Primaire de gauche : une dernière semaine pour convaincre

Primaire de gauche : une dernière semaine pour convaincre

Les sept candidats de la primaire de la Belle alliance populaire ont encore une petite semaine pour faire la différence. Après les deux premiers débats et une campagne très courte, difficile de dire qui sort du lot. Des surprises sont possibles.
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Trop courte, trop rapide, la campagne de la primaire de la Belle alliance populaire semble à peine avoir commencé qu’elle touche déjà à sa fin. Il reste une semaine avant le premier tour du dimanche 22 janvier. Après le second débat télévisé entre les sept candidats, tout semble toujours ouvert.

Attaques contre Valls

La deuxième confrontation a été plus vivante que la première. Mais elle n’a rassemblé que 1,75 million de téléspectateurs, quand 3,8 millions de Français étaient devant leur poste jeudi dernier. Si chacun était plutôt resté dans son couloir la semaine dernière, les différences sont apparues plus marquées dimanche soir. C’est Manuel Valls qui en a fait les frais. Pas de front anti-Valls – pas encore – mais l’ex-premier ministre s’est retrouvé attaqué par Vincent Peillon et Benoît Hamon sur la question du nombre de réfugiés accueillis par la France. Manuel Valls a fait du Valls en restant droit dans ses bottes. Il a en revanche marqué sa différence avec François Fillon lundi matin sur Europe 1, estimant qu’il n’y avait « pas besoin » de quotas sur les immigrés économiques. Autre point de clivage où le candidat s’est retrouvé isolé : celui de la légalisation du cannabis, dont il ne veut pas entendre parler.

Cette volonté de ses concurrents de créer du clivage a un objectif : renvoyer Manuel Valls là d’où il vient, c'est-à-dire la droite du Parti socialiste. Lui n’a eu de cesse en début de campagne de se recentrer. Il s’est déclaré candidat en se revendiquant des valeurs de la gauche, en insistant sur la solidarité. Sa volonté de compenser son image de fermeté l’a même amené à proposer la suppression du 49.3, au risque d’être raillé ou mal compris.

La participation au cœur des enjeux

Arnaud Montebourg, qui a évité durant les débats les effets de manches qui l’ont souvent caractérisé, dispute à Benoît Hamon la gauche du parti. Mais en jouant ses différences : il critique l’Europe en refusant par exemple l’objectif de réduction des déficits à 3% et en voulant engager le bras de fer avec les institutions, quand Benoît Hamon se montre beaucoup plus europhile. Sur le  plan économique, il met en avant son protectionnisme européen, quand Benoît Hamon défend avec ardeur le revenu universel.

Dans cette campagne, l’ancien ministre de l’Education semble, selon les sondages, le plus populaire chez les sympathisants de la gauche non-socialiste, devant Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Chez les sympathisants PS, l’ex-locataire de Matignon serait plus populaire, devant Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. On voit ici qu’une forte participation dimanche, au-delà des cercles socialistes, serait favorable à Montebourg et Hamon et compliquerait le jeu de Valls. A l’inverse, un corps électoral plus étroit favoriserait l’ex-premier ministre.

« Faire Président »

Dans ce jeu à trois, Vincent Peillon, au style clair et pédago, entend jouer les trouble-fêtes en misant sur le cœur de l’électorat PS. Etre celui que l’on n’attend pas, le Fillon de la primaire de la Belle alliance. Mais Benoît Hamon, en assumant pleinement des propositions marquées à gauche, pourrait profiter de son positionnement. Si François Fillon a trompé les sondages, c’est en assumant sa ligne conservatrice sur les questions de société et son orientation libérale en économie. Bref, une droite qui s’assume. Benoît Hamon peut espérer profiter de la même mécanique.

Parmi les « petits » candidats, l’écologiste François de Rugy tire son épingle du jeu : il est le plus clair, à l’aise et semble crédible. Sur le nucléaire, il a pu se démarquer, rappelant que la France dépendait de pays comme le Niger pour son approvisionnement en uranium. Pour le centriste écolo Jean-Luc Bennahmias et la candidate du Parti radical de gauche, Silvia Pinal, la difficulté est d’imprimer et d’avoir la stature. C’est aussi sur ce point que se joue la primaire : incarner la stature présidentielle. Dans la personnification due à la Ve République et son élection au suffrage universel, « faire Président » est indispensable, au-delà du fond. Lors des débats, Manuel Valls n’a eu de cesse de rappeler ses responsabilités à la tête de l’Etat pour envoyer un message aux électeurs : il a les épaules. Mais la volonté de renouvellement de la vie politique pourrait bousculer les choses.

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