pendant l'émission "15 minutes pour convaincre" dans les studios de France 2 à Saint-Cloud le 21 avril 2017
POOL/AFP
"Je considère que dans le contexte que nous vivons, il n'y a pas lieu de poursuivre ce soir et demain une campagne électorale, parce que nous devons d'abord manifester notre solidarité avec les policiers", a plaidé M. Fillon à la fin de l'émission de France 2, lorsque les onze candidats se sont retrouvés ensemble pour les conclusions, avec des condamnations unanimes.
"Je veux vous protéger, j'y suis prêt. Mais nous devons pas aujourd'hui céder à la peur", a appelé pour sa part M. Macron. "Nous ne devons en aucune façon donner le sentiment à nos assaillants que nous nous divisons, que nous cédons en quelque sorte à leur diktat. C'est ce qu'ils attendent. Et c'est leur piège", a dit celui qui a maintenu dans l'immédiat ses meetings vendredi à Rouen et Arras.
Pour Jean-Luc Mélenchon, "les criminels ne seront jamais impunis dans ce pays et leurs complices ne seront jamais oubliés", mais il ne faut "pas interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains".
Marine Le Pen sur France 2 à Paris, le 20 avril 2017
POOL/AFP
Quant à Marine Le Pen, elle a dit vouloir mettre en place "un plan d'attaque" contre "ce terrorisme islamiste". "C'est fini le laxisme, c'est fini la naïveté, on peut pas laisser à nos enfants un pays impuissant à les défendre", a lancé la candidate FN.
- Confusion -
Peu après l'attaque survenue à 21H00, alors que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen étaient notamment déjà passés dans cette dernière émission politique avant le premier tour, les premières rumeurs de coups de feu sur la plus célèbre avenue de Paris apparaissaient sur les réseaux sociaux.
Benoît Hamon sur France 2 à Paris, le 20 avril 2017
POOL/AFP
Les journalistes David Pujadas et Léa Salamé continuaient d'interroger les candidats en tenant les téléspectateurs informés en direct des circonstances encore floues des conditions des tirs qui ont tué un policier et blessé un autre.
Emmanuel Macron sur France 2 à Paris, le 20 avril 2017
POOL/AFP
Emmanuel Macron a été le premier en mesure de réagir à l'antenne, à 22H15. "Cette menace, cet impondérable, fait partie du quotidien des prochaines années. Je veux témoigner toute ma solidarité à l'égard de nos forces de police et plus largement nos forces de l'ordre. Et je veux avoir une pensée pour la famille de la victime", a-t-il dit.
Les autres candidats déjà passés, comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, réagissaient sur les réseaux sociaux, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve se rendait à l'Elysée retrouver le président Hollande, qui s'est exprimé en fin de soirée, affirmant que la piste de l'attaque est "d'ordre terroriste".
Posters de campagne, le 14 avril 20174, à Houches, dans le sud-est de la France
AFP
L'organisation Etat islamique, déjà derrière la plupart des attentats et tueries qui ont endeuillé la France depuis janvier 2015, a revendiqué la fusillade, attribué par son organe de propagande Amaq à "Abu Yussef le Belge".
La confusion dominait sur le plateau de France 2, comme lorsque le candidat Jean Lassalle évoquait vers 23H00 la mort du deuxième policier blessé, démentie par le ministère de l'Intérieur, ou quand M. Fillon a évoqué "d'autres violences en cours", elles aussi démenties par les autorités.
Dans une campagne à multiples rebondissements et au niveau de suspense inédit, l'émission était la dernière grande fenêtre médiatique avant l'échéance de dimanche.
Jean-Luc Mélenchon sur France 2 à Paris, le 20 avril 2017
POOL/AFP
Selon un sondage Harris Interactive publié jeudi soir, avec 24,5% (+0,5) d'intentions de vote, Emmanuel Macron a creusé l'écart avec Marine Le Pen (21%), en baisse d'un point en une semaine. Suivent juste derrière François Fillon, stable à 20%, et Jean-Luc Mélenchon, stable également à 19%.
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