Le paquet de cigarettes à 10 euros dès 2017, Mélenchon et Macron sont pour, Fillon et Le Pen contre: les engagements de sept candidats à la...
Présidentielle: Les engagements des candidats pour la santé
Le paquet de cigarettes à 10 euros dès 2017, Mélenchon et Macron sont pour, Fillon et Le Pen contre: les engagements de sept candidats à la...
Par Brigitte CASTELNAU
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Le paquet de cigarettes à 10 euros dès 2017, Mélenchon et Macron sont pour, Fillon et Le Pen contre: les engagements de sept candidats à la présidentielle en matière de santé publique (tabac, alcool, insécurité routière) ont été évalués par des experts dont la pneumologue Irène Frachon ou le professeur Claude Got.
"La sécurité sanitaire, la santé publique, c'est un axe majeur, pas une idéologie de droite ou de gauche", a commenté Irène Frachon à l'AFP.
Les vingt questions soumises aux candidats portaient sur l'usage de l’alcool et du tabac, l'alimentation, l’insécurité routière et "certains agissements des industries du médicament" pour tenter d'agir sur des facteurs de risque à l'origine de "100.000 vies" prématurément fauchées chaque année.
Outre Irène Frachon, les réponses des candidats ont été passées au crible et notées par Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, le Pr Claude Got, expert des questions de sécurité sanitaire et routière, l'épidémiologiste Catherine Hill et les professeurs Serge Hercberg (nutrition), Gérard Dubois et Albert Hirsch (Alliance contre le tabac).
"Sur les quatorze mesures que nous avions proposées en 2012, une seule a été appliquée, le paquet neutre", déplore le Pr Got, qui espère que cette nouvelle initiative pourra éclairer les électeurs.
Des paquets de cigarettes en vente chez un buraliste le 27 décembre 2016 à Vertou
AFP/Archives
Sur le tabac d'abord, les candidats apparaissent divisés: si Fillon et Le Pen sont contre un paquet de cigarettes à 10 euros dès 2017, Mélenchon et Macron sont pour.
La confédération des buralistes a aussitôt "dénoncé" la volonté de certains candidats de mettre le paquet à 10 euros, voire à 20 en fin de quinquennat. L'Australie et la Grande-Bretagne ont pourtant prouvé l'efficacité d'une forte augmentation des prix pour réduire le tabagisme, selon les experts. Le paquet coûte aujourd'hui 18 dollars (presqu'autant d'euros) à New York.
Hamon se borne à proposer d'augmenter les taxes sur le tabac de 10% par an.
- Alcool et malbouffe -
Sur l'ensemble des sujets abordés, Jean-Luc Mélenchon a décroché un 20/20, ayant répondu "oui" à l'ensemble des mesures préconisées, y compris celles pouvant fâcher des électeurs, relèvent les experts.
Benoît Hamon obtient un 15, Marine Le Pen 8, Emmanuel Macron 7 et François Fillon 2. Nathalie Arthaud a 13 et Jacques Cheminade 12. Les autres n'ont pas répondu à ce questionnaire mis en ligne mardi (www.securite-sanitaire.org), et Nicolas Dupont-Aignan n'a pas été joint.
Jean-Luc Mélenchon, le 11 avril 2017 à Villeneuve-d'Ascq
AFP
Benoît Hamon semble particulièrement soucieux de l'indépendance de la formation médicale et d'interdire la promotion des médicaments par des visiteurs médicaux salariés des laboratoires, constate Irène Frachon, rappelant l'impact de ce "marketing" dans l'affaire du Médiator.
Quant à remplacer la mention "à consommer avec modération" par le nombre de calories et la quantité d'alcool pur en grammes dans chaque canette ou bouteille, c'est accepté par trois candidats (Hamon, Macron et Mélenchon), et "à étudier" selon M. Fillon. Pour Marine Le Pen, l'affichage de ces "deux indications sur les étiquettes est envisageable".
Taxer les boissons en fonction de leur teneur en alcool, Fillon, Macron et Le Pen sont contre, Hamon pour.
Encourager l'activité physique grâce des incitations financières, une mesure ayant peu de risques de déplaire, met tout le monde d'accord. Mais taxer les aliments de la malbouffe ("junk food"), trop gras, trop sucrés ou salés, est approuvé par Hamon et refusé par Fillon, Marine Le Pen et Macron.
Quant à la question de la sécurité routière (près de 3.500 décès chaque année), le sujet est devenu sensible puisque, pour la première fois depuis 1972, la France reste avec trois années consécutives de hausse des morts (2014-2016),
"La mesure la plus importante pour réduire la mortalité sur les routes est d'abaisser la vitesse maximale à 80 km/h sur les routes sans séparation entre les deux sens", estime le Pr Got. Mesure non retenue par Fillon et Le Pen. Hamon l'accepterait, mais est paradoxalement contre l'augmentation du nombre des radars mobiles et l'interdiction des systèmes signalant aux automobilistes les contrôles de vitesse.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.