« Pression » sur Radio France : Lemoyne considère que Bayrou a été « maladroit »
Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Au lendemain du premier couac gouvernemental entre le Premier ministre, Édouard Philippe, et le Garde des Sceaux, François Bayrou, il assure que « tous regardent dans la même direction » au sein du gouvernement.

« Pression » sur Radio France : Lemoyne considère que Bayrou a été « maladroit »

Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Au lendemain du premier couac gouvernemental entre le Premier ministre, Édouard Philippe, et le Garde des Sceaux, François Bayrou, il assure que « tous regardent dans la même direction » au sein du gouvernement.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Interrogé hier sur France Info au sujet de l’accusation de « pression » sur Radio France portée à l’encontre de François Bayrou, Édouard Philippe a rappelé à l’ordre son ministre de la Justice : « Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen. » Un recadrage qui a visiblement déplu au leader du Modem, lequel lui a rétorqué que « quand on a quelque chose à dire, on le dit ».

« Un feuilleton de 24h » selon Jean-Baptiste Lemoyne, qui reconnaît que le Garde des Sceaux a été « effectivement maladroit » : « Aujourd’hui on ne peut plus dissocier la fonction de l’homme : tout ce que nous faisons est vu à travers le prisme de la fonction qu’on occupe. Donc il faut être exemplaire. » Il assure toutefois que « Bayrou veut la réussite du quinquennat ». « On a chacun notre trajectoire  mais on regarde tous dans la même direction, on veut redresser le pays », certifie le sénateur de l’Yonne, qui préfère évoquer la loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » que le ministre de la Justice présentera ce mercredi matin en Conseil des ministres : « On ne verra plus un certain nombre d’affaires qui ont altéré le lien entre les citoyens et leurs dirigeants politique. »

« Bayrou est en mesure de défendre sa loi »

Des affaires dont certaines concernent pourtant François Bayrou lui-même. Cette semaine, le Canard enchaîné révèle que celle qui fut sa secrétaire particulière ainsi que l’assistante parlementaire de Marielle de Sarnez,  sera bientôt entendue dans l’enquête préliminaire sur un système présumé d’emplois fictifs. Pas de quoi porter atteinte à la crédibilité du leader du Modem : « Il a donné un ordre formel au parquet de ne pas transmettre les informations aux directions de son ministère et à son cabinet. Il est donc en mesure de défendre sa loi. »

Lemoyne : « Bayrou est en mesure de défendre sa loi »
00:33

Jean-Baptiste Lemoyne a également écarté tout « problème avec la presse » de l’exécutif, dont la communication est particulièrement verrouillée. Une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées dans une tribune publiée hier sur plusieurs sites de « signaux extrêmement préoccupants envoyés par le gouvernement en matière d’ « indépendance des médias « et de « protection des sources ».  Le sénateur considère qu’il s’agit simplement d’une « envie de ne pas être dans l’anecdotique comme Hollande l’a été ». « Le fonctionnement politico-médiatique est tel qu’il faut essayer de préserver les messages essentiels. On a moins entendu parler de conférence de presse sur le terrorisme entre May et Macron que de Philippe-Bayrou », regrette-il.

Lemoyne : « Le fonctionnement politico-médiatique est tel qu’il faut essayer de préserver les messages essentiels. »
00:50

Enfin, il a refusé de prendre position pour l’un des deux candidats qui se présentent dans la 18ème circonscription de Paris. Tous deux revendiquent le soutien de l’exécutif. Pierre-Yves Bournazel (LR) se targue d’avoir reçu celui d’Édouard Philippe, qui lui a adressé son soutien par vidéo. Myriam El Khomri, elle, assure sur Twitter avoir celui d’Emmanuel Macron. « Les deux s’inscrivent dans une démarche proche de la démarche présidentielle », commente le sénateur. Et d’ajouter : «  Que le meilleur gagne. »

Lemoyne sur l'affrontement El-Khomri/Bournazel : « Que le meilleur gagne. »
01:43

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le