"Cabinet noir", assassinat politique: à un mois du premier tour, la campagne présidentielle en France s'envenime avec les accusations brandies...
Présidentielle: plombée par les affaires, la campagne s’envenime
"Cabinet noir", assassinat politique: à un mois du premier tour, la campagne présidentielle en France s'envenime avec les accusations brandies...
Par Eloi ROUYER
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"Cabinet noir", assassinat politique: à un mois du premier tour, la campagne présidentielle en France s'envenime avec les accusations brandies par le conservateur François Fillon contre le pouvoir socialiste, qu'il dit responsable de ses déboires judiciaires.
Jusqu'ici discret dans la campagne, le président François Hollande est sorti vendredi de sa réserve pour dénoncer le manque de "responsabilité" du candidat de la droite. M. Fillon, 63 ans, tente depuis des semaines de sauver une campagne empêtrée dans les affaires judiciaires en accusant le pouvoir, les juges et la presse de chercher à le discréditer.
François Hollande à l'Elysée le 23 mars 2017 à Paris
POOL/AFP
Le ton était monté jeudi soir lorsque le candidat, désormais donné battu au premier tour du 23 avril par le centriste Emmanuel Macron et la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, a dénoncé l'existence d'un "cabinet noir" dirigé par le chef de l'Etat, qui orchestrerait des fuites dans la presse.
"Je ne suis pas candidat, mais il y a une dignité, une responsabilité à respecter. Je pense que M. Fillon est au-delà maintenant, ou en-deçà", a réagi le président, qui a renoncé à briguer un second mandat après cinq ans d'exercice du pouvoir marqués par une impopularité record.
Penelope Fillon accompagne son mari, François Fillon sur France 2 dans "L'émission politique", le 23 mars 2017 à Paris
AFP
M. Fillon a été inculpé la semaine dernière pour détournement de fonds publics dans l'affaire de soupçons d'emplois fictifs accordés à son épouse Penelope et deux de ses enfants lorsqu'il était parlementaire. L'enquête a été élargie à des soupçons de trafic d'influence, d'escroquerie aggravée et de faux.
Son ancien suppléant à l'Assemblée nationale, Marc Jouland, qui avait lui aussi employé Penelope Fillon comme assistante parlementaire, a également été inculpé vendredi pour détournement de fonds publics.
- "Tuer Fillon" -
Vendredi soir, le candidat a poursuivi sa rhétorique du complot: "La seule façon de sauver la gauche, c’est de tuer Fillon", a-t-il lancé lors d'un meeting à Biarritz (sud-ouest).
Le livre "Bienvenue place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat" par Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbe, exposé lors du Salon du Livre à Paris, le 24 mars 2017
AFP
Au même moment, la radio France Info révélait que François Fillon s'était fait offrir en 2009, lorsqu'il était Premier ministre, une montre valant plus de 10.000 euros par un homme d'affaires italo-suisse, Pablo Victor Dana, puis en 2013 une deuxième montre par le manufacturier suisse Rebellion.
Le candidat de la droite a déploré auprès de l'AFP que la presse mentionne des cadeaux relevant à ses yeux de sa vie privée - après, déjà, l'histoire des costumes de luxe d'une valeur de 13.000 euros, offerts en février par le sulfureux avocat Robert Bourgi, un "ami", et qu'il aurait finalement "rendus".
Dans sa déclaration de patrimoine, il a déclaré posséder deux montres valant 12.000 et 15.000 euros, selon son "évaluation personnelle".
Le président russe, Vladimir Poutine, et la candidate à l'élection présidentielle française pour le Front national (FN), Marine Le Pen, au Kremlin à Moscou le 24 mars 2017
SPUTNIK/AFP
M. Fillon, qui avait fait de la probité un thème-clé de sa campagne avant les révélations qui se succèdent depuis des semaines, a affirmé jeudi soir que ses accusations de "cabinet noir" étaient étayées par un ouvrage co-écrit par trois journalistes.
Mais l'un des auteurs, Didier Hassoux, a démenti ses propos et dénoncé une instrumentalisation du livre par un homme "aux abois" qui "essaye de faire un coup".
Unanime contre M. Fillon, la gauche est néanmoins fracturée par les ralliements de plus en plus nombreux à Emmanuel Macron dans l'espoir de faire barrage à l'extrême droite, en tête des intentions de vote au premier tour. Elle est néanmoins donnée battue au second tour le 7 mai.
La procédure suivie dans l'affaire Fillon
AFP
Alourdissant encore le climat de la campagne, le candidat socialiste, Benoît Hamon, donné en quatrième position le 23 avril au coude-à-coude avec le représentant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé les "trahisons" de son camp.
"Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de trahisons", a déploré vendredi M. Hamon, dont la campagne peine à décoller.
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Pendant ce temps, la chef du parti Front national Marine Le Pen a été reçue officiellement vendredi à Moscou par Vladimir Poutine, une première. Indiquant préférer "laisser se bagarrer" MM. Fillon et Hollande, elle a estimé que le président russe représentait "une nouvelle vision" d'un "monde multipolaire".
M. Poutine a de son côté assuré que "la Russie n'interfèrera pas dans l'élection", alors que Moscou est accusé par les Occidentaux d'avoir interféré dans l'élection présidentielle américaine pour aider à faire élire Donald Trump et que Berlin craint des tentatives de "déstabilisation" de Moscou avant les élections législatives allemandes de septembre 2017.
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