Primaire : le PS aimerait se limiter à 7 candidats sans Faudot, Larrouturou et Nadot

Primaire : le PS aimerait se limiter à 7 candidats sans Faudot, Larrouturou et Nadot

Avec les candidatures de Sylvia Pinel et Gérard Filoche, on s’orienterait vers 8 candidats à la primaire de la Belle alliance. Pour Bastien Faudot, Pierre Larrouturou et Sébastien Nadot, le PS n’entend pas « à ce stade » revenir sur sa décision.
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On connaîtra samedi la liste officielle des candidats à la primaire de la Belle alliance populaire. Les candidats ont jusque jeudi, 18 heures, pour déposer leur candidature. Manuel Valls le fera officiellement demain. Pour pouvoir postuler, Vincent Peillon a dû lui s’acquitter de ses retards de cotisation. Selon le Canard Enchaîné, le député européen devait 19.500 euros au PS… En tant qu’élu, il doit reverser une partie de ses revenus au parti. Même problème pour Arnaud Montebourg : il devrait plus de 30.000 euros au parti, selon le Huffington Post. Mais ses équipes démentent.

Peillon a réglé son dû au PS

Interrogé mercredi matin lors d’une conférence de presse sur le cas de Vincent Peillon, le député PS Christophe Borgel, responsable de l’organisation de la primaire, a renvoyé vers la Haute autorité des primaires, « une instance indépendante qui valide les candidatures ».

Cela s’annonce en revanche plus compliqué pour Bastien Faudot, Pierre Larrouturou et Sébastien Nadot. Les candidats du MRC, de Nouvelle donne et du Mouvement des progressistes souhaitent être de la partie. Mais la semaine dernière, ils se sont vus opposer un refus clair et net du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis (voir notre article sur le sujet). Bastien Faudot et Pierre Larrouturou ont déposé un recours auprès de la Haute autorité, qui a conseillé au Comité national d’organisation de la primaire (CNOP) de les entendre. Chose faite mercredi soir. Sébastien Nadot doit être entendu jeudi matin. Mais selon Christophe Borgel, « il n’y a, à ce stade, pas de changement de décision » les concernant. « Il faudrait des arguments tout à fait nouveaux » ajoute le député. Les échanges de mails envoyé par Nouvelle donne ou le fait que les députés du MRC, rattachés au groupe PS, ont voté les budgets, n’est donc pas un argument suffisant. « Il n’a jamais été évoqué que le vote du budget était une condition » souligne Christophe Borgel.

« La validation des candidatures, c’est la haute autorité »

Pour le responsable du PS, l’idéal serait de ne pas dépasser 7 candidats. « J'ai regardé les débats des primaires de la droite, et je me dis qu'au-dessus de sept candidats, ça commence à être compliqué », a-t-il affirmé. Mais « il y a des conditions de candidatures, s'il y a plus de candidats qui les remplissent, je n'y peux rien » a-t-il admis (voir la vidéo avec des images de LCP-AN)

Sylvia Pinel a annoncé de son côté qu’elle était finalement candidate à la primaire pour le PRG, dont le parti fait partie de la BAP. Gérard Filoche affirme pour sa part avoir rassemblé les parrainages. Ce qui ferait 8 candidatures.

Pour valider les candidatures, Christophe Borgel assure que le PS ne décide rien : « Le comité national d’organisation de la primaire s’occupe de tout sauf de la validation des candidatures. La validation, c’est la haute autorité ». Le CNOP n’émet « qu’un avis politique » ajoute le député. Pourtant, vendredi dernier, un membre de la haute autorité, composée de 15 membres, affirmait à publicsenat.fr que la décision d’accepter un parti associé « ne relève pas des missions de la Haute autorité »…

Interrogé la semaine dernière, Bastien Faudot dénonçait un « habillage juridique à géométrie variable » avec une « primaire à la gueule du client ». Il soulignait qu’il avait envoyé le bulletin d’adhésion à la BAP. Trop tard, avait dit en substance Jean-Christophe Cambadélis.

« Le Parti socialiste décide d’organiser une primaire ouverte aux acteurs de La Belle Alliance Populaire et tous ceux qui soutiendraient la démarche » (décision du 18 juin 2016)

Sur quels documents s’appuie le règlement de la primaire ? Un code électoral qui détaille les opérations de vote est en cours d’impression. Pour le reste, Christophe Borgel renvoie à la résolution du conseil national du PS du 18 juin dernier qui a décidé du principe de la primaire. Mis en ligne sur le blog de la députée PS Karine Berger, on peut y lire que « faute de soutien des Verts et du PCF à une primaire de toute la gauche, le Parti socialiste décide d’organiser une primaire ouverte aux acteurs de La Belle Alliance Populaire et tous ceux qui soutiendraient la démarche ». La primaire est donc ouverte au-delà de la BAP, selon ce document.

Aucune mention de date limite de participation à la BAP n’est mentionnée. En revanche, il est précisé que « les modalités de vote, de débat et de candidature s’inspireraient des Primaires citoyennes de 2011, afin de rassembler le peuple de gauche et les écologistes. Elles seraient fixées par le Comité d’organisation et de suivi des Primaires citoyennes ». Le CNOP est un organe politique où l’ont retrouve le PS, dont des représentants des candidats socialistes, et les partis associés de la BAP (Ude, Parti démocrate, etc). Il s’agit donc bien d’une décision politique.

Lors d’un conseil national du 2 octobre, le PS semblait encore espérer l’arrivée d’autres partis dans la primaire. « Nous regrettons pour l’instant le refus de nos partenaires de s’y joindre et maintenons la main tendue » peut-on lire dans le texte de la résolution.

Le PS souhaiterait une vraie primaire de toute la gauche, affirme aujourd’hui Christophe Borgel. « Une primaire de toute la gauche, ça veut dire les communistes, les Verts ou Jean-Luc Mélenchon. C’est ça que ça veut dire » explique le député. S’il veut des « partenaires » pour sa primaire, le PS entend bien les choisir. Comme a dit Jean-Christophe Cambadélis, « la primaire de la gauche, ce n’est pas open bar »…

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