Primaire du PS: Vincent Peillon annonce sa candidature
L'ex-ministre Vincent Peillon a annoncé dimanche soir sur France 2 sa candidature à la primaire du PS pour y défier ses anciens...

Primaire du PS: Vincent Peillon annonce sa candidature

L'ex-ministre Vincent Peillon a annoncé dimanche soir sur France 2 sa candidature à la primaire du PS pour y défier ses anciens...
Public Sénat

Par Mathieu FOULKES

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'ex-ministre Vincent Peillon a annoncé dimanche soir sur France 2 sa candidature à la primaire du PS pour y défier ses anciens collègues du gouvernement, comme Manuel Valls ou Arnaud Montebourg, et défendre le bilan du quinquennat Hollande.

Retiré de la scène politique hexagonale, M. Peillon, eurodéputé de 56 ans, se consacrait depuis deux ans et demi, en Suisse, à ses cours à l'université de Neuchâtel et à l'écriture de romans - son deuxième sortira en février.

Mais la décision de François Hollande de ne pas se représenter, inédite dans l'histoire de la Ve République, l'a poussé à se présenter. "Les jugements sur sa personne et son action sont injustes (...) Très vite, les Français vont apprécier et sa personne et son bilan", a-t-il expliqué sur France 2.

M. Peillon s'est posé en "candidat d'une éthique politique", déterminé à "rassembler" la gauche pour gagner la présidentielle face à l'extrême droite de Marine Le Pen et la droite de François Fillon. Il a jugé que Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, avec qui "bien entendu" il pourrait travailler, candidats à la présidentielle sans passer par la case primaire, étaient des personnes "de valeur". Il a toutefois critiqué M. Macron mais aussi Manuel Valls, sur leurs attaques sur les 35 heures qu'ils ont finalement "gardées".

Soutenu par plusieurs députés - Patrick Mennucci, Eduardo Rihan Cypel, Patrick Bloche -, M. Peillon aurait le mérite, selon ses proches, d'être au "point d'équilibre" de la gauche.

Selon plusieurs élus socialistes interrogés par l'AFP, la candidature de M. Peillon aurait été encouragée par "des proches de Stéphane Le Foll" -lui aussi un fidèle du chef de l'Etat. D'autres y voient la main du commissaire européen Pierre Moscovici, ou encore de Martine Aubry, qui a fermement démenti. L'entourage d'Anne Hidalgo a de son côté, fait savoir que la maire de Paris, sans avoir suscité cette candidature, la regardait "d'un bon oeil".

M. Peillon a balayé cela d'un revers de main sur France 2, assurant avoir pris sa décision "dans la solitude de sa conscience".

- 'Je le regrette' -

Manuel Valls, dont la candidature n'a pas à ce stade suscité d'élan particulier dans son camp, avait accueilli plutôt fraîchement ce retour de Vincent Peillon. "On ne peut pas être candidat pour affaiblir. C'est ma conception. On ne peut pas être candidat contre", a-t-il dit mercredi. "C'est un garçon intellectuel qui réfléchit aux problèmes de la France. Et je ne vais pas le disqualifier d'un mot ou d'une formule", avait aussi tempéré l'ancien Premier ministre.

M. Peillon "revient parce qu'il y a un certain nombre de gens qui n'acceptent pas ce qui vient de se passer (le renoncement de M. Hollande), je le regrette", a estimé sur BFM TV Didier Guillaume, patron des sénateurs PS et directeur de campagne de M. Valls. Pour lui, la primaire du PS ne doit pas s’apparenter à un "congrès" du parti.

La candidature de M. Peillon n'est pas non plus forcément une bonne nouvelle pour Arnaud Montebourg et Benoît Hamon : si elle affaiblit Manuel Valls au premier tour, elle est susceptible de lui apporter un réservoir de voix pour le second.

Proche de Benoît Hamon, le député Pascal Cherki, a raillé vendredi auprès de la presse sa candidature, la comparant à celle de Jean-François Copé, "qui occupait aussi une position centrale à l'UMP", et qui a obtenu 0,3% des voix à la primaire de la droite.

Pour M. Mennucci, député des Bouches-du-Rhône, l'ancien ministre de l'Education, auteur de la réforme des rythmes scolaires, était "prêt à soutenir François Hollande malgré des désaccords sur la loi travail, sur la déchéance de nationalité".

"La décision du président de la République lui a ouvert les yeux sur la nécessité d'occuper un espace politique qui est celui de la social-démocratie", a poursuivi M. Mennucci.

L'élu marseillais place Vincent Peillon "dans la droite ligne de Lionel Jospin". Son positionnement? "Une large liberté" sur les questions de société, en gardant "en tête les classes sociales les plus défavorisées" sur les questions économiques.

Sa candidature devrait donc être la 6e, outre celles de Montebourg, Valls, Hamon, Rugy, Bennahmias, sans compter celles plus incertaines de Filoche, Larrouturou (Nouvelle Donne) et Faudot (MdP).

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le