Primaire : 6 parallèles entre Valls et Sarkozy
Chahutés lors des déplacements, intérêt pour une faible participation, passé difficile à faire oublier, autorité… Les parallèles entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ne sont pas rares. Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ?

Primaire : 6 parallèles entre Valls et Sarkozy

Chahutés lors des déplacements, intérêt pour une faible participation, passé difficile à faire oublier, autorité… Les parallèles entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ne sont pas rares. Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ?
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L’un est de gauche, l’autre est de droite. Ils différent en beaucoup de choses et n’ont pas la même conception de la société et de l’avenir du pays. Mais à y regarder deprès, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy partagent certains traits communs, des caractéristiques similaires. Toutes proportions gardées, en observant la campagne de Manuel Valls pour la primaire de la Belle alliance populaire, on remarque plusieurs parallèles avec l’ancien chef de l’Etat.

1/ Ils sont chahutés lors de leurs déplacements

Après la farine, la claque. Un jeune homme a voulu littéralement claquer Manuel Valls lors d’un déplacement en Bretagne. La nouvelle fait vite le tour des médias et montre un candidat qui suscite encore une opposition forte, voire des réactions épidermiques chez certains. Comme Nicolas Sarkozy. On se souvient du casse toi pauv’con, du pêcheur du Guilvinec. Et comme Nicolas Sarkozy, certains déplacements sont rendus compliqués par un comité d’accueil. Une visite à Rennes a ainsi été annulée par le socialiste. Les restes de la loi travail notamment, que tout le monde n’a pas oublié.

2/ Ils peinent à faire oublier leur passé

Dès son annonce de candidature, Manuel Valls a voulu se recentrer sur sa gauche. Oublié le premier flic de France et la fermeté. Place à la fraternité, la solidarité. Un candidat de gauche, normal. Pour solder les comptes, Manuel Valls veut même maintenant supprimer le 49.3. Il ne s’est pourtant pas privé de l’utiliser. Cette stratégie vise à faire oublier son image clivante à gauche, qu’il a pourtant lui-même forgé mois après mois. Un passé qu’il traine aujourd’hui comme un boulet dans la primaire de gauche. Mais difficile de le faire oublier dans une campagne aussi courte. Nicolas Sarkozy a trainé lui aussi son passé durant la campagne. Un passé de sortant. Pourquoi ne pas avoir fait avant, ce qu’il promettait pendant la primaire ? C’est toute la difficulté d’être ou d’avoir été au pouvoir et de se présenter à une élection.

3/ Ils ont tous les deux « changé »

Nicolas Sarkozy a beaucoup changé au cours de sa carrière politique.  La première fois où il fait le coup du « j’ai changé », c’est lors de la campagne de 2007. En 2012, rebelote. Mais ce genre de confidence n’est réellement efficace qu’une fois. Alors « j’ai changé » devient « j’ai appris ». Il le resortira lors de la campagne de la primaire en 2016. Et que nous dit Manuel Valls ? « J’ai changé » bien sûr. Qu’il complète d’un « j'ai grandi, j'ai mûri » pour justifier son évolution de début de campagne.

4/ Ils ont intérêt à une faible participation centrée sur les sympathisants PS ou LR pour la primaire

Selon les sondages, Manuel Valls est le plus populaire chez les sympathisants socialistes. Il représente une ligne légitimiste et social-démocrate proche de la majorité du parti. Cet électorat est le plus prompt à se déplacer pour la primaire. Mais en cas de corps électoral plus élargi, qui rassemble la gauche de la gauche notamment, Manuel Valls perdra du terrain. Pour Nicolas Sarkozy, l’équation était similaire : l’ancien Président a centré et cadré sa campagne sur les militants et sympathisants les plus engagés. Une ligne droitière qui n’a finalement pas payé…

5/ Ils ont clivé

Nicolas Sarkozy était le chantre de la rupture en 2007. Il a fait d’une forme de langage direct sa marque de fabrique, l’une des recettes de son succès. Manuel Valls a aussi longtemps cherché le clivage dans son camp, au risque de le bousculer : 35h, Roms, loi travail, maison commune des progressistes… Il a souvent fait des propositions détonantes qui ont fait réagir. Se différencier pour exister et peser. Ça plaît aux Français. Moins à une partie des électeurs de gauche. Cette volonté de cliver, à l’origine de leur succès, devient la cause de leurs limites. C’est toute la difficulté. Cette question est fondamentale. Elle entraîne logiquement les points 1, 2 et 3…

6/ Ils incarnent l’autorité

Manuel Valls peut s’enorgueillir d’avoir réussi à incarner au pouvoir une forme d’autorité dont les Français sont – ou seraient – demandeurs. Son passage Place Beauvau y est pour beaucoup. Tout comme Nicolas Sarkozy, il a été premier flic de France. Mais Manuel Valls et Nicolas Sarkozy, c’est aussi un ton ferme quand il le faut, un regard dur et le point serré. L’autorité, ce n’est pas que des mots.

Numéro complémentaire :

On sait comment les choses se sont terminées pour Nicolas Sarkozy. Il a été éliminé de la primaire… dès le premier tour. La volonté de renouvellement de la classe politique, de sortir les sortants, a aussi contribué en plus de la personnalité. Manuel Valls connaitra-t-il le même sort ? Réponse bientôt.

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