Manuel Valls, arrivé dimanche second de la primaire organisée par le PS derrière Benoît Hamon, a affirmé lundi soir sur TF1 que le revenu universel proposé par son adversaire serait "la ruine de notre budget".
Benoît Hamon "propose les 32 heures" hebdomadaires de travail, "il est le chantre de la fin du travail, il explique qu'il va répartir un revenu universel à chacun des Français, ça va se traduire par plus d'impôts et la ruine de notre budget", a attaqué l'ancien Premier ministre, en difficulté pour le second tour de ce scrutin prévu dimanche.
"Je défendrai le sérieux budgétaire" et "la société du travail", a promis M. Valls. "Je défendrai aussi une société de la règle et de la norme", a-t-il ajouté, reprochant à M. Hamon son souhait de dépénaliser le cannabis ou le fait qu'il n'ait pas voté certaines lois antiterroristes durant le quinquennat.
Scores de Benoît Hamon et Manuel Valls, qualifiés pour le second tour de la primaire organisée par le Parti socialiste pour la présidentielle française
AFP
"Je défendrai aussi une vision de la laïcité que je veux incarner, la lutte contre le communautarisme. Lui, Benoît Hamon, est ambigü sur ces questions. Et je défendrai notamment l'égalité entre les femmes et les hommes. On ne peut pas souffrir de la moindre ambiguïté quand des femmes sont interdites d'espace public", a encore tancé l'ancien maire d'Evry.
"Le choix est clair, les options sont claires, entre Benoît Hamon, que je respecte, bien évidemment, qui défend ses idées, mais dont je considère que le projet va semer le sable et les illusions", a encore ajouté M. Valls, évoquant un "choix historique" et le "destin de la gauche" qui serait en cause.
"Les illusions, c'est tout ce dont on a pas besoin aujourd'hui", a-t-il estimé.
L'ancien locataire de Matignon a dit vouloir incarner une "gauche qui parle au coeur et à la raison" des Français "en ces temps difficiles".
Alors que l'ampleur de la participation au premier tour dimanche a fait l'objet de soupçons de manipulation toute la journée de lundi, M. Valls a appelé "les électeurs, les socialistes --ils sont pas venus suffisamment nombreux--, à venir, à être fiers, à revendiquer une gauche qui assume les responsabilités, qui veut gouverner, (...) une gauche qui assume avec fierté ce qu'elle fait".
"Moi j'attends surtout de la clarification, que le résultat de dimanche prochain --c'est le plus important-- ne souffre d'aucune contestation", a demandé l'ex-Premier ministre.
Peu exposé lors de ce renouvellement partiel, le groupe CRCE-Kanaky conserve l'intégralité de ses 18 sièges, ses quatre sortants ayant tous été réélus. Le véritable test pour le PCF se profile plutôt en 2029.
Fragilisés par une série de défaites lors des municipales de mars dernier, les Écologistes abordaient ce scrutin sénatorial sur la défensive. Sept de leurs seize sénateurs étaient renouvelables. Au terme de la soirée, le groupe conserve l'essentiel de ses positions mais accuse trois pertes, tandis qu'un allié insoumis vient étoffer ses rangs.
Malgré quelques surprises, le renouvellement de la moitié des sièges de la Haute assemblée est marqué par une relative stabilité. Gérard Larcher restera à la tête du Sénat. Mais le scrutin voit surtout l’arrivée du premier groupe RN au Palais du Luxembourg. Une petite révolution.
Les centristes, présidés par Hervé Marseille, ne ressortent pas renforcés des élections sénatoriales. À cette heure, le groupe allié des Républicains se dirige vers une stabilité. Le jeu du « mercato » dans les prochains jours pourrait cependant réserver quelques surprises.